Les attentats immondes contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, qui ont bouleversé les rubriques et l’opinion mondiale, sont le résultat d’un processus socio-psychologique entamé depuis des décennies. Ce processus, dans le cadre de la communauté africaine, est dû à l’inculturation progressive qui a fait des africains, et surtout des nord-africains, une masse en proie au complexe d’infériorité en tant qu’africains.

Les réactions violentes au Niger, en Algérie, en Mauritanie, et au Sénégal à la publication de l’hebdomadaire français Charlie Hebdo, en est la triste preuve supplémentaire.

Des millions d’africains éprouvent malheureusement plus de solidarité avec des éléments de culture et des évènements qui viennent des dynamiques du Proche Orient, que de leur propre continent.

On ne verra jamais ce public faire des manifestations de ce genre quand ce sont des centaines de milliers d’africains qui périssent au Soudan. Ou même des millions au Congo. Pourquoi? Parce que le complexe d’être des africains, prime pour eux avant la fierté d’appartenir à une religion.

Les occidentaux aussi ont du mal à comprendre cela. Le fait que ces jeunes sont prêts à vendre leur esprit a un romantisme idéologique violent venu d’ailleurs n’est pas dû au fait qu’ils n’aiment pas la culture européenne. En fait, il faut comprendre que des jeunes qui sont en déni de leur culture ancestrale, ne peuvent pas absorber véritablement une autre culture. Ces jeunes, dans la fascination exotique d’un héroïsme mythologique qui nie l’existence de leur récit identitaire, sont en proie à toutes les exagérations idéologiques.

Les nord africains desquels il faut arracher l’admission qu’ils sont africains sont les victimes préférées des djihadistes. Les rues d’Alger sont remplies de ces complexes qui se voient dans le film Laurence d’Arabie.

Le Benin est le seul pays d’Afrique dont la religion officielle est africaine. C’est en dire sur le complexe dont nous parlons.

Les imbéciles de Boko Haram qui ravagent le Nigeria sont des anti-africains, autant sinon plus, que les Boers d’Afrique du Sud. Les mouvances Djihadistes d’Afrique du Nord sont des négationnistes du récit africain, de la culture africaine, de l’apport unique que peut contribuer l’Afrique au reste du monde.

Ceux qui, venant d’Afrique, cherchent à amener une narration rédemptrice pour les africains qui viendrait d’ailleurs, et qui sont à la solde de gens qui aiment défigurer et déguiser l’esthétique africaine, sont atteints par une honte qui devient très vite dangereuse.

Rappelons à ces gens que les femmes musulmanes nobles d’Afar en Ethiopie marchaient les seins nus.

Rappelons leur aussi que des millions d’africaines et africains sont heureux de vivre dans un cadre millénaire ou faire des effigies, des statues, des représentations figuratives de tous genres, sont des actes honorables.

Rappelons-leur que pour des millions d’africains, la danse entre les femmes et les hommes, est une chose qui exprime de la joie.
Rappelons leur que chez les Touaregs, une jeune fille a le droit d’avoir des relations avant le mariage.

Couvrir une femme de la tête aux pieds a été importe de Perse; en Afrique, comme dans de nombreux pays asiatiques, cette pratique n’a vraiment commencé qu’à partir des années 1970.

Il n’y a que des gens rongés par le complexe d’infériorité qui sont prêts à sauter dans le précipice du déni de soi-même. Les Sénégalais qui se préfèrent en chameliers du Yémen plutôt qu’en bergers Peuls, les Nigériens qui se rêvent en cheiks d’Arabie plutôt qu’en marchands Haoussas, les Soudanais qui répètent à tue-tête qu’ils ne sont pas des Noirs africains, les Algériens qui disent ‘Arbi pour se designer, et qui ne se souviennent de leur identité africaine que pendant la coupe d’Afrique, ne peuvent pas contribuer à la société de manière constructive.

Même en France, leur discours est toujours fait de déni, ils ne se sentent pas  » français » même s’ils sont citoyens nés en métropole. Ils ne peuvent pas se sentir authentiquement algériens non plus. Et en fait, ni arabes. Parce qu’ils ont commencé par le complexe d’être Berbères, ou Kabyles, et surtout africains.

La culture laïque française est une opportunité véritable de se libérer de tous ces complexes. C’est une possibilité de contribution à la communauté française entière.

Cette contribution n’a pas à passer par la religion. Elle peut se faire par la littérature, l’art plastique, la musique, l’anthropologie, la recherche qui permet à tous de se comprendre, de pouvoir voyager et visiter les pays dont certains sont originaires, pour le plaisir de la rencontre.

Seuls les africains qui ne sont pas hantés par ces complexes peuvent faire cette contribution. Ils ne clignotent pas quand ils se disent Bambara, Tamazight, Bayaka, Haoussa, Kbayla. Ils n’ont pas honte de dire que leurs parents faisaient des offrandes aux ancêtres. Ou que leur grand-mère allait les seins nus. Au contraire, ils peuvent même avoir compris que la nudité est sacrée, et pas nécessairement sexuelle et pornographique.

Ils sont en France. Leur voix compte aussi.

Pas besoin d’être étouffés, niés, juste pour pouvoir être acceptes par les prêcheurs de l’intolérance.

Ces africains qui ne peuvent pas se regarder dans le miroir sont la friandise des fascistes.

Si ce sujet, de la honte d’être africain, n’est pas abordé, le diagnostic sera toujours erroné. L’africain qui croit que le moyen oriental est naturellement supérieur à lui, est un cas pathologique auquel il faut être attentif.