Une vieille boutade affirme que lorsque deux Israéliens discutent ils présentent au moins trois opinions. Ce qui pourrait, avec un brin d’humour triste, expliquer l’évolution politique grave qui mène Israël vers de nouvelles élections législatives l’année prochaine.

Le Premier ministre Netanyahu vient de l’annoncer ce mardi, après avoir limogé de son gouvernement le Ministre des finances Yair Lapid et la ministre de la justice Tzipi Livni, étant tous deux non seulement opposés à sa politique, mais l’ayant aussi critiqué ouvertement et de façon véhémente. Procédé quelque peu inhabituel au sein d’une coalition qui se veut normale.

Normal? Pas évident, puisque des discordes se sont révélées au sein du gouvernement déjà au cours de la guerre de Gaza l’été dernier, alors que l’on pouvait s’attendre à une union, du moins apparente, digne d’une telle épreuve. Des critiques avaient été lancées à l’égard de ceux qui étaient chargés de mener la lutte, notamment le Premier ministre Netanyahu, le Ministre de la défense Yaalon et le chef d’Etat-major le général Gantz. Des critiques sans retenue, aussi de la part d’autres membres du gouvernement.

La guerre finie on espérait que la raison reviendrait dans l’esprit des hommes politiques, afin de pouvoir aborder les autres difficultés: la vie chère, la pénurie immobilière surtout pour les jeunes, ajournement du budget national – autant de tâches qui incombent au Ministre des finances Lapid. Il en est de même en ce qui concerne Tzipi Livni qui a du mal à étaler ses opinions, sauf son vain entêtement à mener un dialogue avec les Palestiniens, y compris une récente rencontre avec Mahmoud Abbas violant ainsi une interdiction gouvernementale.

Certes, ces deux ministres ne sont pas les seuls à mener la vie dure à Netanyahu, mais ils auraient été rappelés à l’ordre. Tandis que Livni et Lapid ont persévéré dans leurs attaques personnelles contre Netanyahu, ce qui l’a amené à qualifier leur comportement de « Putsch ». Ni plus ni moins.

Selon un rapide sondage effectué aussitôt l’annonce de nouvelles élections, le « Likud » de Netanyahu obtiendrait 22 sièges au nouveau Parlement (contre 18 actuellement), alors que « Yesh Atid » de Lapid n’aurait que 9 sièges (contre 19 actuellement). Une telle chute pourrait s’expliquer par la déception, souvent exprimée, que ressentent ses électeurs, tant sur le plan personnel que politique. Ce jeune journaliste devenu vedette de la politique par défi à l’égard du précédent gouvernement, s’est révélé rapidement incompétent, ne tenant pas ses engagements, lancés sur Facebook. Quant à Livni, elle n’a pas vraiment compté sur l’échiquier politique.

Tout le monde est unanime que la dissolution de la Knesset et les nouvelles élections constituent une évolution fâcheuse. Car le gouvernement devient un gouvernement de transition, donc limité dans ses décisions et actions. Ainsi, plusieurs projets, censés favoriser la classe moyenne, sont suspendus, voire dépendants du nouveau gouvernement. En plus, d’ores et déjà on estime à 3.5 milliards de Shekels les frais pour le scrutin. Rien d’étonnant donc qu’environs 60% des réponses du sondage désapprouvent les nouvelles élections. Mais les dés sont jetés et les jeux sont faits.

Ces événements attirent forcément toute l’attention de l’opinion publique, réagissant à peine au vote de l’Assemblée Nationale reconnaissant un « Etat Palestinien » pastiche. Pourtant, quelques réactions et commentaires expriment une grande déception, ayant espéré que les députés français ne tomberaient pas dans le piège de la propagande pro-palestinienne.

En revanche, on est plus sensibles à l’égard de l’inquiétude exprimée récemment par les habitants du nord, mettant en garde contre la menace des tunnels d’attaque du Hezbollah. Selon ces habitants il existerait des signes, voire des preuves, de l’existence de tels tunnels, alors que Tsahal, selon eux, ne fait pas le nécessaire pour les détecter : « Si la bavure des tunnels de Gaza devait se reproduire chez nous, on va prendre l’initiative de chercher et découvrir ces tunnels » disent-ils.

Facile de les comprendre puisqu’il s’agit de vies humaines et non pas de mesquineries d’hommes politiques.