J’ai été pris à partie par l’un ou l’autre internaute sur les réseaux sociaux, parce que j’avais osé établir un lien entre l’attentat au camion-bélier – qui a fait au moins 84 morts et de très nombreux blessés, à Nice, le soir du 14 juillet 2016 – et ce qui se passe de manière récurrente en Israël depuis des années, où ce mode opératoire d’assassinat de civils est monnaie courante (dernier attentat de ce genre le 14 décembre 2015).

Pourtant la similitude est frappante. Un internaute a mis en ligne hier sur ma page Facebook un article prémonitoire mis en ligne le 7 août 2014 sur le site LEMONDEJUIF.INFO, et intitulé : « Netanyahu sur Itélé : « Cette peste du terrorisme viendra chez vous en France ! »». On peut y lire un extrait d’une interview du Premier ministre israélien prédisant que ce qui se passe en Israël, dans l’indifférence internationale générale, n’épargnera pas les nations occidentales.

C’est malheureusement le cas depuis plusieurs mois. Mais ce qui s’est passé à Nice, en ce jour symbolique du 14 juillet 2016, confère à cette prémonition de 2014 un caractère d’évidence qui va obliger les autorités gouvernementales, les médias, et même la population française à prendre en compte de manière nouvelle l’arrière-fond idéologique de la vague de terrorisme islamiste qui balaie la planète.

Cet assassinat de masse – qu’on a longtemps refusé d’appeler par son nom – vient de mettre en lumière, de manière indiscutable, la source diabolique et mortifère à laquelle s’abreuve la haine inextinguible de ses auteurs.

Jusqu’à ces derniers jours, nombreux étaient encore celles et ceux qui niaient farouchement la responsabilité directe des courants radicaux de l’Islam dans ces tueries aveugles contre des populations civiles. Ce déni tenait au fait que la foi musulmane s’y sentait visée, en raison de la présence, inévitable, du mot islam. Du coup, on avait parlé (et l’on parle toujours !) d’islamophobie – un peu à la manière dont certains qualifient d’antisémitisme toute critique du gouvernement israélien.

L’événement tragique d’hier est de nature à rendre complètement obsolètes ces distinguos sémantiques. Au soir de sa fête nationale, tout un pays en état de choc a découvert qu’il était « en état de guerre », ou, plus exactement, qu’il constituait un théâtre d’opérations terroristes extérieures d’une nébuleuse – dont le prétendu « état islamique » constitue la partie visible la plus active, encore que Daesh n’avait pas encore revendiqué l’attentat. Et force est de reconnaître que tant les dirigeants politiques que les citoyens de ce pays ont bien du mal à s’y retrouver dans ce qui est pour eux un imbroglio incompréhensible.

Pendant longtemps, les choses avaient paru simples. La ‘vulgate’ médiatique stipulait que nous étions les victimes des retombées – voire d’une « importation » – du conflit israélo-palestinien. Il « n’y avait qu’à mettre fin à ce problème » en contraignant les acteurs de ce conflit « géopolitique et nationaliste » à « s’asseoir à la table des négociations » et à « conclure un accord », quel qu’en soit le prix. Les pressions les plus importantes s’exerçaient surtout – il faut bien le reconnaître – sur l’état d’Israël, réputé « refuser toute négociation » et attiser les flammes du conflit en « multipliant les constructions illégales », et en « créant un maximum de colonies », dont le but paraissait évident : « créer des faits sur le terrain » en « occupant un maximum de terres » afin d’être en position de force lors d’un futur « échange de territoires » qui précéderait la « création », tant attendue, « d’un état palestinien dans les frontières de 1967 »…

On aura remarqué que les considérations qui précèdent sont un patchwork des ‘mantras’ qui truffent, depuis des années, les comptes-rendus officiels et journalistiques internationaux afférents à la question palestinienne.

Donc, jusqu’au soir du 14 juillet 2016, les choses étaient plus ou moins claires. Les actes terroristes étaient, certes, condamnables, mais l’occupation israélienne de territoires palestiniens l’était tout autant. Il fallait mettre fin au « cycle des violences nationalistes » qui sévissaient de part et d’autre et qui, à n’en pas douter, prendraient fin quand « justice serait rendue aux Palestiniens ».

Bien entendu, les spécialistes – confirmés ou autoproclamés – du monde arabe, en général, et du « conflit israélo-palestinien », en particulier, avaient (et ont toujours) une vue des choses beaucoup plus sophistiquée. Pour faire simple, je parlerai de deux analyses des faits, diamétralement opposées : l’israélienne et la palestinienne. Pour l’establishment politique palestinien qui – soit dit en passant – s’est considérablement radicalisé ces dernières années, il ne s’agit de rien moins qu’une « Guerre d’indépendance nationale », en miroir avec celle d’Israël vers la fin des années 40. Pour les Israéliens, par contre, il s’agit d’un conflit nationaliste radical et sans merci à propos de la souveraineté sur ce que les Juifs appellent la « Terre d’Israël », alors que les Palestiniens la nomment « Palestine ». Pour l’un comme pour l’autre peuple, c’est la mère-patrie.

Ce n’est pas le lieu, ici, d’examiner les arguments brandis pas l’une et l’autre partie en conflit pour justifier la légitimité de leur combat. J’écris cet article en tant que citoyen français, qui se trouve être Juif et avoir vécu en Israël durant un peu plus d’une décennie, dans les années 1970-1980. Je ne revendique, à ce titre, aucune supériorité ni compétence particulières en matière d’analyse de la situation. Je m’efforce seulement d’en appréhender la véritable nature, que je considère comme plus idéologique, voire théologique, que nationaliste.

En outre, au vu des événements de ces dernières années, j’estime qu’il n’est plus question de se boucher les yeux devant le caractère islamiste radical de cette idéologie, ou pire, de le nier. Or, il est impossible de parler de ce qui s’y rapporte sans avoir un minimum de connaissance en ce domaine complexe. Je renvoie donc, entre autres, aux articles de vulgarisation qui traitent des origines et des diverses mouvances de cette forme politique radicale de l’Islam, en commençant par l’article consacré à l’islamisme par Wikipédia.

Le drame de Nice a fait tomber les masques. Cette forme d’islamisme est en guerre avec le monde entier. Sans pousser l’analogie jusqu’au concordisme, on ne peut qu’être frappé, si l’on croit au caractère révélé de la Bible, par l’étrange oracle angélique à propos d’Ishmael, le fils qu’Abraham avait eu d’Agar, la servante égyptienne de son épouse Sara, qui était stérile : « Celui-là sera un onagre d’homme [litt. : ‘un homme sauvage’] : sa main contre tous, la main de tous contre lui » (Genèse 13, 12). Quoi qu’il en soit, telle est bien la situation. Que vous soyez juif, chrétien (et même musulman d’une autre obédience), ou athée, vous êtes une cible pour cet islamisme-là qui vise à conquérir le monde et exerce sa terreur diabolique sur quiconque ne se soumet pas.

Au niveau individuel qui est le mien, je crois de mon devoir de sensibiliser mes concitoyens à la vraie nature de ce phénomène, et de les inviter à s’agréger intérieurement à une initiative spirituelle, dont les signes avant-coureurs sont déjà perceptibles, même si peu nombreux sont celles et ceux qui savent les discerner.

Au risque de passer pour un faible d’esprit ou un exalté membre de quelque secte apocalyptique, j’ose appeler par son nom l’instigateur de ce mouvement de haine absolue, voué au culte de la mort, dont il faut déplorer que soient de plus en plus rares celles et ceux qui croient à son existence : je veux parler du DIABLE.

Plus raisonnable – mais aussi plus savant – que moi, Michel Louis Lévy y voit un problème anthropologique, et parle clairement de « Complexe d’Ismaël ». Je recommande la lecture de ce petit billet, comme d’ailleurs de tout ce qu’écrit cet humaniste qui, sans sacrifier à l’air du temps, préconise à qui cherche la source de ce conflit des origines, la… lecture de la Bible.

© Menahem Macina

15 juillet 2016