En pleine campagne électorale, et parmi des propagandes et contre-propagandes pas toujours sérieuses, un sujet parmi ceux débattus mérite pourtant plus de considération. Il occupe le cœur de la polémique: Netanyahu devait-il accepter l’invitation à venir parler le 3 Mars devant la plénière du Congrès des Etats Unis, réunissant les deux chambres de députés, probablement pour prêcher le rétablissement des sanctions contre l’Iran.

Le président Obama en est furieux, craignant un vote déjouant son intention d’imposer son véto sur une telle décision parlementaire. En principe le veto présidentiel est définitif, sauf vote contraire au Congrès à la majorité de deux tiers.

Or, la majorité Républicaine au Congrès est d’ores et déjà acquise à Netanyahu, mais il manque une cinquantaine de voix des députés démocrates, fidèles à leur Président. Or il semble que c’est eux que vise Netanyahu, bien que bon nombre d’entre eux aient annoncé leur intention de s’absenter, donc de boycotter le discours.

Sur cette toile de fond Netanyahu est accusé aussi en Israël de vouloir par ce discours gagner tu terrain électoral, une quinzaine de jours avant le scrutin, au prix d’exaspérer Obama et envenimer davantage les relations avec Washington, allié traditionnel d’Israël.

Cette campagne contre Netanyahu rappelle celle au moment de la marche de solidarité à Paris suite aux attentats terroristes. Ses opposants l’avaient accusé d’imposer sa présence contrairement à la volonté de l’Elysée et du Quai d’Orsay. En fin de compte la tendance fut renversée, et sa décision justifiée.

En dépit des appels d’annuler son apparition devant la Congrès Netanyahu vient d’annoncer sa détermination, expliquant qu’il s’agit d’un sujet touchant l’existence d’Israël, sans s’expliquer davantage.

Mais je crois savoir, selon une source des Renseignement, qu’il s’agirait de présenter au Congrès le véritable état des pourparlers entre l’Occident et l’Iran en vue d’un accord imminent sur la menace nucléaire.

Netanyahu estime que le Congrès est mal renseigné par la Maison Blanche sur l’issue envisagée des pourparlers, donc sur le contenu de l’accord. Selon ma source il ne s’agirait plus de faire renoncer Téhéran à l’idée même de l’arme atomique, laquelle serait déjà admise par Obama, mais plutôt de trouver un compris sur la durée accordée à Téhéran entre le stade de capacité et celui de fabrication de la bombe.

Dans cette éventualité fâcheuse peu importe s’il s’agira d’un ou de trois ans, c’est l’existence même d’Israël, voire d’autres pays, qui serait en jeu.

Pour le reste de la campagne électorale les débats sont moins sur les reels sujets, mais plutôt sur la personnalité du Premier Ministre. Et cette campagne prend une tournure de conflit personnel plus qu’une divergence politique et idéologique.

Certes, dans la course à la Knesset prennent part plusieurs listes, certaines importantes, mais aussi des fragments de partis, n’ayant aucune, ou très peu, de chances.

Mais au-delà des innombrables déclarations, pamphlets et surtout slogans, il s’agit en somme de trois grands camps: Celui dit “valse-hésitation“ (dont je fais encore partie), estimé à un tiers des électeurs; celui soutenant le premier Ministre Netanyahu; et celui qui n’a pratiquement qu’un objectif: le faire échouer.

Et pour cela tous les moyens sont bons: les coups bas, le commérage, les mesquineries, les attaques personnelles concernant son caractère, voire de son épouse, devenue le symbole à détester.

Les opposants à Netanyahu ne s’en cachent pas. Leur propagande parle assez peu de sécurité, de politique économique, de la crise de logement pour les jeunes, de combat contre la fraude et la corruption – fléau courant qui suscite de nombreuses enquêtes policières.

Aussi, les partis d’opposition avance en chœur un slogan: “C’est lui (Netanyahu) ou c’est nous“.

Ce qui rappelle en quelque sorte les dernières élections présidentielles en France, marquées plus par l’opposition à Sarkozy que par le soutien à Hollande. Qu’en pensent aujourd’hui ceux qui avaient fait ce choix? – voyons les sondages.

Prenant pour exemple les titres des médias, pour la plupart opposés à Netanyahu. Les informations qui ne cessent de défrayer la chronique traitent de la quantité de glace consommée au foyer Netanyahu, ou des relations entre Madame Netanyahu et le personnel, ou des sommes récupérées en rendant après usage les bouteilles vides.

Et cette tendance est reprise sur les réseaux sociaux, suivant aveuglement les propos des medias et des commentateurs, reprochant au gouvernement à peu près les mêmes choses.

Ce scrutin, d’une importance inestimable, ressemble parfois à une mascarade.