A mon grand regret, l’alyah des juifs de France et la situation sécuritaire des ces derniers sont indissociables.

J’aimerais voir les statistiques de l’alyah monter sans que pourtant la situation des communautés ne se dégrade, mais cela risque malheureusement de rester à l’état de vœu pieux.

Les chiffres de l’alyah française restent certes élevés en comparaison aux années 2000-2012, mais sont malgré tout en nette baisse par rapport à ceux de ces dernières années. En deçà des prévisions optimistes des autorités israéliennes, qui se préparaient déjà à un déferlement d’un millier de juifs par mois.

De nombreux rebondissements ont eu lieu ces derniers temps. D’abord les menaces, ensuite les attaques et puis le deuil. Après viennent l’oubli, le déni, la survie.

L’année 2015 restera dans les mémoires de tous comme l’année ou le djihad aura déclaré la guerre à la France.

Les attaques contre Charlie Hebdo d’abord qui auront provoqué l’indignation et le deuil national de tout une France prostrée. L’Hyper-Casher ensuite, comme à Toulouse en 2012, Bruxelles en 2014, une attaque antisémite de plus pour certains, une attaque de trop pour d’autres.

S’en est suivi, ce qui restera jusqu’à présent la plus grande vague migratoire vers Israël, près de 8000 nouvelles arrivées de France.

C’est alors que les autorités israéliennes se sont mises en alerte, envisageant une alyah massive.

Recrutement de conseillers auprès des municipalités, agrandissement des centres d’intégration, mise en place d’un comité spécial à la Knesset, le fameux « plan » du gouvernement pour venir en aide aux nouveaux immigrants. La France, avec son demi million d’âmes juives annonçait l’avènement d’une ère sioniste nouvelle.

Pourtant, en 2016, les chiffres allaient contredire ces pronostics. 3000 immigrés de moins que l’année précédente. Une déception. Coupée dans son élan, cette tendance risque de ne pas être à la hauteur des attentes.

Plusieurs facteurs sont bien évidement à mettre en exergue, que ce soit la difficulté du choix de se déraciner d’une part, ou les problèmes liés à l’intégration dans un Israël pas toujours des plus hospitalier d’autre part. Je conçois que cette décision implique des considérations ayant un impact énorme sur la vie des individus, des couples et des familles.

Ceci étant, je reste convaincu que l’alyah est pour les juifs de France et de l’ensemble de l’Europe la situation préférable et ce malgré les nombreuses embûches parsemées sur le chemin.

Le malaise latent et palpable semble parti pour durer longtemps en Europe. Le juif est prisonnier au milieu de ce dilemme posé par la montée du nationalisme et la polarisation face à la grandissante communauté musulmane. Sa place ne se trouve pas dans ce débat, sa place ne se trouve plus sur le vieux continent.

Loin de moi l’idée de souhaiter que Marine Le Pen soit élue présidente ou qu’à D. ne déplaise, la communauté soit à nouveau prise pour cible, j’aimerai que le juif puisse se rendre à l’évidence, sans qu’aucune catastrophe ne l’y précipite.

L’ayla des juifs d’Europe est une finalité, ce n’est qu’une question de temps. Aujourd’hui, il est encore possible de choisir de la faire ou de ne pas la faire. Demain ce choix n’existera peut-être plus.