L’indignation de la communauté musulmane de France qualifiée « d’acte fort », suite aux propos de Monsieur Roger Cukierman, est ni plus ni moins un appel à la responsabilité en premier lieu de la communauté musulmane elle-même qui a été mêlée de gré ou malgré elle aux actes de violences de ces derniers temps.

En effet, suite aux propos tenus par Monsieur Cukierman au cours d’une interview sur Europe 1, la communauté musulmane par la voix de ses plus hauts dirigeants a manifesté son indignation allant jusqu’à boycotter le dîner du CRIF du 23 février 2014.

« Les musulmans sont pris pour cible, ça suffit ! « , a estimé Dalil Boubaker Recteur de la mosquée de Paris sur France Info. Abdallah Zekri, membre du bureau du Conseil français du culte musulman, avait également commenté les propos du président du CRIF en estimant que Monsieur Roger Cukierman ne « favorise pas le dialogue inter-religieux ».

Monsieur Cukierman qui assume ses propos a-t-il eu tort de « nommer les choses » ? Certainement non.

En effet, les faits parlent par d’eux-mêmes. Depuis l’assassinat d’Illan Halimi jusqu’à ceux de l’hypercacher de Vincennes en passant par les assassinats de Toulouse, le viol de Créteil, Charlie Hebdo, les agents de la police, la liste est longue, sans oublier les véhicules dirigés sur les foules dans différentes villes de France au dernier trimestre de l’année 2014, en poussant le cri de «  Allah Akbar », tous ces faits sont le fait de personnes se réclamant de la communauté musulmane de France ou de l’islam.

Lors de son interview par Jean Pierre Elkabbach sur Europe 1 Monsieur Roger Cukierman a affirmé que «toutes les violences, et il faut dire les choses, sont commises par des jeunes musulmans, bien sûr c’est une toute petite minorité de la communauté musulmane ».

Remettant ses propos dans un contexte lors du dîner du CRIF Monsieur Cukierman a fait savoir « qu’une récente étude de la Fondapol montre un niveau élevé de préjugés antisémites dans trois groupes : les électeurs du Front national, ceux de l’extrême-gauche et parmi la population musulmane.

« Il faut nommer les choses. Les actes anti-juifs sont commis dans leur écrasante majorité par des jeunes issus de l’immigration, des jeunes musulmans qui sont eux-mêmes pourtant des victimes potentielles de racisme. »

« Il ne s’agit ni d’amalgamer, ni de stigmatiser, mais il s’agit de regarder les faits. Ces violences sont commises par une toute petite partie de la population musulmane de France, mais cette toute petite partie est bien réelle », a-t-il déclaré lors du dîner.

Dès lors peut-on parler de stigmatisation de la communauté musulmane par Monsieur Cukierman ?

Les propos de Monsieur Cukierman peuvent choquer certains, mais ils ne font que traduire la triste réalité. Car ce ne sont pas les propos de Monsieur Cukierman qui stigmatisent, ce sont les faits qui stigmatisent la communauté musulmane. C’est face à ces faits qu’il faudrait marquer le coup, qu’il faudrait poser des actes forts.

Ne nous en détournons pas, il s’agit aussi d’une question de mort d’hommes et de plusieurs victimes. Et, un des porte-paroles des victimes en l’occurrence Monsieur Cukierman, Président du CRIF une organisation de la communauté juive fait un constat qui établit que chaque fois qu’il a y eu de la violence ces derniers temps sur des personnes juives, les auteurs de ces faits ont toujours été ou se sont toujours réclamés de la communauté musulmane.

Cela doit conduire à une prise de conscience. Ces faits ne donnent pas une image positive de la communauté musulmane dans son ensemble.

L’objectif n’est donc pas de stigmatiser ou d’opposer les deux communautés, mais de lancer un appel à la responsabilité des uns et des autres afin de prendre la pleine mesure de la situation et d’y apporter les solutions qui s’imposent.

Il faudrait donc dépassionner le débat. Que l’arbre (la polémique sur les propos de Monsieur Cukierman) ne cache pas la forêt (l’ensemble des actes de violence qui ont endeuillé des familles et fait des veuves et des orphelins).

Si la communauté musulmane se sent stigmatisée par des propos, la communauté juive elle subit la violence des actes antisémites de jeunes qui se réclament de la communauté musulmane, c’est à ce niveau que se trouve la vraie question. La réaction de la communauté musulmane est-elle donc un signe de sa décision de prendre ses distances vis à vis de ces violences ? Elle devra marquer le coup, elle devra poser des actes forts.

Au demeurant, loin de nous l’idée de laisser entendre que les actes antisémites sont le fait de la seule communauté musulmane.

L’antisémitisme et le racisme, les enquêtes le montrent, sont le fait de personnes issues de toute la communauté nationale. Face à ces fléaux, chacun doit faire preuve de responsabilité.

La mobilisation contre la haine doit être l’affaire de toute la communauté nationale car la France est une seule et indivisible République.