En cette semaine de commémoration à l’occasion de la Shoah, et comme tous les ans, le souvenir tragique mais héroïque, triste mais enseignant, accable l’esprit.

Il ne faut pas être forcément un rescapé ou descendant de rescapés pour avoir une boule à la gorge. Tout juif, tout être humain ayant une conscience, en est concerné et trouble.

Moi par exemple, Israélien de longue souche, je ne suis pas un rescapé, ni personne de ma famille. Mais chaque année lorsque la sirène retentit, comme lors du jour du souvenir des victimes des guerres, je ressens l’un des moments les plus émouvants de ma vie.

Les cérémonies officielles ou officieuses certes font partie de la routine, mais le deuil est ressenti partout. Avec une certaine inquiétude face aux informations venant un peu de partout sur une recrudescence des tendances, voire signes de l’antisémitisme, non seulement du côté islamique mais aussi de l’Occident.

En effet, près de 600 incidents antisémites ont été signalés l’année dernière, sans mentionner des démonstrations moindres. Certes une baisse par rapport à l’année précédente, mais au cours de la dernière décennie la violence antisémite avait triplé.

Ce qui explique l’alarme sonnée cette semaine de la part de Parlementaires en provenance de plusieurs pays Européens, lors d’une réunion tenue à Budapest (la Hongrie d’ailleurs étant elle même l’un des pays problématiques).

L’accent a été mis sur un nouveau langage utilisé par ces “ nouveaux“ antisémites, essayant de se cacher derrière une hostilité envers Israël afin de ne pas être taxés d’anti-juifs. Trop facile. Les parlementaires n’étant pas dupes ont tire le coup d’alarme allant jusqu’à qualifier ces tendances de “Nazisme“. Et de faire appel aux confrères de ne pas faire sourde oreille en ignorant ce danger.

Bien au contraire , certains d’entre eux, à l’exemple du grec Constantinus Karaganis, encouragent leurs confrères à prendre dores et déjà des mesures courageuses et des sanctions, à l’exemple d’Athènes ayant déclaré hors la loi le parti Nazi “l’Aube Doré“, et emprisonné leurs chefs.

Même son de cloche de la part de Viviane Teitelbaum, députée de Bruxelles, dont la famille de son père avait été exterminée à Auschwitz: “De nos jours l’Histoire et les lois ne constituent guère un rempart contre l’antisémitisme moderne, lequel prend Israël comme bouc émissaire, remplaçant dans leur langage le “juif“ de jadis.“ Des déclarations semblables ont été faites par des délégués espagnol et polonais.

Pour en revenir aux rescapés de la Shoah vivant en Israël, ils ne sont pas au bout de leur peine, ou du moins une bonne part d’entre eux. Et c’est un acte d’accusation de la part de l’opinion publique à l’égard des différents gouvernements à Jérusalem.

À peine croyable, mais des dizaines de milliers de rescapés vivent dans la misère, n’étant pas pris suffisamment en charge par les gouvernants de tous bords. Face à la protestation populaire le gouvernement vient de promettre une allocation d’un milliard de Shekels en faveur des rescapés nécessiteux.

Mais en connaissant la bureaucratie et la lenteur des institutions concernées un doute subsiste : combien de rescapés de la Shoah seront aussi rescapés de l’indifférence de la classe politique.