Chaque fois qu’un malheur frappe le peuple juif, on trouve des gens pour expliquer pourquoi c’est arrivé et pointer du doigt des prétendus coupables.

Dans les jours qui ont suivi l’enlèvement des trois jeunes israéliens, on a pu lire dans la presse orthodoxe que ce drame était la conséquence du projet de loi visant à obliger les étudiants de yechivot à s’engager dans l’armée.

Personne à Yated Neeman, le journal qui a publié cette ineptie s’est demandé si la présence de plus de soldats dans les rangs de Tsahal n’aurait pas justement aidé aux recherches des otages …

Pour un « rabbin » de la tendance breslev, cet enlèvement est la suite logique de l’enquête menée contre le rabbin Berland, recherché par la police pour agressions sexuelles et qui s’est enfui à l’étranger.

Pour le rabbin Dov Lior de Kyiriat Arba, c’est la législation anti-religieuse qui est la cause de ce drame tandis que pour le rabbin Yaakov Adas, c’est la prière commune de Shimon Peres et Mahmoud Abbas avec le pape François au Vatican qui est en cause.

Certains religieux ont de leur côté rappelé que le kidnapping s’était déroulé à la veille de la Gay Pride de Tel-Aviv, la punition divine n’ayant pas tardé…

Le manque de pudeur chez les femmes juives a bien entendu également été dénoncé ainsi que l’utilisation de smartphones.

Mais si il est facile de dénoncer ces rabbins et éditorialistes de la presse ultra-orthodoxes rivalisant d’ingéniosité pour expliquer cette tragédie, n’oublions pas que la presse classique n’a pas manqué de son côté de trouver d’autres responsables de l’enlèvement.

Il ne s’agit pas des ravisseurs ni des appels au meurtre des dirigeants du Hamas mais des habitants juifs de Cisjordanie, qui par leur présence sur cette terre forcent en quelque sorte à l’enlèvement de jeunes israéliens.

La journaliste Rina Matsliah a expliqué que c’est le refus de geler les constructions juives en Cisjordanie qui est la cause de l’enlèvement, tandis que d’autres journalistes dénonçaient pêle-mêle la politique de Netanyahou, le refus de libérer des prisonniers palestiniens ou encore le fait d’en avoir trop libéré…

Le sommet du cynisme ayant été atteint quand des journalistes ont reproché aux parents de laisser leurs enfants prendre du stop, les mêmes journalistes ayant dénoncé pendant des années les budgets gouvernementaux destinés aux transports publics pour les localités juives de Judée-Samarie.

Les responsables de l’enlèvement de trois jeunes israéliens sont les ravisseurs et ceux qui les ont envoyés, motivés par le refus de la présence juive dans cette région et par la haine antisémite qui sévit dans les milieux islamistes, eux et personne d’autre.