Israël, les Juifs de la Diaspora et leurs amis célèbrent ce mardi le 66è anniversaire de l’indépendance de l’État d’Israël.

Alors que les négociations de paix avec les Palestiniens sont en suspens – principalement suite au refus ferme des Palestiniens de reconnaître le droit à l’auto-détermination de la nation juive même avec exactement la même formulation que la reconnaissance israélienne du droit à l’auto-détermination du peuple palestinien.

Alors que la guerre civile en Syrie est de plus en plus sanglante, alors que le Hezbollah étend son influence au Liban et au-delà, alors que l’Iran continue sa répression et sa course vers l’armement nucléaire, alors que l’Égypte continue sa descente, il est temps de prendre du recul et d’analyser froidement la situation d’Israël.

Trop souvent, nous nous attardons à tel ou tel reportage sans prendre le temps de voir la situation dans son ensemble.

Un succès culturel

La question de la langue étant centrale pour les Québécois, pensons au fait qu’en peu de temps, un peuple revenu sur ses terres ancestrales a ressuscité une langue, l’hébreu, qui ne servait que pour le culte.

Tout Israélien est capable de lire la Bible dans la langue dans laquelle elle a été transmise/écrite il y a des milliers d’années tout en discutant dans cette même langue de mondialisation, de haute technologie et de médias sociaux.

Israël a accueilli des milliers et des milliers d’immigrants de partout sur la planète et les a intégrés dans une culture à la fois plurimillénaire et moderne.

Les auteurs israéliens (Amos Oz, David Grossman, A.B. Yehoshuah, etc.) sont traduits et lus dans le monde entier.

Les films israéliens connaissent de plus en plus de succès dans le monde entier, pensons à Valse avec Bashir, Beaufort, Ajami et j’en pense.

À la télé, la populaire série américaine Homeland s’est directement inspirée de l’excellente Hatufim.

Une économie moderne et forte

Israël a su construire une économie du premier monde en peu de temps.

Alors que dans les années 1950, son économie était essentiellement agricole, alors qu’à cette époque 70 % de ses importations étaient agricoles, maintenant c’est seulement 2 %.

Maintenant, l’économie israélienne est basée sur la haute technologie, à un point tel que près de 50% de ses exportations proviennent de ce domaine.

Il y a plus de compagnies israéliennes cotées sur NASDAQ que de compagnies européennes ou de compagnies canadiennes, le Canada étant pourtant 4 fois plus peuplé.

Le capital de risque est plus abondant en Israël que dans tout autre pays de la planète.

Les investissements en recherche et développement atteignent presque 5 % en Israël alors qu’au Canada, ce pourcentage tourne autour de 2 % (c’est autour de 2,7 % au Québec).

Les investissements de capital de risque per capita en Israël sont 2,5% plus importants qu’aux États-Unis, 30 fois plus importants qu’en Europe, 80 fois plus importants qu’en Chine et 350 fois plus importants qu’en Inde.

À titre de comparaison, en 2009, 1,12 milliard de dollars de capital-risque a été investi en Israël contre 431 millions au Québec – soit à peu près trois fois moins pour une population semblable.

Israël a le pourcentage le plus élevé d’ordinateurs par habitant le plus élevé au monde. Il a un ratio élevé de diplômés universitaires par habitants : 24 % de diplômes, 12 % de doctorats, se plaçant ainsi au troisième rang mondial, derrière les États-Unis et les Pays-Bas.

Israël a le taux le plus élevé au monde de scientifiques et de
techniciens : 145 pour 10 000 habitants, devant les États-Unis à 85, le Japon à 70 et l’Allemagne à 65 pour 10 00 habitants.

De plus, Israël publie plus de recherches scientifiques que toutes les autres nations du monde, soit 109 par 10 000 habitants.

Israël recycle 70 % de ses eaux usées, plus que tous les autres pays de la planète, trois fois plus que l’Espagne, le pays qui arrive au deuxième rang dans ce domaine.

Pour les eaux usées provenant des foyers familiaux, ce nombre monte à 80%, un ratio quatre fois plus élevé que le deuxième pays le plus performant dans ce domaine.

Toutes ces réussites ont fait en sorte qu’Israël, petit pays placé dans une région difficile, inhospitalière et instable, fait partie de ce club des pays riches qu’est l’OCDE.

Ne pas perdre la forêt pour l’arbre

Bien entendu, Israël n’est pas parfait. Quel État l’est ?

Les inégalités sociales sont importantes. Des pans entiers de la population israélienne ne profitent pas équitablement des avancées décrites plus haut, notamment les ultra-religieux et les Arabes israéliens.

Le conflit avec ses voisins ne sont toujours pas résolus, les frontières du pays ne sont pas encore dessinées, ce qui amène des défis diplomatiques et géopolitiques importants. Israël occupe toujours un autre peuple, qui a, lui aussi, droit à l’auto-détermination (aux côtés, et non à la place, d’Israël).

Je sais tout cela. En fait, étant un consommateur assidu de médias israéliens et juifs de la diaspora, il semble que l’on focus plus sur ces aspects que sur le positif.

Mais s’il y a un jour où on doit avoir une vue d’ensemble, prendre acte que, malgré les difficultés, Israël a su non seulement construire une économie forte, mais aussi une démocratie vigoureuse, une société innovatrice et une culture de niveau mondial, c’est bien Yom Ha’Atzmaout, Journée de l’indépendance.