L’antiaméricanisme primaire fait son grand retour en France depuis l’élection de Donald Trump, notamment auprès de la gauche radicale.

L’antiaméricanisme, contrairement à ce que l’on perçoit à l’heure actuelle, n’a pas toujours été lié à l’antisionisme, de même que « antisionisme » n’a pas toujours signifié « antisémitisme ».

Que s’est-il passé depuis les années 70-80, ce temps où le conflit israélo-palestinien n’était pas le curieux et pathologique cheval de bataille de l’extrême gauche, et où les Etats-Unis étaient admirés et copiés partout dans le monde.

A cette époque, les mouvements anticapitalistes et anti-américains restaient centrés sur la politique de Reagan sans pour autant verser dans l’antisémitisme.

Car on le perçoit nettement aujourd’hui, l’antiaméricanisme primaire est main dans la main avec l’antisémitisme auquel s’est ajouté l’islamisme.

Le 11 septembre 2001 a marqué une première rupture et a coagulé l’anti-capitalisme, l’antiaméricanisme, l’antisémitisme et l’islamisme.

Les accusations contre Bush, la théorie du complot, des Palestiniens en liesse devant les images terribles de l’effondrement des tours, ou encore la guerre en Irak ont, semble-t-il, perverti l’extrême gauche française.

Ce qui diverge fondamentalement entre le rêve américain et la pensée anticapitaliste, c’est que l’Amérique est le pays de la réussite, un pays où gagner de l’argent est salué et récompensé.

De leur côté, on peut se demander si les problématiques populistes et insolubles de l’extrême gauche ne sont pas issues des échecs personnels de ses soutiens, dont le discours binaire n’est pas loin de décréter que le monde serait séparé en deux entre les riches et les pauvres. C’est en tout cas ce qui ressort des revendications des partisans de cette idéologie.

Le rapport à l’argent de la gauche est « tordu ». L’argent est appréhendé comme un fétiche parfois malfaisant, adoré ou détesté, pas comme un moyen ou un outil.

On se prend à penser que pour la France insoumise posséder de l’argent est suspect. A ce titre, les caricatures de Emmanuel Macron en banquier prédateur qui pullulent dans les rassemblements de la France insoumise contre sa politique sont édifiantes.

Le monde manichéen dans lequel vivent les « gauchistes » serait, à les entendre, composé du mal d’un côté et du bien de l’autre, des patrons banquiers et du peuple affamé, de ceux qui détiennent le pouvoir et de leurs victimes, subissant ce pouvoir.

Les « dominants » et les « dominés », c’est ainsi qu’une grande partie de la gauche de la gauche nomme les choses.

Sans même étudier les fondements historiques de la lutte des classes, on comprend chez ces « victimes du système » que ce sont leurs échecs personnels qui, faute d’être assumés, nécessitent un coupable, un bourreau, une entité qui aurait le pouvoir de leur nuire jusqu’à les faire échouer. En vérité, il est ici question d’amour propre et d’orgueil.

Charlie. Un avant et un après.

On ne peut pas appréhender le lien qui existe entre cette extrême gauche malade et l’islamisme, sans se tourner vers le premier amendement des Etats-Unis, qui contient l’obligation par l’Etat de respecter la Liberté de la presse et la Liberté d’expression.

La seconde rupture qui semble avoir définitivement sellé les liens entre l’extrême gauche française et l’islamisme, ce sont les attentats de Charlie.

L’embrasement du monde musulman en 2012, lorsque des caricatures du prophète Mahomet furent publiées dans la presse européenne laissait présager le pire.

Le 7 janvier 2015, les terroristes islamistes ­n’ont pas choisi d’attaquer l’extrême droite ni aucun mouvement raciste. Ils ont choisi d’attaquer un journal symbolisant la Liberté de conscience et l’émancipation vis-à-vis de la religion. Toutes les religions.

Charlie Hebdo représente la liberté d’expression, le socle de notre République, à l’exact opposé des pratiques des pays musulmans où la charia fait loi et où l’on ne compte pas une seule démocratie.

Lorsqu’un élu de la République prétend « ne pas être Charlie », il ne se place pas seulement hors de la République, il se place hors de la nation française.

Le sujet qui oppose Manuel Valls et la France Insoumise de Mélenchon ces derniers jours porte sur ces questions qui ont perverti l’extrême gauche, son lien avec l’argent, son antisémitisme maladif et son rapprochement politique avec l’islamisme.

Choisir entre Manuel Valls et la France insoumise, c’est choisir entre la liberté et l’obscurantisme.

Dans ce cadre et au moment même où Israël et les Etats-Unis quittent l’Unesco, le geste de Emmanuel Macron de reconnaître le drapeau européen afin qu’il ne puisse être retiré de l’Assemblée nationale comme l’a réclamé Jean Luc Mélenchon, n’a rien d’un simple geste symbolique, c’est un geste de combat pour la démocratie en Europe et au-delà.