En effet, que diront-ils ? Je l’ignore mais une chose me paraît indubitable : justice sera rendue à un homme dont les méthodes sont radicalement nouvelles et le mode de gouverner absolument inouï : même aux yeux de son propre entourage. Mais au moins, on n’aura plus dans ces futurs manuels d’histoire tant de condamnations de tout ce que fait ce président US, honni de la gauche et des intellectuels dits progressistes.

De vrai, avant même qu’il ait agi ou fini d’agir, que pleuvent déjà les condamnations, les rejets et les moqueries. Mais voilà, l’homme a tenu, il marqué des points et a réussi au moins une réforme fiscale qui change la donne aux USA et ailleurs. Pour la guerre commerciale, c’est plus nuancé.

Mais vous devinez quel est l’événement nouveau et marquant qui me pousse à reprendre la plume pour parler du locataire de la Maison Blanche : sa décision, sans prévenir personne ni solliciter l’avis de son Secrétaire d’Etat, d’accepter le principe d’une rencontre avec Kim Jong Un, le dictateur fou de la Corée du nord. Ce qui est du jamais-vu. Et comme la presse même de gauche est essentiellement conservatrice et veut que son aval, son adoubement continuent de compter, elle regimbe, se moque et doute de tout ce que fait ou entreprend de faire un tel président.

Le fait est que le président Trump a tourné le dos à ce que l’on nomme sur les bords de la Seine l’ancien monde ou l’ancien régime. Il était temps ! Trump rompt sans ménagement avec la diplomatie conventionnelle. Sa culture de businessman l’y encourage. Quand on séjourne ne serait ce que quelques semaines aux USA, dans une université ou une simple entreprise, on est frappé par un changement incroyable : tout y est plus rapide, plus performant, moins tatillon, moins bureaucratique qu’en France.

Et c’est l’efficacité qui compte, jamais la posture idéologique. C’est ce que fait le président Trump et qui provoque les gorges chaudes de tous ses adversaires, notamment dans la presse, avec laquelle ce président aurait tout de même intérêt à calmer les choses. Tant la détestation est forte et ne cesse de croître. C’est que l’homme fort des USA snobe les grands organes de presse qu’il accuse de propager des fake news, assaisonnés de commentaires gratinés le concernant personnellement…

En acceptant la proposition de son ennemi intime qu’il a publiquement voué aux gémonies, et ce plus d’une fois, le traitant de petit gros et d’un homme-roquette, le septuagénaire de la Maison Blanche a d’ores et déjà remporté une victoire, même si son adversaire ne s’en tire pas si mal, de son côté.

Selon moi, cette évolution absolument imprévisible, cette initiative du dirigeant nord-coréen, s’explique de la manière suivante :
Kim Jong Un est persuadé que Trump actionnera une mini guerre nucléaire contre lui et son pays, sans hésiter. Il mettrait sa menace à exécution, coûte que coûte. Trump sait que les armes nucléaires de son adversaire ne sont pas fin prêtes et ne sauraient, en tout état de cause, se comparer à l’arsenal atomique US.

Les sanctions économiques sans précédent pesant sur la pauvre Corée du nord n’excluent pas un soulèvement de la population qui vit déjà, écrasée par des restrictions et des limitations de tous ordres.
L’attitude de la Chine, déterminante dans ce contexte, puisqu’elle est la seule alliée du régime de pays, contrainte, elle aussi, de voter à l’ONU en faveur des nouvelles sanctions. Cela commence à faire beaucoup. Enfin, il y a l’attitude de la Corée du sud qui a su faire comprendre au frère ennemi qu’il ne ferait pas le poids face à Washington en cas de conflit armé dont le peuple coréen, à droite comme à gauche, ferait les frais.

Kim Jong Un souffre d’une vision déséquilibrée du monde mais il n’est pas fou, son instinct de survie et de conservation lui dicte un peu la marche à suivre : quand on est au bord du gouffre, on ne fait pas un grand bond en avant. On fait marche arrière car il y va de sa propre survie et de celle de millions de ses compatriotes.

Ne nous y trompons pas : l’homme de la Corée du nord a plus d’un tour dans son sac. Il a forcément de noires arrières pensées, une grande capacité d’enliser les négociations et surtout il est l’essence même de la duplicité. Trump le sait mais il sait aussi qu’il a impressionné son adversaire.

Comment ? D’abord, il faut bien comprendre que Kim Kong Un n’a pas pris sa décision sur un coup de tête. Depuis qu’il a décidé de participer sous les mêmes couleurs que son frère ennemi aux Jeux de Séoul, il avait décidé de faire machine arrière. D’ailleurs, c’est un conseiller présidentiel sud coréen qui a transmis à Trump l’invitation de Kim Jong Un de le rencontrer dès que possible. Mais pourquoi a-t-il adouci son ton et son discours ?

Parce que, je le répète, jamais, avant Trump, aucun président US ne s’est dit déterminé à en finir avec la Corée du nord. Depuis près de 70 ans, on a appris à vivre avec cette dynastie communiste qui menace la paix du monde, intimide ses voisins et autres : il suffit de voir la réaction très méfiante du Premier ministre japonais face aux récents développements. M. Shinto Abe a sûrement raison. Et c’est le Corée du nord qui a aidé le Pakistan et l’Iran dans ce domaine controversé du nucléaire.

Que pourrait cacher le dirigeant nord coréen et qui serait susceptible de tout gâcher ? Tout d’abord, il a parlé de dénucléarisation et non de gel ni de moratoire. Ensuite, il ne songerait jamais à demander une réunification sous sa bannière… Kim n’a pas non plus exigé l’annulation des manœuvres militaires entre Séoul et Washington… Il peut encore le faire, au beau milieu des négociations sur les points à l’ordre du jour de la rencontre.

Partant, ne sous-estimons pas les ressources de Kim lequel a compris une chose : avec Trump il ne dispose plus de la même souplesse ni du laisser-faire de ses prédécesseurs. Il sait que Trump a fait étudier par le Pentagone toutes les options afin de déclencher des frappes préventives dévastatrices auxquelles le régime ne saurait survivre. Et la Chine a prévenu Kim qu’elle ne pourrait rien faire, vu son entêtement à provoquer les USA…

Tous ces éléments, mis bout à bout expliquent l’initiative de Kim qui préfère éviter à son pays une campagne ravageuse. Il a déjà tant de mal à résister aux sanctions que même la Chine respecte désormais. La noria de camions des deux côtés de la frontière avec la Chine, s’est considérablement ralentie, Trump ayant exigé que l’empire du Milieu ne devait plus jouer double jeu…

Avec cette rencontre, Trump détient peut-être la clé pour ramener une paix durable non seulement en Corée mais dans le reste du monde. S’il arrive à forcer Kim à en rabattre, si Kim accepte un bon compromis, sa survie contre sa renonciation au nucléaire, il aura barre sur l’Iran, qui, à sa façon, risque de devenir une nouvelle Corée du nord du proche Orient.

Faudrait-il 2100 pour que les mérites de Trump soient reconnus ? Faudra-t-il encore vouer aux gémonies un président qui mériterait d’être moins injustement traité ? Donald Trump ne fait pas que de bonnes choses.

Les gouvernements des hommes sont intrinsèquement imparfaits. Et M. Trump ne constitue pas d’exception.
Mais dans ce dossier, il a bien joué. Souhaitons lui du succès ici comme au Proche-Orient.
Avec l’Iran.