Entre un président américain qui nous semble des plus favorables et le désaveu des pays européens, Israël se doit de garder la tête froide. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes et devons agir en conséquence.

Cela fait déjà de nombreuses années que l’Etat d’Israël ne table plus sur le soutien des pays européens en ce qui concerne sa politique étrangère. J’en veux pour preuve la dernière conférence de Paris qui n’était rien d’autre qu’une farce grotesque, hypocrite, qui n’aura pas le moindre impact sur le cours des événements dans notre région.

La conférence de dimanche dernier a réuni dix fois plus de journalistes que les précédents congrès pour la paix en Syrie, en Irak ou n’importe quelle crise humanitaire en Afrique ou ailleurs.

Soixante-dix chefs d’Etats ont aussi répondus à l’appel des organisateurs français, seuls Palestiniens et Israéliens n’étaient pas présents, un mariage sans mariés. Un échec !

Le monde semble montrer bien plus d’intérêt à résoudre le conflit que les principaux protagonistes eux-mêmes. Une situation absurde.

Ces dernières semaines, la classe politique israélienne est envahie d’un sentiment d’euphorie enivrant à l’idée de voir arriver Donald Trump à la maison blanche.  Nous ferions mieux de nous méfier des déclarations flamboyantes de l’imprévisible milliardaire.

Ces nominations ostensiblement pro-israéliennes, sa promesse de déménager l’ambassade à Jérusalem me laisse plus que sceptique. Je n’arrive pas à y croire. Je regrette qu’on puisse se montrer aussi naïfs et nous laisser envoûter par ces appâts populistes qui ne font que nourrir notre penchant nationaliste. Le danger nous guette.

Aucun président, ou dirigeant, aussi favorable ou hostile à Israël qu’il puisse être, n’est en mesure de nous dicter la politique que nous avons à mener chez nous.

Nous oublions que nous n’avons de compte à rendre qu’à nous-même et à notre créateur. Pour ce faire, nous devons être capables de nous regarder dans la glace et de répondre à ces questions qui dérangent.

Seuls nos enfants nous jugerons sur les décisions que nous serons amenés à prendre dans les années à venir. Personne d’autre.

Il est donc temps d’affronter la réalité.

Sur le terrain, sans partenaires, sans négociations, les solutions manquent et nous sommes depuis neuf ans au point mort.

Pire, la possibilité d’arriver à un accord de paix avec les Palestiniens n’a quasi plus de supporters en Israël. Nous n’y croyons plus. Rendre des territoires aux Palestiniens ne sera jamais une garantie de calme et de sécurité, cette équation s est déjà avérée non réalisable.  Nous signerions notre propre arrêt de mort.

Alors nos politiques jouent sur le temps, comme si nous pouvions battre les habitants du désert à ce jeu là. Il ne se passe rien. Mis à part l’agrandissement de nos implantations, la constante menace terroriste et la mainmise de notre armée sur une grande partie des villes et villages de nos voisins.

Et voici donc le dilemme dans lequel nous sommes coincés et duquel personne ne peut nous sortir.

Se séparer des Palestiniens semble un choix que la majorité d’entre nous serait prêt a faire. Mais à quel prix ?

Sans avancer sur cette piste, nous restons là où nous en sommes, sur cette pente glissante ou notre légitimité internationale est sans cesse remise en question et à la merci d’attaques terroristes. (Et aucun accord ne pourrait garantir leur disparition.)

Dans cette impasse, certaines voix ici s’élèvent pour accélérer le processus d’annexion d’une partie des territoires, encouragés par l’élection de Trump et son élan d’amour subit pour le grand Israël.

Ne nous laissons pas leurrer, personne ici ne nous aidera à décider de notre sort, nous sommes seul face à nous-même.

Nous nous devons d’être clairs et d’être maîtres de notre destin.

Se séparer des Palestiniens ou bien faire régner la loi israélienne sur le terre de Judée et Samarie : une décision s’impose, maintenant.