Traduit et adapté de l’article de Ben Dror Yemini.

Vendredi dernier, 148 personnes ont été tuées à Mastung au Pakistan. Cinq autres à Banna dans ce même pays. Il y a deux jours, en Afghanistan, 11 habitants ont été assassinés et cinq autres ont subi le même sort à Mogadiscio en Somalie, victimes de deux kamikazes. La liste est partielle et ce n’est malheureusement que celle du dernier week-end. Dans tous ces cas, les meurtriers étaient des islamistes mais les victimes aussi étaient toutes musulmanes sunnites.

Au Nigeria au cours des dix derniers jours, près de 100 villageois chrétiens ont été assassinés dans des affrontements avec des bergers musulmans.

Le week-end précédent, selon l’association chrétienne du Nigeria (CAN), 238 chrétiens ont été assassinés dans le centre du pays. Le massacre a menacé des centaines d’autres chrétiens qui se sont enfuis afin de sauver leur vie. La chance a voulu qu’un imam du village voisin leur ait donné abri. Depuis le début de l’année, toujours selon CAN, 6 000 chrétiens ont été tués au Nigeria, la plupart des femmes et des enfants.

Lorsque nous nous demandons pourquoi les pays musulmans ne font rien devant les événements de Gaza, il est difficile d’ignorer qu’ils souffrent eux-mêmes de problèmes beaucoup plus graves. Chaque pays musulman a son propre « Hamas ». Le Nigeria a le Boko Haram, l’Afghanistan et le Pakistan ont les talibans, l’Égypte à le al-Nusra, et ils ont tous des branches des Frères musulmans. Si quelqu’un nous dit avoir une solution simple au conflit Israël-Hamas dans la bande de Gaza, il se trompe ou il nous trompe.

Il est clair que sans une vision globale du phénomène de la radicalisation Islamique, les messages qui nous invitent à être « un peu plus gentils et un peu plus généreux » afin que tout aille bien ne sont que des illusions.

Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas offrir à la bande de Gaza et au Hamas un cessez-le-feu, un compromis, une « hudna », une « tahdia » ou tout autre arrangement afin de minimiser les souffrances et les morts. Il le faut sans aucun doute.

Cependant, nous ne devons pas oublier que le Hamas fait partie du phénomène global qu’est le réveil de la radicalisation islamiste. Ce n’est pas la nature de l’Islam. Il y a eu des périodes de prospérité sous la domination de l’Islam. Mais depuis des centaines d’années, l’Islam est à la traîne, depuis des décennies les islamistes mènent le monde en enfer.

Dans les années 1990, entre 100 000 et 200 000 personnes ont péri pendant des affrontements avec le Front islamique en Algérie. De nombreuses parties de la Libye, du Yémen, de la Syrie, de l’Irak et de la Somalie ont été ravagées. C’est aussi ce qui se passe dans le nord du Sinaï et dans le nord du Nigeria. Nous n’en voyons pas la fin.

Pourtant, bien que le Hamas soit un maillon de la chaîne de l’islamisation globale, il réussit à recevoir « l’auréole » d’une organisation de résistance à l’occupation israélienne. Après tout, il y a seulement une semaine, une conférence a eu lieu en Israël sous le titre « Sortez de Gaza » et hier encore, un journal israélien a publié un article demandant « de saluer l’esprit de Gaza », tout en accusant Israël de crimes.

Peu importe si factuellement Israël s’est retiré de la bande de Gaza depuis 2005 et se défend face à des attaques interminables depuis, le vent souffle dans certaines parties du monde libre et attise les braises de la violence à l’aide de mensonges.

Lorsque le Hamas tire des roquettes sur Israël, les idiots utiles publient des justifications. Ils travaillent pour le département de la propagande du Hamas. Ils font tout pour cacher la réalité qui est très simple : le Hamas appelle, publiquement et officiellement, à l’extermination totale des juifs et des chrétiens. Tout simplement.

Les idéologues du Hamas, avant même ceux de Daesh, parlaient de « reconquérir Rome, l’Andalousie et les deux Amériques ». Le système éducatif du Hamas comprend des motifs ouvertement et outrageusement antisémites mais au diable les faits. Les propagandistes du Hamas, avec des acrobaties intellectuelles effarantes, transforment les Juifs en criminels et défendent « l’esprit de Gaza ».

Il n’y a donc pas de solution simple au dilemme de Gaza. Et pour ceux qui se demandent pourquoi il n’y a pas de « solution à gant de boxe », nous pouvons montrer l’exemple de l’Égypte qui ne réussit pas à éradiquer l’islamisme qui sévi dans le nord du Sinaï. Pourtant, les Égyptiens n’ont pas d’organisations de droits de l’homme, et leurs soldats ne trempent pas leur épée dans l’eau.

Et c’est précisément parce que le Hamas est tellement dépendant de l’opinion internationale que nous pourrions profiter de cette dépendance afin de faire beaucoup plus. Mais le gouvernement israélien est dans un état de stagnation et travaille dans un mode réactif à la place de prendre l’initiative. À ce « jeu », le Hamas gagne et Israël perd.