La Catalogne fait parler d’elle. Elle dispose d’une Histoire, d’une culture, d’une langue et d’institutions autonomes au sein du royaume d’Espagne.

Conformément à la constitution espagnole de 1978, elle est régie par un ensemble d’institutions autonomes (Generalitat).
Le président du gouvernement catalan (govern) est le président de la Generalitat. Il constitue le pouvoir exécutif régional. Il est nommé par le roi d’Espagne.

Le Parlement régional (parlament) élit le président du govern. La langue régionale est le catalan. Elle est accompagnée dans le Val d’Aran (Viella) de l’occitan et dans toute la Catalogne par le castillan (espagnol). Sa capitale est Barcelone, qui est la capitale économique du royaume d’Espagne.

Entre 1931 et 1939, le statut de Nuria rendait la Catalogne une république autonome dans le cadre de la Seconde République espagnole. Suspendue en 1934 par le gouvernement national, elle fut rétablie en 1936 par le cabinet du Front Populaire (Frente Popular) puis dissoute à l’issue du coup d’Etat du Mouvement national (Movimiento nacional) du général Franco en 1939.

L’Espagne est un Etat unitaire autonomisé par ses régions dont les statuts acceptés par les pouvoirs locaux octroient des degrés divers d’autonomie. Le gouvernement espagnol a obtenu du Tribunal constitutionnel que l’augmentation des prérogatives régionales au domaine financier voté par le Parlement espagnol fût annulé.

La Generaliat poursuit sa demande d’alignement de ses prérogatives financières à celles du Pays-Basque (Euskadi) et se voit recevoir une fin de non-recevoir de la part de Madrid. C’est la crise entre Barcelone et Madrid.

C’est dans ce cadre que la coalition gouvernementale catalane exige désormais son indépendance. Devant le refus persistant de Madrid, le président catalan l’auto-proclame le 10 octobre 2017 par sa déclaration et les signatures qui y sont apposées.

La postposition de l’application de l’indépendance par le président catalan est une incongruité institutionnelle et une proposition de dialogue avec Madrid.

L’Espagne est dirigée par un gouvernement de coalition sous la houlette du Parti Populaire (Partido Popular), minoritaire au parlement espagnol.

Il considère le comportement exécutif catalan comme anti-démocratique puisque contraire à la constitution, rejette la sollicitation catalane de médiation basque, européenne et internationale et exige le retour immédiat de la Catalogne au respect des institutions autonomes et nationales.

A la menace catalane de l’indépendance auto-proclamée le gouvernement espagnol réagit par celle de la gestion directe des institutions autonomes catalanes par Madrid (article 155 de la constitution espagnole).

La Catalogne est représentée notamment par une Histoire et une majorité parlementaire. L’Histoire catalane est marquée par les violences avec Madrid. L’arrestation des dirigeants catalans par la police républicaine espagnole en 1934 demeure vivace dans la région.

La majorité parlementaire l’est d’une courte tête, coalisée et indépendantiste. Elle fait fit de la signature de la Catalogne au bas du statut d’autonomie qui la lie à l’Espagne et la soumet à la constitution espagnole.

Or, cette constitution n’est pas fédérale. Elle est unitaire et octroie les autonomies à ses régions. Elle prohibe la sécession territoriale et la sédition institutionnelle.

Quelles qu’en soient les motivations et la légitimité, le Govern est coupable de sécession et de sédition. La volonté de Barcelone de devenir une Nation riche libérée de l’Espagne est contredite par son incapacité à intégrer l’Union Européenne dont les décisions sont prises à l’unanimité y incluse la voie de Madrid qui ne manquera pas de s’y opposer.

La Catalogne n’aura ainsi pas accès à la Banque Centrale Européenne. La crise que vit l’Espagne renvoit volens nolens à son Histoire fratricide et à des récidives incidentes. A moins d’un élément inattendu, mais possible, la perspective du contentieux entre les Exécutif catalans et espagnol n’est pas à la résolution des problèmes.

Tout ceci devrait amener les gouvernements catalans et espagnols à plus de modestie et de réalité dans leurs choix diplomatiques relatifs au Proche-Orient.

La solidarité qu’ils affichent avec les thèses palestiniennes et leurs sourdes oreilles à celles israéliennes se heurtent de plein fouet aux réalités institutionnelles, démographiques, historiques et de sécurité publique qu’ils affrontent pourtant dans un cadre historique et culturel commun.