On aura probablement atteint les 100 000 Likes ce soir.

Ce soir, lundi 16 juin, 4 jours après l’enlèvement de 3 jeunes Isréliens qui ont eu le malheur de monter dans la mauvaise voiture, au mauvais moment. Qui, à 22h30, un jeudi soir, après une longue semaine d’examens, ont fait du stop pour rentrer plus vite chez eux. Et qui ne sont toujours pas rentrés, 5 longues nuits plus tard.

Dès vendredi matin, des sms ont circulé. Sur les dents depuis l’aube, les forces de l’odre n’avaient pas encore autorisé la presse à révéler la tragédie. C’est donc par Whatsapp que s’est transmise l’inquiétude de voir les jeunes ne pas revenir, heure après heure.

Eyal Yifrach a 19 ans, il demeure près de Petah Tikva, à l’intérieur de la Ligne verte. Tout comme Naftali Frenkel, mineur de 16 ans et citoyen américain, résidant près de Modyin. Son camarade de classe, Gil-Ad (en hébreu : joie à l’infini) Shaar, 16 ans lui aussi, habite l’implantation de Telmon, située au sud de la Judée-Samarie, à deux pas de Modyin.

Des lycéens. Pas des soldats, ni des combattants, encore moins des adultes ayant choisis leur chemin dans la vie. Des lycéens vivants chez leurs parents, en période d’examens. Des lycéens qui voulaient rentrer chez eux pour le week-end, comme tous les lycéens au monde.

Vendredi après-midi, chacun sait que l’espoir de les voir revenir, la bouche en coeur et ayant passé la nuit chez des copains, a fondu depuis longtemps. Et chacun connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un.

Les uns sont liés aux familles qui attendent, les autres ont un frère, un père, un conjoint officier dans une unité spéciale. La panique monte. Les officiers sont appelés, les uns après les autres. On comprend que les meilleures unités de Tsahal sont mobilisées sur le terrain. On comprend ce que cela veut dire. On comprend hélas toujours très vite en Israël qu’il s’agit d’un attentat. On devrait être vaccinés et pourtant, on est à chaque fois saisis en plein coeur. Où sont-ils ? Comment vont-ils ? Et leurs mères? Survivront-elles à l’angoisse ? Et si c’était à ma mère que cela arrivait la prochaine fois ?

Dans la soirée, la censure militaire est levée. C’est désormais officiel : Eyal, Gil-Ad et Naftali ont été enlevés par des terroristes. On le savait, et pourtant, on frémit encore plus. Le seul otage revenu en vie ces dernières années est Guilad Schalit. Après 5 ans et demi sans voir le jour. Et en échange de 1000 terroristes palestiniens, dont certains ont été de nouveau arrêtés depuis à nouveau pour terrorisme. Les autres otages, eux, sont revenus dans des cercueils. Cercueils pour lesquels il a aussi fallu parfois négocier et échanger des terroristes vivants.

Et déjà, les experts défilent à la télévision pour expliquer que plus le temps passe, moins on a de chances de retrouver les trois garcons vivants….

Tout de suite, un groupe d’étudiants s’organise. La campagne #BringBackOurBoys naît en quelques minutes. Certains d’entre nous sont formés à la communication sur les réseaux sociaux, d’autres non. Mais le but est très clair : il faut faire connaitre le sort des enfants au monde entier. Il faut que nos amis à l’étranger, ceux-là mêmes qui nous envient quand on poste des photos de plage au mois de mars, apprenent par nous que 3 de nos jeunes ont été brutalement enlevés et sont en danger de mort.

Il faut qu’ils l’apprennent pour qu’une telle violation des droits de l’Homme ne passe pas sous silence. Pour ce que cette tragédie suscite l’indignation et l’empathie qu’elle mérite.

Il faut qu’ils l’apprennent pour soutenir les familles plongées dans l’angoisse. Pour leur dire que ce n’est pas seulement leurs concitoyens qui sont avec eux dans ces heures terribles, mais des hommes et des femmes, des familles du monde entier.

Il faut qu’ils apprennent pour que les médias relayent l’information. Entre la Coupe du Monde, les évènements en Irak et l’habitude, sans doute, d’entendre parler de violences dans cette région du monde, les médias internationaux ne couvrent presque pas l’enlèvement. Dans la presse francaise, il faut  ainsi dépasser une dizaine d’articles sportifs et politiques pour arriver à une mention lapidaire et expéditive de l’évènement.

Il  faut  qu’ils l’apprennent, enfin, pour que le gouvernement israélien et l’armée puissent agir au plus vite et sans entraves. Nous connaissons le biais à l’encontre d’Israël dans la plupart des organes de presse européens. Nous connaissons l’ampleur et les moyens de la propagande propalestinienne, et ses effets délètères sur l’opinion internationale. Nous savons les condamnations qui ne manquent pas de pleuvoir dès que l’Etat hébreu fait usage de la force, parfois sans même mentionner l’évènement auquel les forces israéliennes répondent. Nous voyons, enfin,que cette même presse choisit de titrer ses articles sur les Palestiniens arrêtés, blessés ou tué dans l’opération en cours, faisant quasimment oublier les 3 jeunes Israéliens retenus contre leur gré, blessés, torturés – ou morts.

Faisant oublier la coopération sécuritaire entre Israël et l’Autorité palestinienne ou les gestes humanitaires israéliens quotidiens, comme celui de soigner l’épouse du président Abbas, ces jours-ci, dans un hôpital du centre du pays. Faisant oublier qu’il faut être deux pour faire la paix. Faisant oublier, enfin, que lesdits prisonniers que les Palestiniens réclament et comparent à Eyal, Naftali et Gil-Ad sont des terroristes qui ont massacré des civils et ont été jugé en bonne et due forme par la justice.

Nous savons tout cela mais nous espérons malgré tout que la commaunauté internationale se range à nos côtés et fasse tout, avec nous, pour que nos trois enfants rentrent chez eux.

Soutenez la campagne #BringBackOurBoys.

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#BringBackOurBoys est une campagne menée par des étudiants. Nous ne sommes affiliés à aucun parti politique ou mouvement idéologique. Nous n’avons aucun contact avec le gouvernement ou l’armée et nous n’intervenons pas dans l’opération menée pour les retrouver.