Il est temps de souhaiter à toute la Communauté juive d’Israël et de la diaspora de profiter de cette fête de Pessah 5776. Un temps pour notre joie, celle des Juifs mais Pessah ouvre aussi le chemin pour toute chair vivante.

C’est une année difficile, teintée d’incertitudes, de violences ouvertes, de conflits qui s’expriment autant dans la société juive que dans la vie des citoyens arabes israéliens, palestiniens, gazaouis. Nous assistons à un développement prometteur,  vaste, profond, très flexible de techniques, de compétences de la société israélienne et de la conjugaison créatrice de tous ses membres. Il reste des frontières invisibles ou des murs d’opacité tenaces entre les cultures, les mentalités.

C’est un mouchoir de poche, mais nous y voyons grandir et s’affirmer des chemins encore trop divers. Il n’y a pas vraiment à craindre, tout comme il serait préférable de ne pas se replier sur ce que chacun penserait être et juger de sa propre identité véritable. Celle-ci est souvent beaucoup plus étendue que chacun l’imagine dans un climat perturbé depuis six décennies.

Avec ce Shabbat qui sera le premier jour de la fête de Pessah, le monde orthodoxe de Terre Sainte (Israël, Territoires Palestiniens, Jordanie, Sinaï… mais aussi la Syrie, le Liban et les Pays du Golfe) entrera dans la Semaine Sainte par la résurrection de Lazare le samedi et le dimanche des Rameaux. Puis la Semaine Sainte mènera à la célébration de la résurrection de Jésus de Nazareth le samedi 30 avril.

La Vieille Ville de Jérusalem ne peut se réduire à aucune prédominance confessionnelle historique tant les traces de l’historicité des uns et des autres, Juifs, Chrétiens, Musulmans sont imbriquées pour exprimer une unité encore peu perceptible. Pourtant, à y regarder vraiment, tout est inscrit et mémorisé pour le futur comme notre vie présente dans les pierres de Lieux qui semblent inamovibles.

J’ai l’habitude de donner une interview à un site orthodoxe de langue française qui rassemble toutes les juridictions orientales. C’est aussi l’occasion, en cette année particulièrement difficile pour le monde chrétien proche-oriental, de partager certaines idées avec le Times of Israel Français. Il est aussi important, d’une manière qui paraîtrait peu évidente à certains, qu’il est normal pour un prêtre en charge de fidèles israéliens, orthodoxes et dans des situations canoniques et/ou halachiques très particulières, d’écrire dans un journal en ligne qui dépend de Jérusalem et de Tel Aviv.

Les questions qui me sont posées sont peu audibles. En revanche, patientez… elles deviennent évidentes par les réponses que j’essaie d’apporter.

חג פסח שמח, bonne fête de Pessah, פריילעכן פסח

Bonne fête de la Pâque à tous.