Ce mercredi 13 août, le cabinet de sécurité va se réunir pour discuter de la proposition égyptienne de cessez-le-feu. Quelles sont les options et surtout les conséquences des décisions qui seront prises ?

Un mois de guerre n’aura donc pas suffit à mettre à genoux le Hamas et Israël, bien qu’ayant subit des dommages considérables, il serait inopportun de dire que nous avons gagné.

A ce stade, il est important de faire un petit retour en arrière pour tenter de comprendre ce qui risque de se passer dans les heures ou les jours à venir.

Nombreux sont ceux – et j’en fais partie – qui ont salué la stratégie diplomatique du Premier ministre en début de conflit. Netanyahou a réussi à obtenir un blanc seing de la communauté internationale afin de protéger ses citoyens des tirs de missiles du Hamas.

Nous avons donc lancé une opération terrestre dont l’objectif affiché était la destruction des tunnels, véritable menace contre les civils.

Bon ! A part quelques déclaration velléitaires, Il apparaît clairement qu’Israël n’a pas ou n’a pas osé définir un objectif précis pour cette opération. Nous avons agit de façon défensive sans prendre de décisions claires sur les cibles à atteindre, hormis ces fameux tunnels.

A de nombreuses reprises, des responsables militaires ont laissé filtrer le fait que l’armée pourrait en dix jours seulement renverser le Hamas. Je sais, vous allez me dire, qu’on aurait laissé la place vide sans savoir qui allait remplacer l’organisation terroriste… que dans une telle situation, nous laissions la porte ouverte à al-Qaïda, EEIL et autre mouvement islamiste fanatique. La belle blague ! Et le Hamas serait dont une copie conforme des bisounours ? Les milliers de missiles, les kilomètres de tunnels sont-ils la preuve que nous pouvons dialoguer avec eux et espérer la paix, le calme et la sécurité pour les citoyens israéliens ? Un peu d’honnêteté que diable !

Malgré l’immense respect que j’ai pour notre Premier ministre, il est clair que sa main a tremblé lorsque les décisions difficiles se sont présentées. Toutes nos actions étaient empruntes de retenue et basées sur l’idée que l’ennemi prendrait conscience de notre puissance et de notre supériorité militaire. Ceux qui l’ont vraiment compris, ce sont les civils, utilisés comme bouclier humain. Le Hamas a pris un sérieux coup mais cela a t’il de l’importance ? La notion d’attachement à la vie est pour eux totalement différente si tant est qu’elle existe. Seul reste l’objectif !

Et c’est précisément ce qui nous a manqué : l’objectif. Sans fin, à quoi servent les moyens. Les tunnels n’étaient pas un objectif stratégique majeur mais un moyen d’atteindre l’objectif.

Nous aurions dû commencer par agir là où le Hamas ne nous attendait pas parce qu’il savait que nous hésiterions à prendre une décision si lourde de conséquence. Nous aurions commencer directement par entrer à Gaza, et aller chercher les têtes qui se terraient sous l’hôpital Shifa. Nous savons que les combattants étaient enfouis sous Gaza. Alors détruire la moitié de Gaza a certes été utile eu égard aux entrées de tunnels dissimulées dans les maisons, aux rampes de lancements de missiles enterrées dans les cours de mosquées etc… Oui cela a été quelque peu dissuasif, il faut en convenir et le Hamas aura du mal à « tout remettre en place ». Et alors ?

Il est une autre notion dont nous ne tenons pas compte, c’est le temps ! La haine n’a pas de limite temporelle et l’objectif d’éradiquer Israël de la surface de la planète ne disparaîtra pas avec quelques immeubles détruits ou quelques centaines de morts. Ce qui n’a pas fonctionné aujourd’hui fonctionnera demain ou après-demain… peu importe le temps que cela prendra.

Pour nous, les choses sont figées dans le temps : tant d’heures de cessez-le-feu humanitaire, encore quelques jours pour finir de détruire les tunnels, « nous ne resterons pas indéfiniment à Gaza »… et nous voilà encore en décalage avec la réalité de la situation.

Alors que va t’il se passer maintenant ? Rien, enfin rien de bien.

Bibi a laissé passé la chance que lui ont donné les Saoudiens, les Egyptiens, les USA, l’Europe et la Russie d’éliminer le Hamas et de le remplacer par Mahmoud Abbas. Bon, Abbas c’est pas le top non plus mais tout prendre, celui-là on sait encore comment le gérer.

30 jours après, nos alliés ont baissé les bras dépités par les hésitations d’Israël. Bon, je vous le concède, agir de la sorte aurait provoqué la perte de plusieurs centaines de soldats, ce qui justifie l’hésitation. Même si je le comprends je me dis que dans ce cas, on en a déjà perdu 67 de trop. Mais il est facile de réagir ainsi, bien sagement calé dans mon fauteuil. La charge qui a pesé et pèse encore sur les épaules de Netanyahou est inhumaine.

Bref, les alliés nous ont lâché. A présent, il semble totalement exclu de reprendre la guerre là où nous l’avions arrêté. Les Egyptiens nous poussent à accepter un compromis sans même s’imposer à eux même le moindre engagement. Ils n’ouvriront le point de passage de Rafiah que lorsque les accords seront signés et avec la certitude que Abbas en assurera la gestion, ce qu’il est totalement incapable de faire tant que le Hamas est en pleine puissance dans les rues de Gaza.

Netanyahou doit faire face à une fronde dans son gouvernement qui pourrait amener à sa chute ou pour le moins créer une crise politique sans précédent en Israël.

Dommage que celui que je considère comme l’un de nos meilleurs Premier ministres ait eu la main qui tremble au moment d’appuyer sur le bouton. Mais sait-on jamais la chance – avec l’exemple des menaces terroristes en Irak et en Afrique – est peut être encore là, à sa portée… A lui de la saisir et de faire le travail envers et contre tout.

Au pire, le chant des sirènes reprendra l’été prochain…