Nos mousquetaires, ils avancent en ordre dispersé et croisent le fer à tour de rôle contre ce qui s’oppose à LA CAUSE, LEUR CAUSE.

Chacun défend la sienne avec passion et rien ne peut entamer ou infléchir la conviction/foi dans la justesse de la cause choisie, celle à qui ils consacrent leur temps et leur talent, au demeurant bien retribués.

Il est inconcevable pour les mousquetaires de s’unir afin d’opposer un front commun à leurs détracteurs, ce serait reconnaître la vérité de ce qu’on leur oppose et que leurs ennemis, eux n’ont aucun mal à identifier.

Juifs ils sont, c’est la génération des enfants nés en France tout de suite après la Shoah et celle des enfants juifs français chassés d’Algérie, chacun porteur de la tragédie de leurs parents.

Israël est né en même temps qu’eux.

Ils sont « juifs francais assimilés ».

Certains se décrivent comme juifs « par hasard » n’ayant aucun lien avec Israël ou le sionisme. Ils se disent aussi athés et sans foi ni pratique religieuse les rattachant au judaïsme. Pourtant, les derniers mousquetaires partagent une religion à défaut de celle de leurs origines.

Cette religion a pour nom la défense des causes perdues, celles qui sont passées de mode et pour lesquelles il n’est plus question de se battre : les idées, la France et son identité, même malheureuse, la République et ses valeurs, sa culture son sol et ses traditions, la défense de la langue et de ce qui fait la beauté d’un pays, ce pays pour lequel les mousquetaires ressentent une immense gratitude.

Malgré leur déni, ces hommes si visiblement juifs ne peuvent être crédibles aux yeux des autres, qui retrouvent face à eux ce qui leur a toujours été familier et qu’on avait momentanément « oublié »,

Les mousquetaires ne veulent pas entendre ce que l’on crie maintenant dans les rues de Paris : « Juifs dehors, ta place n’est plus ici », ils veulent encore y croire et s’accrochent à leurs anciennes certitudes.

Ce sont les derniers mousquetaires, eux-mêmes ne le savent pas, l’Europe va les pleurer mais dorénavant, leur destin se joue ailleurs…