Bernard-Henri Lévy voit-il de l’antisémitisme de partout, jusqu’à nuire à la juste cause qu’il défend ?

C’est ce que Léa Salamé et Laurent Ruquier lui ont reproché samedi soir sur le plateau de « On n’est pas couché » à propos de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn.

Ce n’est effectivement pas parce qu’il est juif (ou réputé tel…) que Laurent Fabius a été (injustement) accusé dans l’affaire du sang contaminé. Ce n’est pas non plus parce qu’il est juif que DSK a été outrancièrement humilié dans les affaires qui le concernent.

Mais si l’antisémitisme n’est pas à l’origine de ces affaires, il s’y est rapidement invité pour justifier par leurs origines juives les turpitudes dont ils étaient accusés.

La vieille « accusation de sang », dont les juifs sont l’objet depuis la nuit des temps, comme les vieux poncifs sur les juifs et l’argent et les juifs et le pouvoir, ont alors été « recyclés » ad nauseam, au mieux sous la forme insidieuse de « bons mots », au pire sous celle d’accusations dignes des « protocoles des sages de Sion ».

C’est pourquoi si Léa Salamé et Laurent Ruquier n’ont pas tort, avec leurs yeux, de reprocher à BHL de voir de l’antisémitisme de partout, BHL a raison, avec les siens, de rappeler des vérités qui dérangent.

Si nul ne doute de la sincérité du regard de Léa Salamé et de Laurent Ruquier, celui de BHL dispose d’une acuité que des siècles d’atavisme ont exacerbée.

La morale de cette histoire est que quand on appartient à une minorité, et particulièrement quand on est juif, on a vocation à l’exemplarité, précisément parce qu’on est comptable d’une forme de « responsabilité collective ». C’est injuste, mais c’est ainsi…

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