Les Juifs français se plaignent avec raison du climat délétère qui règne autour de la question palestinienne, mais en Belgique nous regardons avec envie ce qui se passe à cet égard en France, tant la situation devient insupportable ici.

La Belgique a une longue tradition antisémite autour de laquelle règne un silence absolu. De la littérature à la bande dessinée, les exemples fourmillent à cet égard, qu’il s’agisse d’Edmond Picard, de Jean Ray, Michel de Ghelderode, Georges Simenon, Hergé, Victor Hubinon et tant d’autres.

Mais ce qui est bien plus préoccupant c’est le déferlement actuel de l’antisionisme le plus radical, qui se donne à voir tant dans les quotidiens et hebdomadaires que dans les médias audiovisuels.

Si l’odieux « Je suis Charlie, je suis Juif, je suis Palestinien », prononcé après les attentats de Paris par Elio di Rupo, ex-Premier ministre et président du Parti socialiste, constituera désormais un peu un classique du genre, des dérapages marquants ont eu lieu plus récemment.

Je n’en citerai que quatre qui se sont produits durant les toutes dernières semaines.

Une conférence qui aura lieu dans les locaux de l’Université libre de Bruxelles verra Michel Collon, journaliste tiers-mondiste, militant antisioniste de longue date nous parler de l’oppression des Palestiniens par Israël, « l’Etat le plus raciste du monde, qui place les Palestiniens dans des camps de concentration ».

Collon, malgré son gauchisme déclaré, n’hésite pas à participer à des réunions où sont invités des militants d’extrême-droite, comme ceux d’Axis for Peace, émanation du réseau Voltaire de Thierry Meyssan.

Tout récemment, les facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles ont choisi de confier la leçon inaugurale de la prestigieuse Chaire Francqui à Shlomo Sand, ce professeur israélien antisioniste actif, qui nie notamment l’existence d’un peuple juif.

La manifestation la plus choquante de ces derniers mois est sans aucun doute celle dont s’est rendu coupable Unia, l’ancien Centre pour l’égalité des chances et la Lutte contre le racisme, dont plusieurs collaborateurs participent au mouvement de boycott des université et institutions culturelles israéliennes.

Si Unia a porté plainte contre les auteurs de chants antisémites entonnés lors d’un manifestation publique, ce qui a abouti à la condamnation de l’un des auteurs de ces chants, un courriel interne de l’administrateur qui avait officiellement déposé cette plainte qualifiait de « radotage » cette condamnation.

Seuls les ultra-nationalistes de la N-VA, parti ultra-flamingant, opposé à Unia pour des raisons linguistiques ont relevé ces faits.

La marche pour la Palestine, qui se déclinera prochainement, elle, dans plusieurs villes belges, fait presque figure de broutille en comparaison des faits précités.

Les condamnations récentes de l’antisémitisme par François Fillon ou, l’intervention télévisée de Jean-Luc Mélenchon clamant pour disqualifier un opposant à Poutine que c’est un « odieux antisémite », font rêver les Juifs belges.

La caricature antisémite concernant Macron serait balayée ici du revers de la main: « Antisémite? Il n’est pas question des Juifs », clamerait-on en Belgique, en ajoutant le qualificatif de paranoïaque pour qui s’en offusquerait.