Le gouvernement israélien vient de lancer un appel contre la délégitimation d’Israël et appelle à un « large front » pour combattre le boycott.

Le mouvement BDS est passé à la vitesse supérieure ces derniers temps enregistrant plusieurs avancées au niveau international avec la percée du mouvement en Afrique. Notamment déjà en Afrique du Sud, au Mali, au Nigeria, au Kenya, en Guinée, et plusieurs autres pays Africains.

L’Afrique ne doit pas être instrumentalisée pour appeler à la haine raciale et propager l’antisémitisme, comme l’a malheureusement fait à de nombreuses reprises l’organisation BDS. ( CFR: la lettre de BDS à Salif Keita du 2 août dernier, cette association appelait l’artiste musicien à boycotter Israël).

Lancée à l’appel d’associations pro-palestiniennes, la campagne de boycott économique d’Israël pose des problèmes pratiques de mise en œuvre et suscite des dérives semant le trouble auprès du public.

-ISRAEL-APARTHEID

Le mot « apartheid » lui-même ne peut s’appliqué dans le contexte israélo-palestinien.

La cause palestinienne ne peut être identifiée aux Noirs d’Afrique du Sud mais à la cause arabe par son rapport étroit au terrorisme.

Cette analogie simpliste et réductrice trouve, du point de vue des Sud-Africains et des groupes qui la reprennent à leur compte en particulier les lobbies arabes pro-palestiniens, une justification de ce qu’ils qualifient de troublantes similitudes entre l’Afrique du Sud de l’apartheid et l’état d’Israël dans sa gestion de la question palestinienne.

-BOYCOTT

Le boycott est la décision de ne pas acheter un produit ou de déserter un lieu ou un événement en signe de protestation. Le mot provient du nom de Charles Cunningham Boycott, l’intendant d’un riche propriétaire d’Irlande de l’ouest, qui louait ses terres à des prix très élevés au XIXème siècle, provoquant la grogne des fermiers qui organisèrent un blocus. On peut boycotter une marque, une entreprise, un produit et même un état.

-AFRICA-ISRAEL

Au sud du Sahara, nombre de nations font de l’identification et du soutien à la cause palestinienne un devoir, elles entretiennent des relations plus ou moins suivies avec l’Autorité palestinienne. Ces relations prennent une signification qui peut varier d’un pays à l’autre ou d’une zone géographique à l’autre : solidarité musulmane dans les États membres de l’Organisation de la conférence islamique, où siège l’OLP (Sénégal, Niger, Tchad, Guinée-Conakry, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Ouganda, Djibouti, Gabon), solidarité avec les pays du nord de l’Afrique, eux-mêmes soutien indéfectible de la cause palestinienne.

-REALISME ECONOMIQUE

Tant en Afrique du Sud que sur le reste du continent, les milieux d’affaires restent sourds aux appels à marginaliser Israël, d’où qu’ils proviennent. L’État hébreu est d’ailleurs le plus important partenaire économique de l’Afrique au Sud du Sahara, et l’Afrique du Sud le principal partenaire économique de l’État hébreu sur le continent africain.

AFRICA-AIPAC

La viabilité économique d’Israël ne saurait se passer des États africains.
À la naissance de BDS, les différents gouvernements israéliens avaient pris la question à la légère en misant uniquement sur le fameux lobby pro-Israël AIPAC, qui a démontré son inefficacité à ce jour. Ce mouvement jugeait que l’Afrique noire ne représentait aucun enjeu politique majeur. L’AIPAC ne se sentait que peu concerné par une cause lointaine. Cette absence d’intérêt perdura longtemps. J’expérimentais cette logique en 2005 quand je rencontrais la représentante de l’AIPAC en France a l’époque.