Une nouvelle polémique occupe l’opinion publique israélienne. Ehud Barak, ancien Premier Ministre et ancien ministre de la défense au gouvernement de Netanyahu, a divulgué des détails censés rester secrets sur des préparatifs en 2011 et 2013 d’actions éventuelles contre l’Iran.

Selon Barak un groupe de ministres de l’époque favorisait une telle initiative, mais l’absence de majorité de voix au sein du Cabinet restrein avait empêché la réalisation du projet. Selon lui, les responsables de la sécurité – Tsahal, Mossad, Renseignements – n’avaient pas le coeur net, tout en affirmant que l’opération serait réalisable. Dans son élan Barak a également accusé son ancien patron d’être « faible » et « hésitant ».

Les détracteurs de Barak l’accusent non seulement de divulguer des secrets, mais aussi d’agir en vue de revenir à la vie politique, qu’il avait abandonné pour se consacrer à faire fortune.

Entretemps, tandis que l’opinion publique est plongée dans les soucis quotidiens, les milieux militaires, eux, sont préoccupés par la montée de la tension sur le front nord. Depuis un certain temps l’on remarque une activité dense de la part des groupes dissidents combattant le régime syrien, mais ces jours la tension est monté d’un cran.

Or, les craintes viennent de se confirmer la semaine dernière lorsqu’une rafale de missiles en provenance du Golan syrien a atteint le territoire israélien, sans faire de victimes mais provoquant des incendies. Comme prévu Tsahal a riposté, et renforcé la défense de la région.

Selon les renseignements parvenus au commandement Nord, l’initiative de ces tirs incombe au Jihad Islamique cherchant une escalade. Ces renseignements affirment également que Téhéran en est le commanditaire, et bien plus, ses agents, présents sur place, inspirent et dirigent cette activité.

C’est l’incident le plus grave depuis bonne lurette, et la première fois depuis 1973 (la Guerre de Kippour) que des missiles atteignant la Galilée proviennent de la Syrie. Certes, le Président Assad a bien d’autres chats à fouetter, mais sous la pression du Hezbollah et de Téhéran le soutenant contre les rebelles, il doit se résigner à laisser faire, en dépit du risque de la riposte de Tsahal.

Les renseignements parvenus à Tsahal ont identifié l’instigateur de cette activité. Il s’agit de Kassem Soulimani, chef de la section « EL Koudss » dite Palestinienne, des « Guardes révolutionnaires » iraniennes. Soulimani et ses hommes dominent pratiquement la région frontalière de sorte qu’Israël n’a plus en face une armée régulière libanaise ou syrienne, mais des groupes terroristes sous le commandement direct de Téhéran.

Tsahal s’y attendait et avait pris ses précautions, y compris des plans tactiques, voire des opérations et des infiltrations éventuelles à l’intérieur du territoire syrien. En effet, un exercice de grande envergure avait été effectué récemment, prévoyant des combats en territoire syrien. Ces manoeuvres ont été divulgués intentionnellement afin de démontrer que l’on ne laisse rien au hasard.

Ceci dit, l’aspect défensif n’est pas négligé. Les préoccupations prévoient même l’éventualité d’attentats à l’arme chimique, dont une petite quantité pourrait être en possession des groupes islamiques.

Autre scénario envisagé : infiltration de localités israéliennes par des terroristes pour tuer ou prendre en otages des civiles.

Dans tous ces scénarios on reconnaît donc la façon de faire des iraniens. Toujours l’Iran, préoccupation permanente des israéliens. Le dossier nucléaire n’est pas abandonné à Jérusalem, notamment après la divulgation toute récente de paragraphes secrets de l’accord Iran-Occident, selon lesquels le contrôle de l’activité mené au site nucléaire de Ferchin sera confié exclusivement aux Iraniens eux-mêmes. Autrement dit, confier au chat la garde du lait.

Si cette divulgation s’avère exacte, ce serait une mauvaise plaisanterie et une farce de plus, entourant cet « accord historique ».