Dans un article paru vendredi, Times of Israël faisait état d’une résolution prise par l’Union pour le Judaïsme Réformé appelant à accueillir les personnes transgenres et transsexuelles avec respect et tolérance.

Cette résolution est peut-être la plus importante depuis celle votée en 1977 par ce même mouvement affirmant les droits des homosexuels.

Nous somme bien loin de ces passagers ultra-orthodoxes qui ont bloqué l’année dernière un vol New York-Tel Aviv au prétexte qu’ils ne voulaient pas s’asseoir à coté de personnes de sexe féminin.

Le seul regret que l’on peut donc exprimer est que cette souplesse par rapport à l’adaptation de la religion à la modernité ne soit pas partagée par tous.

L’existence des mouvements réformistes se justifie par le fait que la foi est une conviction, mais, que la morale, fusse t-elle religieuse, se doit d’être guidée par la raison.

La morale peut condamner un acte, comme l’adultère ou le vol, mais, a-t-elle le droit d’exclure un être humain en raison de l’état qui est le sien au nom d’un prétendu ordre naturel ?

Faut-il rappeler que ces comportements que les religieux les plus rigoristes considèrent comme « déviants » se retrouvent dans cet ordre naturel des choses ?

Ainsi, l’homosexualité a été observée chez plus de 450 espèces dont certaines aussi évoluées que les dauphins.

Comme, l’a démontré le biologiste Thierry Lodé, même chez les animaux, le sexe se construit et s’accepte d’un point de vue social. Ainsi, certains primates n’acceptent pas d’être mâles et se considèrent comme étant des femelles.

L’homosexualité tout comme la trans-identité existent donc dans l’état naturel des choses.

Condamner au nom d’une morale étriquée un état qui n’est que le fait de l’évolution naturelle n’est jamais qu’une négation des valeurs portées par la foi.

De la même façon, en quel nom refuserait t-on à une femme le droit de devenir rabbin ? En quoi l’état féminin pourrait-il constituer un obstacle à l’expression de la foi ?

Depuis Regina Jonas, première femme à avoir été ordonnée rabbin, en 1935, les choses progressent doucement.

Ainsi, en Israël, le mouvement conservateur israélien Massorti, a donné en 2012 son accord à l’ordination de rabbins homosexuels.
Après Joy Ladin, qui fut le premier rabbin ayant pris la décision de devenir une femme, il y a actuellement six rabbins transsexuels vivant essentiellement aux Etats-Unis si l’on en croit le journal Ha’aretz.

Nous devons aux mouvements réformistes juifs de mener ce difficile combat consistant à construire ce délicat accord entre les préceptes religieux et le droit des personnes a disposer d’elles-mêmes.

Il n’en reste pas moins que les religions se heurtent en permanence aux évolutions sociétales, et, tout comme Spinoza, il est parfois salutaire de considérer que le terme de vérité, fusse-t-elle religieuse, se doit de s’écrire au pluriel.