J’ai bien réfléchi et j’ai enfin trouvé un point sur lequel je suis d’accord avec le chef de la diplomatie israélienne (Lieberman est vraiment ministre des Affaires étrangères, ce n’est pas une blague…).

Suite aux déclarations de plusieurs ministres évoquant chacun leur plan de paix en totale contradiction avec la position officielle du gouvernement, M. Lieberman a vivement critiqué la cacophonie ambiante au sein du gouvernement sur la question du conflit avec les Palestiniens.

En effet, Tzipi Livni, chargée des négociations voudrait reprendre le dialogue avec l’Autorité Palestinienne, Naftali Bennett voudrait annexer unilatéralement une partie de la Cisjordanie et Yaïr Lapid menace de faire tomber le gouvernement si le bureau de Netanyahou continue d’envisager l’annexion ne fut ce que d‘une seule implantation située au-delà de la ligne verte.

Lieberman, lui, qui dans le passé avait accepté de renoncer à sa maison en Judée pour la paix et affirmé que les quartiers arabes de Jérusalem devraient être donnés aux Palestiniens, propose aujourd’hui à tous les pays arabes de venir à la table des négociations.

Vu de l’extérieur, le gouvernement actuel est supposé être le plus à droite de l’histoire du pays avec une coalition regroupant des députés qualifiés de nationalistes voire d’ultra-nationalistes, notamment Lieberman considéré dans la presse internationale et israélienne comme l’ennemi juré des Palestiniens. Par ailleurs, le Premier ministre Binyamin Netanyahou revient fréquemment sur la solution à 2 Etats, son chef de la diplomatie parle ouvertement de concessions douloureuses et l’homme le plus à droite du gouvernement, Naftali Bennett propose de donner la nationalité israélienne à plus de 70.000 Palestiniens, dans un premier temps.

Et pourtant, selon les points de vue de Washington et deBruxelles, ces discours ne sont destinés qu‘à aveugler la communauté internationale et toujours selon eux, ce gouvernement est opposé à la paix avec les Palestiniens, les annonces de constructions en Cisjordanie et à Jérusalem en seraient la preuve ultime.

D’ailleurs, lors de la célébration de la réunification de Jérusalem,  les ministres les plus à gauche du gouvernement (et même l’opposition) ont une fois de plus affirmé qu’Israël ne renoncerait jamais à la partie orientale de la ville, ce qui prouve une fois encore à nos détracteursqu’Israël ne veut pas la paix.

Chacun dit ce qu’il veut et parfois son contraire le lendemain sans que l’on sache réellement quelle est la politique du gouvernement.

Il y a un an, quand Bennett et Lapid faisaient alliance se qualifiant de frères, certains espéraient que cette union improbable allait permettre de faire voter des lois fondamentales. Mais si dans le parti de Bennett, certains ne suivent pas encore les règles du jeu politique, chez Lapid, un parti supposément « rassembleur » entre gauche et droite, on a plutôt l’impression de voir plusieurs girouettes s’agiter selon ce que décide le chef du parti, dont l’idéologie n’est encore claire pour personne.

En tant qu’israélien ayant voté pour l’un des partis de cette coalition, j’ai le sentiment justement que la cacophonie est devenue une manière de gouverner et il est plus que temps que ce gouvernement s’exprime clairement sur la question du conflit israélo-palestinien.