Je me souviens de cette campagne de Les Humains Associés placardée en 4X3 dans le métro parisien de mon enfance. Jamais je n’aurais pensé que ces trois mots résonneraient tant, 26 ans plus tard.

Nous ignorions que nous étions en guerre,
Nous ne savions pas que nous étions soldats…
A peine palpable, la terreur semblait être une lointaine rumeur.
Elle arrivait aux autres.

Elle ne touchait que des « communautés »…
Ceux qui croquent la liberté sur papier,
Ces Juifs, qui, au fond, ont l’habitude d’être persécutés,
Ces Migrants qui, au fond, ont toujours existé…

Aujourd’hui, ce sont ceux qui kiffent qui sont touchés.
Aujourd’hui ce sont nos amis qui sont recherchés.
Aujourd’hui c’est la ville lumière que l’on veut atteindre,
que l’on veut éteindre.
Et bien, comme disait mon père,
pour pointer la vraie bêtise,
« ah ça, NON! »

Nous sommes en état d’urgence,
il s’est envolé, le voile d’insouciance.
Nous n’arrivons plus à dormir,
et Nous avons beau nous frotter les yeux,
nous le vivons mal, ce cauchemar éveillé.
Témoins de l’enfer sur Terre…
Et désarmés.

Alors que faire ?
QUE FAIRE ???
je ne sais pas,
en fait je ne sais plus rien…
mais, en attendant…
Unissons Nos Cœurs !

Car je n’ai pas honte de le dire,
je crois en cette arme là.

Prière, méditation, pensée, intention,
appelez ça comme vous voudrez.

Moi j’envoie cet élan de Lumière vers Paris.
Je l’envoie vers ma génération.
Je l’envoie vers toutes les victimes de la terreur dans le Monde.
Je l’envoie vers leurs proches en deuil…
Je connais cette douleur, et je m’unis à la leur.

Il me revient ce souvenir, la perte d’un être cher,
soudainement emporté par la brutalité humaine.
Je l’envoie vers mes amis et ma famille,
De cette ville où je suis née, où j’ai grandi.
Je l’envoie vers l’Humanité toute entière.

Et du coup, puisque nous n’en sommes qu’au début,
Je l’envoie vers les victimes de l’ignorance.
Je l’envoie vers les futurs terroristes.

Ces malades, ces mutilés de l’Âme, ces terrorisés…
Ils nomment leurs opérations de mort « miracles »,
sans avoir eu la curiosité, la foi, l’intelligence, les couilles,
de goûter à la beauté de la vie.

Ce sont leurs cœurs le champ de bataille.
Et le cœur, je ne saurais comment l’atteindre autrement que par le cœur.
Le mien a mal, il pleure, il ne comprend pas,
mais il bat.
J’ai cliqué sur ce bouton,
je suis bien « safe »
ou plutôt,
je suis vivante.

Et puisque mon cœur bat, il se battra.
Alors en attendant de savoir que faire,
je profite de cet instant de vie,
pour envoyer à ces barbares,
une lettre d’Amour.

Je leur susurre des mots doux à l’oreille,
je les serre très fort dans mes bras.

Et qu’ils sentent bien mon cœur battre,
ces frères là.
Aux âmes citoyens !

« Parce qu’ils ne sont pas de l’homme ils croient qu’ils sont de Dieu. Parce qu’ils n’aiment personne, ils croient qu’ils aiment Dieu. » Charles Péguy