Le Times of Israël du mercredi 9 septembre rapportait que le dirigeant iranien, Ayatollah Ali Khamenei, a déclaré qu’« Israël ne survivrait pas au-delà des 25 prochaines années ».

Quelques heures plus tard à peine, ce même journal  publiait la réponse du Premier Ministre israélien à la déclaration de Khamenei : « Khamenei « le tyran » a tort, Israël est là pour toujours ». Mr. Netanyahu a déclaré qu’« Israël est un pays puissant, et il le deviendra encore plus ».

Le début d’une nouvelle année hébraïque est un grand moment pour réfléchir à ce qui constitue notre force nationale. Tout au long de l’histoire, les plus grandes victoires d’Israël ont été remportées lorsque nous étions en infériorité numérique et très mal équipés.

Comment donc avons-nous gagné ? Etait-ce l’esprit de combat ? En tant qu’Israélien, je peux témoigner qu’à l’opposé du portrait que les média projettent, les Israéliens ne sont pas assoiffés de sang. Cela ne se trouve pas dans notre ADN. Cependant, nous avons quand même gagné parce que nous étions unis dans un but commun.

Cela veut dire que notre avantage ne découlait pas de notre ténacité, mais de notre union. L’unité nous a donné la force d’être tenaces, et nous a fourni tout ce qu’il faut pour gagner une guerre lorsque les chances pèsent fortement contre vous. Ces jours-ci, nous sommes satisfaits, et prenons pour acquis l’existence d’Israël. Par conséquent, nous délaissons notre union, et notre force s’en trouve ainsi diminuée.

Ne nous leurrons pas : la guerre de l’Iran contre Israël n’est pas une guerre physique. C’est une guerre spirituelle, une guerre contre l’esprit d’unité. Si nous rassemblons nos forces pour nous unir, personne ne pourra nous vaincre. Et de plus, nous ne serons menacés par personne !

La loi la plus percutante que notre nation ait jamais conçue et appliquée est « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Cette loi est fondamentale non seulement dans le judaïsme, le christianisme et l’islam (avec des variantes évidentes), mais elle est le cœur de toute la pensée occidentale.

D’un certain point de vue, ce précepte est « l’ancêtre idéologique » de la Magna Carta, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, de l’humanisme, et de toutes les écoles de pensée qui font passer les droits de la société avant ceux du tyran.

L’union signifie la puissance, et le génie d’Abraham, de Moïse, et de tous nos dirigeants spirituels au fil des générations était de puiser dans cette force. Ils nous ont appris comment surmonter notre moi égocentrique et nous unir. C’est pour cela aussi que nos Sages ont pleuré la destruction du Temple, en disant que nous l’avons perdu uniquement à cause de la haine sans fondement.

Voici ce que cela résume : l’union libère une force dans laquelle les individus ne peuvent pas puiser lorsqu’ils sont séparés. C’est pourquoi nous nous sentons tellement bien lorsque nous nous unissons. Le problème est que nous ne nous unissons que lorsqu’un ennemi commun nous menace. A ce moment, nous nous tournons instinctivement, par réflexe, vers notre arme unique : l’union.

Si nous arrivons à transformer l’union en un processus conscient, nous n’aurons pas besoin de rappels prémonitoires pour nous tourner vers elle. Au contraire, les nations viendront apprendre à puiser eux-mêmes dans cette force, car chacun sait, dans son for intérieur, que l’union est l’élément qui fait défaut à notre monde aujourd’hui.

De nos jours, l’aliénation, la peur, la suspicion et la méfiance règnent en maître. Le seul antidote à tout cela est l’union. Lorsque toute l’humanité pourra fonctionner comme un seul organisme, tous jouiront de l’abondance. La nourriture et les ressources naturelles abondent plus qu’il n’en faut pour subvenir aux besoins d’une population mondiale double de celle d’aujourd’hui. Mais lorsqu’on s’implique dans des luttes de pouvoir, tout le monde y perd et les gens souffrent de la famine et meurent dans des guerres.

La lumière pour les nations que le peuple juif peut et doit apporter est la lumière de l’union. Nous avons conçu ce précepte, nous l’avons pratiqué dans le passé, et nous l’avons répandu à travers le monde. A présent, le monde s’attend à ce que nous montrions comment l’appliquer. De même que nous nous unissons instinctivement lorsque nous sommes menacés, car nous sentons que c’est là notre force, de même le monde ressent instinctivement que nous sommes faibles lorsque nous sommes séparés.

L’union est le seul « produit d’exportation » que le monde désire recevoir de nous. C’est pourquoi ils ont adopté cette devise sans réserve.

Maintenant, c’est à nous d’en faire la réalité actuelle de nos vies, non seulement pour nous-mêmes, mais d’abord et surtout pour le reste du monde, et c’est ainsi que nous deviendrons « une lumière (d’unité) pour les nations ».

Roch Hachana veut dire Roch Hachinoui (en hébreu : le début du changement). Avec tout ce qui se passe dans l’arène internationale, nous voyons que le changement est déjà en cours.

Mais nous pouvons décider de la direction dans laquelle nous voulons qu’il aille. Si nous demeurons séparés et en discorde, il continuera son cours actuel. Si nous inversons notre attitude les uns envers les autres,  et que nous développons responsabilité mutuelle et sollicitude, et si nous les répandons dans le monde, une nouvelle réalité s’offrira à nous, celle de la confiance, de l’amitié et du soutien mutuel.