Mon premier personnage habite Ramat aviv guimel. Depuis trente ans, il vote pour des partis qui prônent des négociations directes avec les palestiniens. A son sens, seuls des accords durables permettront à Israël de survivre dans la jungle proche-orientale; avec les États Unis, nos alliés, à nos côtés et débarrassés des territoires conquis et de la politique d’apartheid qui ont sapé notre moralité et amputé notre budget national.

Pour lui, un gosse qui écrit des saloperies racistes sur des mosquées est un malade issu de parents malades et vivant dans un système gangréné qui a engendré, dans un tourbillon de haine folle, Yigal Amir, Baroukh Goldstein et récemment des brûleurs d’enfants et qui forgera d’autres monstres si on n’agit pas très vite. Le lobby juif mondial à ses yeux est salutaire. La paix ôtera l’épée de Damoclès démographique de dessus nos têtes.

Mon second personnage vit sur une colline en Judée-Samarie. Sur sa terre. Celle de ses ancêtres. L’Arabe ne respectant que la force, il faut lui mettre un petit coup de temps en temps sur la tête et le tour est joué, il retourne dans sa boîte. Tu faiblis? Prépare-toi à des attentats et à vivre dans des abris comme après les accords maudits d’Oslo ou le retrait unilatéral du Gush Katif, signé ou entériné par de dangereux rêveurs. La paix, c’est Mashiah qui l’emmènera.

Pour éviter la guerre, il faut être fort en permanence. Se battre sur tous les fronts. Faire monter les juifs du monde entier en Israël. Repousser les diktats américains, construire près de Naplouse, démolir Gaza. Éduquer aux valeurs juives sous peine de voir nos enfants demain rigoler et faire des fêtes à Auschwitz. Comme les petits bourges de Tel Aviv.

Amnon Abramowich, le célèbre journaliste et Yaacov Katz l’ancien député israélien pourraient, grosso modo, être ces deux personnages.

Leur point commun? Ils sont tous les deux des blessés de guerre.

Amnon est un héros décoré de la guerre de Kippour, qui grièvement brûlé a continué à conduire son char sur des kilomètres pour sauver des vies.Yaacov, coupé en deux par un obus, a dû son salut à son officier, Ariel Sharon, qui a refusé de l’abandonner sur le terrain et l’a porté sur ses épaules au milieu des combats.

Alors qui sont les fous? Les traîtres?
Les rêveurs? Les inconscients?
Ariel? Amnon? Yaacov?

Allons donc. Juste des juifs, des israéliens, qui rêvent d’un avenir meilleur et qui pensent en posséder les clés.

Mais ce futur qui rit ne sera possible que s’ils apprennent à se connaître vraiment, à s’écouter et à parler ensemble.

Pas l’un contre l’autre. Ensemble!

En comprenant que le type d’en face, celui qui pense autrement, n’est pas nécessairement un abruti. Pas obligatoirement un obstacle non plus, mais probablement une partie de la solution.