Au quatrième jour de l’opération « Falaise Stable » (traduction libre) le mot-clé pour Israël c’est la patience. Alors que s’intensifient les tirs de missiles en provenance de Gaza et les bombardements par Tsahal, il s’avère que l’issue de l’affrontement n’est pas pour demain.

C’est actuellement une guerre de nerfs, surtout pour les dirigeants du Hamas, lesquels visiblement sont en désarroi, réfugiés bien au fond des abris souterrains de l’hôpital « Shifa », leur servant de protection. Un signe significatif: le silence total jusqu’ici de la part des chefs principaux, laissant la parole à des subalternes. Jusqu’à présent pas de cris de triomphe ou de déclarations de succès.

Cette fin de semaine, après quatre jours d’affrontements entre missiles et bombardements, s’annonce bizarrement pour les israéliens presque sous le signe d’une routine, du déjà  vu.  Certes, ce n’est plus, comme par le passé, uniquement les régions du sud qui sont ciblées par les missiles, mais aussi une bonne part du pays. Des objectifs jusque là épargnés ont subi en trois jours des centaines de missiles, dont quelques dizaines de  longue portée,

Ces missiles du type M-75, répondant  a la pénurie des missiles en provenance de l’Iran, ont atteint  Beersheva, Tel Aviv, Dimona, allant jusqu’à Hadera éloignée 116 km de Gaza.

Pour la seule journée de jeudi le Hamas a tiré près de 200 missiles, dont 140 ont atteint Israël, et une cinquantaine interceptés.

D’autre part, Tsahal a bombardé 220 objectifs à Gaza, y compris des habitations de certains dirigeants militaires du Hamas, en guise de punition pour leurs actes terroristes. Il convient de souligner que les civils habitants des maisons ciblées sont prévenus d’avance de quitter les lieux, alors que le Hamas les exhortent au contraire d’y rester, quitte à se faire tuer, ce qui servirait les besoins de propagande.

Selon une source militaire israélienne le Hamas possédait avant l’affrontement plus de 5000 missiles dont une centaine de longue portée, et il ne semble pas que les lancements sont près de s’arrêter.

Tout  laisse donc à penser qu’une opération terrestre serait imminente, peut être même les prochaines heures. Il semble que tout est près, à commencer par la mobilisation de dizaines de milliers de réservistes.

Mais faute de causer de vrais dégâts et des victimes au moyen des missiles, le Hamas entreprend d’autres actions.

Fait Presque insolite: Il a élargi et varié ses tentatives de porter des coups aux israéliens, ayant essayé ces derniers jours de pénétrer à l’intérieur du pays en envoyant des commandos d’hommes-grenouilles, armés jusqu’aux dents. Ces commandos, arrivés à la nage, ont été interceptés rapidement et éliminés à l’issue de brefs accrochages.

Quels pourraient être les objectifs tactiques et surtout stratégiques de Tsahal dans une éventuelle opération terrestre? La conquête pure et simple de la bande de Gaza n’est pas envisagée, du moins pas pour y rester. En revanche l’on peut envisager une occupation partielle afin d’éliminer les usines d’armements et de fabrication des dizaines de milliers de missiles encore en possession du Hamas. Et pourquoi pas, la « mise hors combat » des chefs  militaires, pas forcément politiques, du Hamas.

À Jérusalem on est conscient que cette poudrière pourrait exploser facilement, sous forme d’une nouvelle Intifada (insurrection populaire palestinienne), soit même d’une reprise des combats sur le front nord, ce qui est moins probable. Certes, les israéliens sont sereins et font confiance à Tsahal, mais auraient préféré  de ne pas en arriver  là.