La Fondapol, un laboratoire d’idées réputé proche de l’UMP, met à mal l’idée de la dédiabolisation du Front National dans une étude intitulée L’antisémitisme dans l’opinion publique française *.

Car si en façade, le parti tente de policer son discours et de s’affranchir des excès de son fondateur illustrés par le « détail » il y a 27 ans, cette étude de 48 pages nous apprend que les sympathisants du FN ne s’en sont pas encore éloignés. On y découvre que les pensées antisémites son bien plus présentes chez les sympathisants du FN que partout ailleurs.

Si 21% des personnes interrogées ne voudraient pas d’un président juif en France, elles sont 53% dans l’orbite du FN à le penser. Douze pour cent des personnes interrogées ne veulent pas d’un enseignement spécifique de la Shoah à l’école, 29% chez les proches du FN.

Alors oui, chez l’électeur frontiste, le diable se cache encore dans le détail.

Pour être complet, précisons que selon cette étude, les opinions antisémites sont également surreprésentées chez les sympathisants du front de gauche et chez les français musulmans ou issus de familles musulmanes, mais dans des proportions moins élevées qu’au FN. Mais ces chiffres-là aussi sont préoccupants car dans les semaines à venir, l’Assemblée Nationale et le Sénat seront invités à voter une résolution non-contraignante demandant au gouvernement français de reconnaître l’Etat de Palestine.

Cette demande légitime de faire valoir les droits légitimes des Palestiniens en vertu des résolutions des Nations Unies, vise à faire pression sur le gouvernement Likoud d’Israël pour mettre en oeuvre la solution de deux états vivant en paix et en sécurité. Mais à l’occasion de ce débat qui a déjà eu lieu dans plusieurs pays européens, il appartient aux défenseurs les plus convaincus de l’Etat de Palestine de dénoncer avec la même conviction l’antisémitisme trop souvent camouflé derrière l’antisionisme.

Car à la fin, l’antisémitisme souille la cause palestinienne. L’antisémitisme comme le racisme anti-noirs, anti-arabes, anti-musulmans, anti-blancs également abordés dans cette étude, souille la République. Et les minorités, quelles qu’elles soient, auront toutes à y perdre un jour ou l’autre.

* Cette étude de la Fondapol comprend deux enquêtes d’opinion réalisées par l’Ifop : l’une, administrée en ligne, porte sur un échantillon de 1005 personnes représentatif des Français âgés de 16 ans et plus ; l’autre, administrée en face-à-face, porte sur un échantillon de 575 personnes déclarant être nées dans une famille de religion musulmane, françaises ou non, vivant en France, âgées de 16 ans et plus.