La loi de l’État-nation d’Israël a manifestement réussi à toucher un nerf sensible un peu partout dans le monde. Mon article à ce sujet a suscité bon nombre de commentaires positifs et négatifs.

J’en évoquerai un qui en caractérise la plupart et qui soulève également une interrogation importante : « Peut-être pourriez-vous nous donner des conseils pratiques pour parvenir à l’unité, ou nous expliquer ce que cela signifie d’être dans l’unité. Je pense que beaucoup de gens sont prêts à franchir le pas, mais ils ne savent pas vraiment comment, parce qu’après le superbe article, les commentaires regorgent de controverses et d’autojustifications… »

Pour comprendre comment un changement social peut se produire dans la société israélienne, nous devons reconstruire l’histoire unique de la naissance du peuple juif. Souvenez-vous que bien plus qu’un fragment d’histoire, elle décrit la finalité globale de la création d’Israël, très pertinente à notre époque.

Il y a quelque 3 800 ans, au cœur de la Mésopotamie, l’Irak contemporain, le berceau de la civilisation humaine existait dans un esprit de fraternité naturelle et de destinée commune, en tant que famille universelle unie. La société païenne de l’époque n’aspirait guère qu’à une vie paisible où les besoins fondamentaux étaient satisfaits. Instinctivement, en se traitant l’un l’autre comme des parents, ils ont établi une société agricole prospère.

Mais une évolution drastique des désirs humains est survenue dans l’ancienne Babylone. L’« égoïsme » de l’humanité a commencé à grandir soudainement, ils ont exigé beaucoup plus de la vie. Une flambée de désirs égoïstes a rompu l’harmonie qui régnait entre les êtres humains. Leur ego se mit à les séparer et à les inciter à mettre de l’avant leur intérêt personnel au détriment des autres. Et ce fut la première crise sociale de l’humanité.

Au beau milieu de la crise babylonienne, un prêtre nommé Abraham était très conscient de ce qui se passait. Il a donc commencé à étudier les raisons et les objectifs de la croissance de l’ego humain et a découvert le système naturel dont font partie tous les êtres humains ainsi que la force naturelle qui les lie les uns aux autres.

Abraham a découvert que pour équilibrer la force négative de l’égoïsme, les humains doivent faire un effort conscient pour éveiller la force positive de connexion inhérente à la nature. En d’autres termes, les efforts communs pour cultiver l’unité au-dessus du rejet égoïste révèlent un espace spirituel entre les gens, dans lequel ils perçoivent la plénitude et l’harmonie de la nature elle-même.

Abraham a formulé sa découverte en une méthode et s’est lancé dans une vaste campagne pour la diffuser parmi les Babyloniens qui le suivraient. Sa méthode sera plus tard appelée « la sagesse de la Kabbale ».

Ceux qui se sont rassemblés autour d’Abraham étaient des représentants de toutes les nations de l’ancienne Babylone. Ils étaient, en fait, un mini-modèle de l’humanité. Et ce qui les a réunis n’était que leur désir spirituel commun de s’élever au-dessus de leurs différences égoïstes et de trouver un niveau plus élevé d’unité. Le groupe d’Abraham sera plus tard appelé le peuple d’« Israël », une combinaison des mots « Yachar » et « El », ce qui signifie « directement vers la force qui gouverne toute la nature ».

Dans la société israélienne contemporaine, et plus encore dans la société à l’échelle mondiale, les relations humaines sont plus fragmentées et divisées que dans l’ancienne Babylone. Et tout comme Abraham a rassemblé les premières personnes qui se sont reconnues dans le message d’unité au-dessus des différences, nous aussi, nous devons nous rassembler et redécouvrir le concept d’« Israël ».

Nous devons d’abord sensibiliser les gens à un niveau plus élevé d’unité comme solution à tous nos problèmes. Il nous faut promouvoir le discours social sur un avenir commun. Ces discussions doivent être menées selon des règles qui entretiennent des liens positifs : nous exprimons nos opinions librement, nous pouvons discuter, et nous ne devons pas amoindrir nos différences, et pourtant, nous le faisons comme si nous étions une famille chaleureuse et aimante qui a un but commun : l’unité au-dessus de l’ego.

Au fil des discussions, nous ressentirons forcément un éveil du lien naturel entre nous. Cette sensation est enracinée dans notre ADN spirituel, mais elle doit être activée, et seul un environnement sain et attentif nous permettra de le faire.

Plus notre unité sera solide, plus nous aurons la force d’apporter des changements significatifs dans la société, et nous pourrons exiger que les institutions publiques contribuent à cet effort socio-éducatif.

Mais l’effort de nous unir est avant tout une affaire de cœur. En plus des phases sociales et globales qui prendront graduellement forme, chacun d’entre nous doit s’identifier à notre société comme si elle était un modèle réduit de la famille humaine.

Ce qui se passe en Israël rayonne sur toute l’humanité. C’est ainsi que la nature a créé le « peuple d’Israël » et la raison des sentiments instinctifs dirigés contre Israël sur de si nombreux fronts. Nous devons initier le prochain degré de connexion humaine. Quiconque le souhaite est invité à commencer dès maintenant.