Quelques jours à peine après les horribles meurtres au Charlie Hebdo et à l’épicerie cachère, Arwa Damon de CNN a interviewé une jeune fille française d’apparence ordinaire, en jeans serrés et les cheveux flottants, ainsi qu’elle l’a décrite.

Mais cette jeune fille a déclaré que son apparence est une façade, un camouflage de ses vrais sentiments. Elle admire EIIL, adore les tueurs et rêve de se joindre à eux.

Et si nous pensons que la France est une exception, l’histoire dans The Guardian du 14 de ce mois-ci suggère que ce ne l’est pas. Le titre déclare « Presque la moitié des Britanniques ont des opinions antisémites« . Ceci n’est pas une surprise pour les Juifs britanniques comme le rapporte Reuters : « La plupart des Juifs britanniques ressentent qu’ils n’ont aucun futur en Europe« .

Il semble que nous ayons atteint un point critique, et nous devons agir rapidement et avec détermination. A ce jour, les efforts menés pour endiguer l’antisémitisme ont été très inefficaces, et même ceux qui ont réussi, ne l’ont été que temporairement.

Nous devons sortir des sentiers battus. Les déclarations ne vont pas aider : nous pouvons blâmer les antisémites autant que nous le voulons, mais si c’est ce qu’ils ressentent, nos reproches ne diminueront en rien leurs sentiments, si ce n’est le contraire.

Essayons, un instant, de cesser de blâmer les antisémites pour ce qu’ils sont. Ils ne s’en excusent pas et ne vont pas changer juste parce qu’on leur dit « Vous devriez avoir honte ! » Essayons, à la place, de nous observer et de nous demander : « Qu’y a-t-il en nous qui provoque la haine du monde entier, même de nations dont le peuple n’a jamais vu un Juif de sa vie ? »

Dans son livre antisémite, Le Juif International, le Principal Problème du Monde, Henry Ford, l’industriel, a écrit plusieurs passages qui semblent aiguiller vers la racine de sa haine.

Examinons-en trois : « Les réformateurs modernes qui planifient des systèmes de modèles sociaux sur papier feraient bien de se pencher sur le système social sous lequel les premiers Juifs étaient organisés ».

Un autre extrait intéressant est le suivant : « Tout le but prophétique d’Israël semble avoir été l’éveil moral du monde par son intermédiaire ».

Le dernier extrait que je voudrais présenter est celui-ci: « La société a une grande revendication envers le Juif: qu’il cesse son exclusivisme, qu’il cesse d’exploiter le monde… et qu’il commence à remplir … l’ancienne prophétie par laquelle à travers lui toutes les nations sur terre devraient être bénies ».

Ford, un des plus grands antisémites au monde dans l’histoire moderne, soutient, en mots simples, que les Juifs ont un engagement moral et spirituel envers le monde, et nous accuse de ne pas le remplir. En termes plus ‘juifs’, il nous blâme de ne pas être une lumière pour les nations.

En lisant ces lignes, il est aisé de voir pourquoi tous les Prix Nobel et les accolades que les Juifs ont gagné en sciences, culture et sciences sociales, ne nous donnent aucun crédit. Ils sont sans doute dignes d’éloges, mais ce n’est pas ce dont le monde a besoin, ni ce que les nations exigent du peuple juif.

Ce que le monde exige plutôt, c’est ce dont il a le plus besoin aujourd’hui: l’union. Ce mot de cinq lettres contient en lui la clef pour sauver l’humanité de sa propre destruction, pour abolir l’antisémitisme, et toute autre forme de haine.

L’unité des anciens Juifs, qui avait permis la morale mentionnée par Ford, n’était pas du genre que nous pourrions imaginer. Elle n’a rien à voir avec le communisme, le socialisme contemporain et certainement pas non plus avec l’égalité (en richesse, connaissances ou statut social).

L’unité des anciens Juifs consistait en un lien qui acceptait la diversité, encourageait les débats ardents et les résolvait en s’unissant au-delà d’eux, sous la devise : « Aime ton prochain comme toi-même ».

Lorsque nous nous unissons au-delà de nos différences, nous découvrons que notre individualité contribue à notre force collective. C’est cela la vraie signification de la responsabilité mutuelle (Arvout), qu’on a fait jurer à notre nation au pied du mont Sinaï. Nous sommes la seule nation à avoir eu une responsabilité mutuelle, à l’avoir développée, et à l’avoir perdue.

A présent nous devons la raviver parmi nous, non pas pour nous, mais pour la transmettre à toutes les nations. Tout le monde parle d’unité, mais personne ne s’unit.

Nous sommes les seuls à pouvoir et à devoir nous unir et à partager cela avec le monde. C’est ce qui mettra fin à l’antisémitisme, à l’extrémisme, au racisme et à tout fanatisme. Nous devons le faire maintenant, avant de dépasser le point critique, parce qu’on ne nous laissera pas tranquilles jusqu’à ce que nous nous unissions.

Je voudrais citer, pour conclure, le livre éternellement adéquat, à savoir Le Livre du Zohar (Après la Mort): « Vous, les amis qui êtes ici, de même que vous étiez dans la tendresse et dans l’amour auparavant, désormais vous ne serez pas séparés l’un de l’autre… et c’est par votre mérite que la paix sera dans le monde ».

 

Michael Laitman est Professeur en Ontologie, PhD  en Philosophie et Kabbale, et MSc en Biocybernétique Médicale. Il était le disciple le plus notoire du kabbaliste, Rav Baruch Ashlag (le RABASH). Prof. Laitman a écrit plus de 40 livres, traduits dans une douzaine de langues; il est le fondateur et le président de l’Institut ARI, et il est un conférencier recherché. Son dernier livre, « Comme une Gerbe de Blé: pourquoi l’unité et la garantie mutuelle sont-elles  à l’ordre du jour« , explique la racine, la cause et la solution à l’antisémitisme. Il peut être vu sur: www.michaellaitman.com.

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