Les attentats qui ont ensanglanté Paris et sa population attristent tout être doté d’un minimum d’humanité, réjouissent leurs auteurs et appellent quelques indications.

1 – Nature des assassins

Les assassins sont musulmans. Ils sont convaincus que ce qui apparait aux yeux des hommes libres comme de la terreur est à leurs yeux la juste élimination des infidèles comme condition de la résurrection du khalifa (pouvoir spirituel et temporel musulman en succession du prophète Muhamad).

Les massacres qu’ils commettent sont donc l’expression de leur fanatisme confessionnel, de leur haine et de leur suicidaire détermination. Le choix de la Syrie comme source de leurs conflits (Bilad el Shams en arabe/pays du soleil) correspond à leur mythologie sanguinaire et ancestrale. L’acronyme DAESH (Dawla Eslamya fil Shams) signifie en français «Etat islamique en Syrie», la Syrie prise comme un concept territorial étendu notamment à l’Iraq.

Nul doute que le mouvement migratoire syrien issu des violences subies par les populations civiles forme avec la terreur un plan visant à la déstabilisation des démocraties européennes.

Qu’ils soient français ou non, les terroristes connaissent parfaitement la France, ses villes et les usages qui y ont cour. Leurs déplacements en sont amplement facilités, comme ils le sont par des complicités locales.

Leurs attentats précédents commis en France consistaient à enlever, séquestrer et torturer (le jeune Ilan Halimi), tuer à bout touchant enfants et adultes (école juive de Toulouse), abattre des soldats (Toulouse), prendre en otages des consommateurs (Hyper Casher de Paris), massacrer des journalistes (Charlie Hebdo). Ces massacres concernaient des populations ciblées en raison de ce qu’elles étaient nées juives ou œuvraient comme journalistes et militaires.

A Paris, les assassins s’en sont pris à des publics non catégorisés sinon en raison de ce qu’ils étaient attablés en terrasse ou spectateurs sportifs ou artistiques.

2 – Réactivités

A – Réactivité des victimes

Jusqu’à ces derniers attentats perpétrés à Paris, les réactions civiles et publiques étaient fermes, sans failles mais rendues difficiles par la fragmentation des victimes des terroristes en Juifs, militaires et journalistes.

Les derniers attentats visant un public non discriminé, les réactions civiles devenaient plus évidentes et plus aisées.

B – Réactivité de l’autorité publique

En dépit des mesures de protection des populations ciblées par les terroristes en raison de leurs religions ou de leurs professions, l’autorité publique a pu donner, jusqu’à la déclaration du chef de l’Etat au congrès à Versailles ce 16 novembre, l’impression de ne pas suivre toujours la cadence de la violence de la terreur sur les victimes.  Déni de haine, velléité de combat, volonté de «calmer le jeu»? Toujours est-il que nombreux sont les assassins fichés et connus des services de police.

C -Réactivité de l’UE

Par son agence Frontex, l’UE assure la gestion de ses frontières. Cette gestion est si problématique que les Etats européens ont d’ores et déjà adopté des mesures de gestion de leurs propres frontières nationales.

Cette situation est un déni de Droit européen et un chaos supplémentaire qui s’agrège à celui préexistant à ces endroits. La France nécessite l’aide européenne a dit en substance le président de la république française aux parlementaires réunis en congrès à Versailles.

D – Réactivité des services de renseignements

L’une des raisons des massacres de civils désarmés consiste en l’irrégularité et en la carence des services de renseignements tant en termes de concertation qu’en termes de connexions européennes et internationales.

Face à la détermination fanatique et mystique des assassins il apparaît, in fine, que seule une réaction drastique aux plans militaires et stratégiques peut parvenir à l’éradication de ces massacres qui n’ont que trop duré.

A cet effet, le président Hollande a fait appliquer la loi du 3 avril 1955 portant instauration de l’état d’urgence. Certaines dispositions, telles que le déploiement de l’armée en mission de protection de lieux et d’établissements publics sont déjà utilisées. Cette loi conditionne les actes et investigations de police à de simples agréments administratifs en lieu de les soumettre à l’autorité judiciaire. Les activités et la rapidité des forces de l’ordre en sont facilitées.

Il a demandé ce 16 novembre aux parlementaires réunis en congrès à Versailles la prorogation de l’état d’urgence et une réforme constitutionnelle actualisant les dispositions législatives et organiques à la situation en cour.

Si les actes des pouvoir exécutif et législatif correspondent aux propos qui en émanent et si les parlementaires valident l’ordre sécuritaire nouveau présenté par le président de la république, il est possible d’être optimiste. Sinon…