Il ne reste plus que quelques heures avant Shabbat, vendredi 9 janvier, lorsque les équipes du Maguen David Adom France reçoivent l’information d’une prise d’otages en cours dans l’un des commerces cacher de Vincennes. Retour sur une semaine dramatique aux côtés de l’organisation.

La peur règne dans les rues de Paris depuis la tuerie de Charlie Hebdo, la vigilance est de mise et plus particulièrement dans les lieux de la communauté juive. Malheureusement, un terroriste pénètre à 13 heures dans une enseigne bien connue, « Hyper Cacher », et ouvre le feu.

Au MDA France, l’alerte tombe quelques instants plus tard. Décision est immédiatement prise de m’envoyer sur place. Responsable des formations, je suis également secouriste. Pendant plusieurs années, j’ai vécu sur le terrain certains des attentats les plus terribles en Israël.

Sur place, les secours sont déjà en œuvre et prennent en charge les familles des victimes dans un restaurant Subway réquisitionné par la police. Je retrouve sur place des amis de la Croix-Rouge française de Paris, qui comprennent ma présence.

Je me présente aux familles. Elles attendent dans une angoisse terrible des nouvelles de leurs proches. Un jeune homme, dont le père travaille à l’intérieur, reçoit soudainement un SMS. J’en avertis immédiatement les officiers de police de la BRI en charge de la prise d’otages.

Certaines familles lisent des téhilims, d’autres consultent Facebook en espérant trouver des informations. A l’approche de Shabbat, et comprenant que les terroristes se sont attaqués aux juifs, peuple en tant que symbole, je propose aux familles d’allumer les bougies de shabbat, réponse que rien ne pourra faire tomber notre peuple.

Je discute avec l’époux d’un otage quand une explosion retentit. Puis une deuxième. L’assaut est donné et je reconnais immédiatement des tirs d’armes de guerre.

Les otages rescapés sont immédiatement accompagnés dans une banque face à l’Hyper Cacher, où je les accueille avec les secouristes de la Croix-Rouge française et des policiers.

Premiers mots échangés avec les otages, qui racontent immédiatement ce qu’il s’est déroulé à l’intérieur. Des détails difficiles, les tirs, les morts, la peur de ne pas en réchapper.

Je prends dans mes bras un jeune homme d’une trentaine d’année. Il cherche ses amis. Se voient. Se prennent dans les bras. Pleurent. Ils sont en vie, mais l’un des leurs a été assassiné.

A l’extérieur, sous une tente, les familles attendent désormais des nouvelles des leurs, ne pouvant les rejoindre et ne recevant pas d’information. Le temps ralentit, les minutes deviennent pesantes. Certaines reçoivent un appel de leurs proches. D’autres rien.

Deux heures après l’assaut, je suis avec un officier supérieur de la police accompagné d’un psychologue du SAMU. L’annonce de la mort est un éclair, foudroyant l’existence d’une famille.

Dès le début de ces évènements, le MDA France a pris la décision d’accompagner les familles.

Lundi 12 janvier, la nuit est froide quand nous embarquons dans l’avion pour Tel-Aviv auprès des familles et des corps des disparus. Accompagnés de Victor Wintz, directeur du MDA France, et du Dr Mickaël Gilles Guetta, nous continuons à soutenir les familles.

En Israël, les autorités ont chargé le Maguen David Adom de prendre en charge les corps des quatre victimes jusqu’au cimetière de Guivat Shaoul, à Jérusalem. Sur le tarmac de l’aéroport Ben-Gourion nous attendent quatre ambulances. Destinées à sauver des vies, elles auront pour mission unique de mener les victimes de la barbarie islamiste vers leur dernière demeure, Jérusalem.

Un important dispositif de secours est également mis en place par le MDA afin de prendre en charge les 3.000 personnes venues rendre un dernier hommage aux disparus.

Près de 10 jours après l’attentat, la douleur est toujours aussi vive. La barbarie islamiste a tué 17 personnes dans les rues de Paris.
Mais notre devoir est de reprendre une vie normale. Sans laisser croire un seul instant aux terroristes qu’ils ont pu remporter une victoire.
Les familles des quatre victimes juives et leurs proches sont désormais accompagnés par les médecins et psychologues du MDA, aussi bien en France qu’en Israël.

Cette initiative du MDA France prouve une nouvelle fois que l’organisation, réagissant dans l’urgence est présente dès le début de l’attaque de Vincennes, est un soutien sans failles aux victimes du terrorisme.

Car le MDA est aujourd’hui et pour toujours, au service de la vie.