Dans un courrier de félicitation adressé au Premier ministre israélien Binyamin Netantyahu à l’occasion de sa réélection, le président de la République française Emmanuel Macron s’est cru autorisé de réclamer une modification de la politique israélienne en matière de prévention et de réaction aux actes de terreur commis sur le territoire national israélien.

Dans un entretien adressé au média américain « The Atlantic », le diplomate Gérard Araud, ancien ambassadeur en Israël, accuse l’Etat hébreu de nombreux maux, dont celui d’ »Etat-apartheid », c’est-à-dire de « développement séparé » selon le lexique afrikaans employé dans l’ancien régime raciste sud-africain.

S’agissant des exigences de Macron, il conviendrait de lui rappeler sommairement un élément historique et un élément juridique.
Les ravages produits en Israël par la Terreur ont marqué la mémoire civile de l’Etat hébreu. Le terrorisme est la réponse paradoxale aux restitutions territoriales israéliennes à l’agresseur palestinien qui ont conduit aux accords de paix avec leur Autorité.

L’indépendance israélienne de 1948 refusée par l’ensemble des Etats membres de la Ligue des Etats arabes, violée par les armées libanaise, jordanienne, égyptienne et palestinienne ont ouvert le conflit qui ne parvient toujours pas à s’éteindre. En dépit des divers gestes de bonne volonté envers ses ennemis passés ou en cours (traités de paix, restitutions territoriales, propositions refusées de partage de Jérusalem, etc) Israël est en état de légitime défense.

Israël est un Etat souverain et indépendant. Ses décisions fondamentales ne sauraient succomber aux exigences présidentielles françaises au caractère colonialiste.

S’agissant des grossièretés diffusées par l’ambassadeur Arnaud, le seul examen des institutions, des pouvoirs publics nationaux et locaux, des écoles et universités et de la rue israélienne suffirait à lui infliger une procédure en diffamation! Il est épuisant d’avoir à rappeler à Araud les règles de déontologie qui lui interdisent de propager de fausses informations par mensonge et par haine et l’astreignent au respect de la réalité des Etats auprès desquels il représente ou a représenté son propre pays.

Ces deux occurrences françaises ne sont pas isolées. Elles participent de la doxa exprimée dans de nombreux médias et par de nombreux politiques et responsables institutionnels français. Elles révèlent l’association de la pensée officielle et médiatique française aux adversaires des géopolitiques de paix, qu’elles émanent de gouvernements israéliens de droite ou de gauche.

Elles s’identifient aux sujets développés par les partisans de la destruction de l’Etat hébreu. Elles sont contrebalancées par l’intensité des échanges commerciaux, marchands, économiques, numériques, sécuritaires entre la France et l’Etat hébreu. Ces échanges reflètent plus de l’incontournabilité internationale économique israélienne que d’une quelconque sympathie à l’égard de l’Etat juif. Les exemples cités ici sont mêlés d’incongruité, d’arrogance, de falsification.

Ces exemples appartiennent aux exigences électorales pour l’un et aux piteuses nécessités de publicité d’un diplomate à la retraite pour l’autre.