L´information dont il est question dans le présent article est le fruit d´un regard personnel qui aspire à se situer au-delà de la guerre médiatique, et de la propagande tant des milieux officiels que ceux de l´opposition.

Voici quelques événements concernant le monde juif en Argentine, des 6 derniers mois avant la mort du procureur Nisman.

Est ce qu´il faut faire un lien ? Je ne sais pas. En tout cas, il y a quelque chose de pourri dans la République argentine.

Le fait que tant la communauté juive comme ses dirigeants, aient fait la sourde oreille, ou bien des dénonciations sans aucun effet et sans interventions pour empêcher l´évolution négative, semble pour le moins inquiétant.

Depuis 2012, quand l´Argentine ouvre les négociations avec l´Iran pour évoquer l´attentat contre l’AMIA, des expressions – telles que « Etat d’Israël sioniste terroriste… le grand parti politique Hezbollah accusé                  d´organisation terroriste… et de façon très subtile l’allusion à la disparition de l’Etat d´Israël en citant la proclame d´un président qui exprima sans scrupules : « maudit soit l’Etat d’Israël ! Terroriste et assasin »- prolifèrent.

On n´a pas besoin de faire partie des renseignements secrets pour avoir accès à des preuves : il suffit de voir et d´écouter les discours tenus le 18 septembre 2013 a la Mosquée Al-Tauhid sur YouTube.

Mais ce n´est qu´à partir de la dernière guerre à Gaza, et comme partout dans le monde, que les manifestations « antisionistes » prolifèrent dans tout le pays.

Puisque nul n´est prophète en son pays, les premières dénonciations viennent de l’étranger : le 25 juin 2014 on peut lire dans sur le site www.antisemitisme.org.il.

Toute cette haine a progressivement récemment émergé.

En ce moment, se multiplient les phénomènes de graffitis avec des croix gammées et des insultes sur les murs d’écoles et d’institutions appartenant à la communauté juive, et on peut même voir des graffitis qui ont été tagués sur les grillages protégeant des ambassades d’Israël devant des caméras de télévision et devant des photographes de presse au cours de manifestations organisées, entre autres, par le Parti Travailliste, le parti des Ouvriers Socialistes, Quebracho, le Mouvement des Ouvriers Socialistes et le parti « Miles ».

Ce n´est qu´un mois plus tard, le 20 juillet, que la DAIA parle de                   l´explosion antisémite dans le pays.

Quelques jours après cette déclaration, le 10 août, un dirigeant de la DAIA, Benjamin Schjman est assassiné dans la ville de Mar del Plata. Le crime se présente comme un règlement de comptes d´un employé de sa ferme.

Le 24 septembre, soit un mois et demi plus tard, le discours de la présidente argentine à l´ONU, est salué par les groupes antisionistes : ils ont bien compris.

Quelque part dans le Web, www.partiantisioniste.com publie : « La présidente argentine multiplie les actes audacieux.

En octobre dernier, le Parti Anti Sioniste avait apporté son soutien et salué le courage de la présidente, alors que la censure médiatique s’était abattue sur elle en pleine allocution à l’ONU.

Elle y dénonçait sans langue de bois la mainmise sioniste au plus haut niveau » Et les lecteurs réagissent : « j »admire beaucoup sa ténacité et son courage envers le sionisme, j’en doute pas que sa maladie est due à un empoisonnement fait par le Mossad spécialisé dans ce genre de type destructeur sans scrupule au sens propre du terme, je souhaite bien que Dieu la protège… »

Le même discours, est décrit par Pierre Assouline dans Actualité Juive :
« Dans un discours prononcé devant l’Assemblée générale de l’ONU, la Présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner a vivement critiqué la communauté juive d’Argentine d’avoir empêché l’Iran de participer à l’enquête sur l’attentat contre l’association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires »

Parmi toutes les déclarations de la présidente, il y en a une particulièrement troublante et énigmatique : « Si un jour il m´arrive quelque chose, ne regardez pas vers le Moyen Orient mais vers le nord. Cherchez ce qui se trafique dans les ambassades. »

Quelques jours plus tard, le 2 octobre, à l´Honorable Congrès de la Nation, se tient un acte en soutien de Palestine, dans le même combat que celui de la présidente à l´ONU lorsqu´elle accuse « l´usage disproportionné de la force contre la population civile palestine ».

Une semaine après, le 9 octobre, l´Unité antiterroriste argentine à arreté un suspect suite à une alerte à la bombe.

« La police avait été alertée une semaine plus tôt par Interpol de la planification d´une attaque contre le centre communautaire juif Sociedad Hebraica » Source

Le 1er novembre, le président de la DAIA, Julio Schlosser et sa femme, sont blessés par balles, dans la rue, le soir de Shabbat. Aucun doute ni questionnement : il s´agit pour tout le monde d´un fait ordinaire commis contre des gens ordinaires.

Le 9 décembre, des tombes sont profanées au Cimetière de Santiago del Estero, à l´intérieur du pays.

Le 22 décembre un boycott visant le tourisme israélien en Patagonie est dénoncé par l´INADI.

Faut-il les concevoir les incidents comme des actes sporadiques réalisés par des personnes ordinaires et fermer les yeux ? Et les discours comme la proclamation de la liberté des peuples ?

Pour le moment, il semble que le plus important est de se poser des questions. Depuis le 19 janvier on n´est plus dans l´insouciance.