L’avantage d’internet, c’est qu’on ne peut pas se cacher longtemps.

Après le sémillant Medhi Meklat et ses tweets antisémites et homophobes, voici qu’apparaît Olivier Sauton, comédien et professeur de théâtre, actuellement sur les planches et auteur lui aussi de tweets proprement abjects.

On ne s’attendait pas vraiment à autre chose de la part d’un comédien qui a co-écrit et joué dans le film « L’antisémite » de M. Mbala Mbala aux côtés des humanistes Soral et Faurisson mais c’est à croire qu’il y a une concurrence malsaine dans un certain milieu à qui écrira les tweets les plus ignobles.

A ce petit jeu, ce sinistre individu qui fait de la quenelle un geste d’insoumission se place en assez bonne position : « Je préviens mes amis juifs : en cas de déportation, EVIDEMMENT, je vous mettrai en première classe. J’ai trop le respect de vos habitudes », ou encore « à Auschwitz le #gaz avait ceci de vertueux qu’il était plus discret qu’à Rouen. On pouvait continuer à bosser tranquille. #lubrizol ». On ne sait que choisir.

Tout comme Meklat, Sauton a de la chance. Son double maléfique a publié ces horreurs en 2012 et 2013 et les infractions clairement constituées sont elles aussi prescrites.

Alors, il s’explique. Mollement. Conscient qu’il ne sera pas attrait devant la justice, il répond à la consternation par une « frustration passagère ». Des excuses minables à l’image de leur auteur.

Il est terrifiant de constater que des bloggers/journalistes (comme Meklat) ou acteur (comme Sauton) soient encensés par les critiques de BFM TV, Le Monde, Télérama (pour ne citer qu’eux), invités sur les ondes radios ou les plateaux de télévision sans que le rédacteur en chef ait pris soin de pianoter le nom de l’invité sur internet et de vérifier de qui il s’agissait.

A une époque où l’un des critères de recrutement est la page Facebook du candidat, il n’est pas un stagiaire dans la rédaction qui ait eu l’idée de procéder à cette enquête de base. On en reste coi.

Ou alors et c’est plus grave, ils l’ont fait. Ils ont « googlisé » Meklat et Sauton, ils ont lu ce que nous découvrons grâce à quelques internautes attentifs et ils ont accepté de les recevoir, les lancer, les choyer, parce que c’est tellement drôle de payer un billet de première classe à un juif pour le déporter dans un camp d’extermination.

En ce qui concerne Meklat, il apparaît – en dépit des désolidarisations en chaîne – que nombreux savaient que Marcelin et Medhi partageaient la même casquette ridicule mais n’ont rien dit parce que… Parce que quoi d’ailleurs ?

Quant à Sauton, il s’est produit sur la scène du Théâtre de la Main d’Or sous les auspices de Mbala Mbala ce qui aurait dû attirer l’attention de n’importe quel critique ou directeur de théâtre normalement constitué.

Voilà donc à quoi mène la libération de la parole antisémite, homophobe, raciste ou sexiste. A la banalisation du mal. A ce que les insultes n’en soient plus. A la négation de l’Histoire et de l’Autre. A force de s’esbaudir devant cette « provoc’ » si rafraichissante de jeunes de banlieue et de comédiens frustrés dont la gauche bo-bo rafole tant, on en vient à tout accepter, la laideur, la lâcheté, la haine. On sait mais on ne dit rien en espérant que ces ignominies resteront enfermées dans les limbes de l’internet.

Pour Meklat et Sauton, c’est loupé. A qui le tour ?