Certains observateurs de la politique israélienne déclarent de bonne foi être antisionistes tout en se défendant d’être antisémites. A ceux qui disent que l’antisionisme n’est qu’un antisémitisme recyclé, ils opposent qu’il est injuste de taxer une opinion qui ne fait somme toute que récuser le sionisme en tant que projet politique. Ils estiment donc que l’antisionisme relève de la liberté d’expression.

Tout un chacun peut critiquer Israël, mais il faut se garder de confondre l’antisionisme avec le droit de s’opposer à la politique israélienne. Il s’agit de mesurer le poids des mots. Exprimer son opposition à Israël en se disant antisioniste est une dérive sémantique qui a de graves implications, parce que c’est une transgression morale au même titre que l’antisémitisme qui devrait être proscrite.

Etre antisioniste, c’est désavouer le sionisme en tant que mouvement de libération nationale du peuple juif, entreprise humaine qui a débouché sur un Etat moderne sur un territoire qui n’avait pas été souverain depuis des siècles et qui n’avait jamais connu de démocratie.

Etre antisioniste c’est contribuer à la délégitimation d’Israël et contester le droit du peuple juif à disposer de lui-même. C’est nier les implications d’une série de dispositions juridiques relevant Droit International telles que la Déclaration Balfour, la Conférence de San Remo, la Commission Peel, la Résolution 181 et 242 de l’ONU, qui toutes ont concouru à ce que la Communauté Internationale reconnaisse le droit au peuple juif de vivre en Israël en paix dans des frontières sûres et reconnues.

Etre antisioniste ce n’est donc pas critiquer tel ou tel aspect de la politique israélienne, mais dénier à Israël le droit d’exister. C’est s’associer à la dictature islamiste iranienne et à ses filiales terroristes installés aux portes d’Israël, et qui appellent à la destruction de ce qu’ils appellent l’Entité Sioniste.

La proclamation de l’Indépendance d’Israël en 1948 constitue l’aboutissement de la longue marche du peuple juif pour recouvrer son indépendance en tant que nation, mouvement dont les acteurs ont à chacune des étapes veillé à s’assurer de la légitimité de leur démarche.

Les quatre cent mille Juifs qui s’apprêtaient à créer l’Etat d’Israël avant même la Deuxième Guerre Mondiale étaient munis de passeports de Palestine frappés du sceau de la Couronne Britannique, tout comme les arabes. Ceux parmi les Juifs qui n’étaient pas nés en Palestine y étaient venus avec des visas d’immigration en bonne et due forme, comme d’ailleurs de nombreux arabes accourus de pays limitrophes attirés par la prospérité relative qui y régnait.

Aux antisionistes qui estiment que l’Angleterre en tant que puissance coloniale avait disposé d’une terre qui n’était pas la sienne en permettant aux Juifs de s’y établir, il faut suggérer de s’en prendre aux Anglais, et non pas aux Juifs. Ceux-ci n’ont fait que proclamer un Etat légitime là où ils étaient.

L’antisionisme est un déguisement cousu de fil blanc.