Les derniers temps n’ont pas été faciles pour les Juifs.

La première nouvelle que j’ai vue sur mon iPhone en l’ouvrant après Shabbat concernait l’attaque contre le Musée juif de Bruxelles. Passer de la douceur de la cérémonie de Havdallah entouré par la famille à la réalité laide d’un tel attentat est assez frappant comme experience.

Ceci a été suivi par les nouvelles de l’attaque contre deux Juifs sortant d’une synagogue à Créteil.

Puis le coup de tonnerre de la victoire du Front national en France aux élections européennes s’est fait entendre autour du monde. Les médias de la planète entière ont fait écho à cet électrochoc. Et comment aurait-il pu en être autrement ? La France est, après tout, encore un pays qui compte dans le monde.

Pendant ce temps, dans la capital fédérale canadienne Ottawa, une exposition intitulée ‘Invisible’ met en vedette plusieurs meurtriers et terroristes, et le maire Jim Watson ne veut pas l’annuler – ou à tout le moins la faire sortir des espaces publics municipaux qu’elle occupe.

Et au Québec, un débat de la dernière année autour d’un projet de loi identitaire (appelé ‘Charte des valeurs’) a amené certains dérapages xénophobes de la part de quelques intervenants.

Pour toutes les personnes de bonne foi, il est aisé de voir comment la haine du Juif existe encore. Si certains en doutaient encore (mais qui?), la situation est claire.

L’impératif de vigilance demeure de mise.

Tout n’est pas noir

Mais tout n’est pas noir.

Les autorités françaises ont démontré une réelle volonté de lutter contre le fléau de l’antisémitisme.

Le gouvernement canadien, un modèle de lutte contre l’antisémitisme, a annoncé il y a peu la dernière étape vers la création d’un Monument national de l’Holocauste – qui sera superbe. Ainsi les millions de Canadiens qui visitent chaque année leur capitale auront un endroit pour réfléchir sur jusqu’où la haine du Juif peut mener.

Les Juifs de la Diaspora vivent pour la très grande majorité dans des pays où leurs droits sont protégés, où les autorités luttent contre l’antisémitisme. Les institutions juives hors-Israël sont fortes et bien organisées, souvent l’envie de leurs concitoyens membres de d’autres minorités.

Les Juifs continuent de faire d’importantes contributions à toutes les sociétés desquelles ils sont membres et ce, dans tous les domaines.

Le principal projet collectif juif des derniers siècles, l’État d’Israël, se porte bien. Bien sûr, le traité de paix souhaité avec les voisins palestiniens n’est pas signé. Oui, les pays du Proche- et du Moyen-Orient vivent d’importantes turbulences. Et l’Iran ne désarme pas.

Mais la démocratie israélienne est vivante. Les livres qui y sont écrits, les films qui y sont produits, les séries télé qui y sont créées connaissent du succès dans le monde entier. L’économie israélienne se porte mieux que celle des principaux autres pays du monde développé.

Un message à nos enfants

Je ne voudrais pas que nos enfants – mes enfants – voient leur condition comme étant toujours – ou même surtout – noire.

Oui il y a de l’antisémitisme. Oui, trop de gens détestent les Juifs.

Mais nous, les Juifs du monde entier, sans évidemment baisser notre garde, devons célébrer nos réussites.

Si nous luttons conter l’assimilation, c’est que nous savons que notre culture, notre religion, notre identité, notre personnalité contribuent à l’avancement de l’humanité.

Quand je parle à mes enfants de leur judaité, je ne veux pas principalement ou exclusivement être négatif. Au contraire!

Il fait bon d’être juif. Il faut savoir se le dire et le comprendre.