Depuis plusieurs années, des Français juifs constituent un objet de crimes et délits à caractère antisémite. Désormais, ils se confrontent régulièrement et en une liste non exhaustive à des enlèvements et tortures (Ilan Halimi, Paris), d’assassinats à bout touchant (enfants, Toulouse), de massacres (magasin juif, Paris)…

Les délinquants et criminels s’arrogent le droit de vie et de mort sur ces civils innocents, « coupables » à leurs yeux d’être nés juifs ! Ils nourrissent à leurs égards un magma insane de préjugés antisémites éculés et usés jusqu’à la moelle (Juifs et argent, Juifs et pouvoir, Juifs et complots…)

Les responsables communautaires font ce qu’ils peuvent pour assurer continuité et sécurité. L’autorité publique indique avoir pris la mesure de la situation sécuritaire et appliquer l’arsenal exécutif et législatif dont elle dispose à cet effet.

La communauté juive s’identifie dans son ensemble aux chocs des violences subies par les victimes, leurs familles et leurs proches.

L’identité juive, sa culture, son histoire française et universelle, ses valeurs, constituent une solide fierté. Le rejet systématique des «thèses» et plaisanteries antisémites constituent la saine réaction à cette peste qui ravage l’actualité française.

L’antisémitisme est un chancre. Il se nourrit de l’absence de réaction. Il n’avance qu’en terrain libre de toute réactivité. Son arrogance s’exprime frontalement ou pernicieusement. L’expérience atteste que chaque réaction permet de le stopper.

L’ antisémitisme est une lâcheté proférée et commise par des lâches. Les comptes-rendus de police et les dossiers d’instructions illustrent les violences antisémites perpétrées par des individus groupés contre des personnes seules, d’individus armés contre des personnes sans défense, d’attaques mortelles ou non dans le dos des victimes, d’hommes armés contre des enfants ou des femmes violées, etc.

Tous les témoignages concordent : les violences antisémites sont commises par une haine lâche et groupée à l’encontre de personnes seules et/ou sans défense.

Les causes idéologiques de l’antisémitisme et des antisémites sont le paravent sensé justifier l’injustifiable et le présenter comme un élément de défense bien connu du Droit criminel et des Droits humains. Il s’agit d’inverser la proposition en maquillant le délinquant et le criminel en victime et les victimes en délinquants et criminels.

Quelles que soient les circonstances (conversations, plaisanteries, agressions verbales ou physiques) l’antisémite est convaincu que ses cibles ont peur en général et le craignent en particulier. Le laisser s’exprimer lui permet de développer sa haine, de la diffuser et de la réitérer à l’envie. Au contraire, réagir, chacun à sa façon, toujours avec circonspection et détermination permet d’arrêter l’antisémite dans son délire diffamatoire.

Le cas des plaisanteries antisémites est l’un des éléments les plus pervers et les plus nocifs de l’antisémite.

Au premier abord, les plaisanteries antisémites sont décalcifiées et minorées en plaisanteries juives. Pourtant, la différence réside en la haine et les préjugés à l’égard des personnes et de la culture juive. Les thèmes sont les mêmes et récurrents : l’argent, le pouvoir, la pingrerie, les complots, le sang, etc.

La plaisanterie antisémite permet à l’antisémite de déverser sa haine sous couvert d’humour tout en se protégeant de toute réprobation : réprouver une plaisanterie apparaît alors comme un manque d’humour.

Or, la plupart des crimes et délits antisémites partagent avec les plaisanteries antisémites les mêmes motifs, il s’agit toujours du pouvoir, du goût du sang et d’autres abjections que nous venons d’évoquer. Les plaisanteries antisémites sont l’avant cour des violences antisémites.

Refuser les plaisanteries antisémites, c’est refuser les crimes et délits antisémites.

Les atrocités antisémites commises sur le sol français depuis plusieurs années ne peuvent rester sans réponse. Aux réactions pénales, didactiques, politiques et exécutoires peuvent s’agréger les réactions des communautés et des personnes juives. Ces réponses permettent de ne jamais baisser les bras devant ces agressions. Elles forment une défense personnelle fondée sur le salut et la dignité.

Pierre Saba