Pour comprendre la situation actuelle, on se doit de faire un léger rappel historique en rappelant les dates essentielles qui expliquent l’installation de cet antisémitisme d’après-guerre !

1945 ! C’était la Libération, l’espoir, la fin du cauchemard ! Certes les Juifs français avaient vécu l’enfer et la détestation de ceux qu’ils considéraient comme leurs frères, leurs amis, leurs partenaires dans la construction d’une Nation dont ils étaient fiers, pire ils ont dû connaître la dénonciation de ceux qu’ils considéraient comme leurs proches mais il y avait eu, aussi, ceux qui s’étaient comportés en Justes et les avaient protégés au péril de leur vie. Et cela leur redonnait espoir dans leur avenir en France.

L’espoir était tel, d’ailleurs, que, après guerre, lors de la décolonisation de la France en Afrique du Nord, l’immense majorité des Juifs du Maroc, de Tunisie et d’Algérie ont, naturellement, rejoint la métropole. Cette arrivée massive fera de la France la première communauté Juive d’Europe et une des plus importantes au monde.

La réconciliation, la reconstruction, et l’espoir étaient donc dominants à cette sortie de guerre. L’horreur avait été telle que l’on pensait : jamais plus ! Oui, ce n’était plus possible ! Jamais plus, l’antisémitisme ne pourrait prendre pied, à nouveau, sur notre continent, et notamment en France, où cette période a laissé un goût amer.

Mais la mémoire est courte !

Le premier couac, dans cet espoir retrouvé, a été marqué par les propos, inimaginables après guerre, du Président de la République, le 27 Novembre 1967.

1945-1967: 20 ans ! A peine 20 ans après l’horreur de la Shoah, les Juifs étaient, à nouveau, affublés des clichés habituels de l’antisémitisme: ils étaient «sûrs d’eux-mêmes et dominateurs»

Ainsi, depuis ce triste jour du 27 novembre 1967, où le « résistant en chef » avait levé la chape de plomb qui frappait toutes les vélléités d’antisémitisme, alors tout redevenait possible pour ceux qui ne portaient pas les Juifs dans leurs cœurs et véhiculaient les clichés habituels de l’antisémitisme. En effet, ces antisémites mis au pilori jusqu’alors, recevaient un gage d’honorabilité du plus valeureux des résistants.

Dès lors, les Juifs de France ont du vivre sur la défensive , avec un besoin continuel de se justifier : se justifier de leur fidélité à la Patrie, se justifier de l’accusation de double allégeance, se justifier sur l’usage de leurs rites, se justifier sur leurs habitudes alimentaires, se justifier sur leur réussite ( même si beaucoup d’entre eux souffrent dans les quartiers), se justifier sur les clichés qui leur collent à la peau depuis des siècles, et surtout se justifier sur leur amour pour Israël.

En un mot, se justifier sur le fait d’exister en tant que juif en France !

Les Juifs de France vécurent ainsi jusqu’au vendredi 3 octobre 1980, soir du shabbat et jour de la fête juive de Sim’hat Torah qui amenait un grand nombre de fidèles dans les synagogues. Ce jour là une bombe
( au sens propre comme au sens figuré) éclate au coeur de Paris devant la Synagogue de la rue Copernic visant, pour la première fois depuis 1945, les Juifs de France.

Un nouvel échelon était franchi dans la montée de l’antisémitisme en France. On passait de la violence verbale à la violence physique. Treize ans après le discours du Général De Gaulle !

En effet, cet attentat était le premier attentat contre les Juifs en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Quatre morts , quarante six blessés !

On ne s’en doutait pas encore mais c’était le début d’un nouveau cauchemard pour les Juifs de France.

L’antisémitisme violent s’installait en France mais il venait encore de l’extérieur, de terroristes de l’étranger. C’était certes un antisémitisme violent, mais un antisémitisme exogène.

La propagande anti-israélienne véhiculée par une extrême-gauche irresponsable, accompagnée d’une politique d’Etat ouvertement anti-israélienne, a contribué incontestablement à l’instillation puis à l’installation de l’antisémitisme en France, en laissant croire à une complaisance envers les auteurs de ces attentats..

Dès lors, les Juifs de France étaient régulièrement visés par des attentats menés de l’étranger jusqu’à ce jour du 9 août 1982 où le coeur de la vie juive parisienne était frappé par un attentat violent, rue des Rosiers, contre le restaurant Goldenberg: six morts, vingt-deux blessés. La violence antisémite se banalisait en France mais restait, encore, d’origine exogène.

10 Mai 1990 : tombes saccagées, stèles cassées, cadavre exhumé, telle est la découverte faite par deux femmes venues se recueillir dans la matinée du jeudi 10 mai 1990 dans le carré juif du cimetière de Carpentras.

Entre le 10 et le 16 mai 1990, la France se mobilise ! 250.000 français défilent à Paris, et à la tête du défilé, le Président François Mitterrand; les medias dénoncent la montée de l’antisémitisme en France ! Les Juifs sont rassurés, la France se mobilise pour leur cause.

En tous cas, le croyaient-ils ! En fait, la réalité était toute autre ! La France politique n’avait qu’instrumentalisé cette souffrance des Juifs de France à des fins partisanes, espérant ainsi « mobiliser contre le Front National et l’extrême droite » qui s’installaient sur l’échéquier politique français. Mais cela, nous ne le saurons que plus tard !

« L’affaire de Carpentras » était le premier acte violent d’antisémitisme d’après-guerre commis par des Français.

L’histoire réelle s’avèrera très différente de l’histoire officielle mais elle permettra de camoufler pendant des années la véritable origine de la montée de l’antisémitisme en France.

En effet, à la même période, pendant les années 1990, un autre phénomène émergeait de l’autre côté de la Méditerranée, en Algérie : la montée de l’islamisme radical et de sa représentation politique, le Front Islamique du Salut.

Cette période sombre des relations franco-algériennes avec l’immiscion de la France dans la politique intérieure algérienne aura pour conséquence un flux migratoire important des salafistes algériens fuyant la répression dans leur pays. Ils viendront prendre refuge en « métro-
pole », sur le territoire français, et importeront sur le sol de France un antisémitisme radical, source de l’antisémitisme d’aujourd’hui.

Le malheur est que, depuis lors, et pour des raisons que nous exposerons dans un autre article, personne dans le monde politique n’a osé, ni voulu dénoncer cet antisémitisme-là. Celui qui nous cause problème !

Depuis 25 ans, il n’y a plus de violence physique antisémite provenant de l’extrême-droite, mais une violence antisémite qui provient de l’islamisme radical complice des milieux d’extrême-gauche et écologistes (mais y-a-t-il une différence entre ces deux catégories ?). Telle est la réalité !

Ne pas vouloir nommer les choses, l’occultation de la réalité, sont les véritables causes de la montée de l’antisémitisme en France et de l’impossibilité de la subjuguer.

Et malheureusement, depuis des années, des institutions juives comme le C.R.I.F ou l’U.E.J.F accompagnent ce mensonge d’Etat comme nous l’avons entendu dimanche dernier à Créteil.

C’est ainsi que l’on a inventé un nouveau concept pour « excuser », il parait que l’on doit dire «expliquer», la montée de l’antisémitisme en France: l’importation du conflit israélo-palestinien en France.

Non ce n’est pas l’importation du conflit israélo-palestinien en France qui crée l’antisémitisme sur notre territoire mais plutôt l’importation de populations qui étaient déjà profondément antisémites dans leur pays d’origine et que la France n’a pas pu ou voulu rééduquer aux valeurs fondamentales de la République !

Pire, certains partis politiques (Parti Communiste, Verts,…) s’en sont servi à des fins politiques !

Voilà la véritable raison de l’antisémitisme en France ! Et tant que l’on n’aura pas stigmatisé ceux qui doivent l’être, ce fléau prospérera sur le territoire de notre République moribonde !

Les Juifs de France sont las des discours convenus, des propositions de circonstance, de nominations inutiles et des engagements qui ne seront jamais tenus !

Oui, les Juifs de France sont fatigués de ces paroles qui ne sont jamais suivies par des actes !

Ils sont sont las de l’indifférence nationale et de leur isolement dans la communauté nationale !

Nous savons que l’exécutif, le Président de la République et son Premier ministre, sont farouchement engagés, viscéralement engagés, dans la lutte contre l’antisémitisme, nous le savons ! Mais nous savons également qu’ils n’ont pas la majorité nécessaire pour mettre en place cette politique !

Pire encore, nous savons que, pour maintenir un semblant de cohésion à cettte majorité, ils se sentent obligés de donner des gages à ceux qui, justement, sont complices de la montée de cet antisémitisme.

Par leurs paroles, par leurs actions, je pourrais même dire par leurs exactions, les communistes et les verts sont les moteurs de ce « nouvel antisémitisme ». Et, ce n’est certainement pas par des camouflages, des faux semblants ou des arguties d’un autre temps qu’ils pourront nous
« bluffer » à nouveau.

Ces partis ont toujours été, sont et resteront antisémites car c’est l’origine même de leur idéologie. Marx (bien que juif), Proudhon ou Auguste Blanqui, dont ils se réfèrent, sont, ne l’oublions pas, les théoriciens de l’antisémitisme post-chrétien.

Les communistes ont été de tous les combats favorisant l’antisémitisme à l’exception notable de la période de la résistance. Et pour cause, car alors ces communistes résistants étaient juifs !

Il y a eu l’antisémitisme originel, celui qui est à l’origine des clichés véhiculés aujourd’hui, celui qui associe juif et capital, juif et argent, ces clichés promus par Marx, Proudhon et Blanqui !

Puis, il y a eu le soutien au pacte germano-soviétique de 1939, puis le soutien au procès des blouses blanches de Staline, puis le soutien à Gomulka en Pologne qui organisa la première purge antisémite d’après-guerre, puis le soutien aux pays arabes qui ont prêté refuge aux dignitaires nazis en fuite, puis l’appui viscéral aux états arabes dont la profession de foi était l’antisémitisme, puis le soutien aux régimes à la politique étatique ouvertement antisémite comme Chavez, et aujourd’hui le soutien aux terroristes décorés dans les Mairies communistes !

Alors, oui, ces partis ont été, sont et resteront probablement marqués de l’idéologie antisémite. Je n’attends d’ailleurs qu’une seule chose, qu’ils me démontrent le contraire !

Alors dans ce contexte que peut-on espérer ?

Le Premier ministre s’est offusqué du fait qu’après les ignobles attaques antisémites de Créteil il y eut si peu « d’indignation » de la communauté nationale. Mais ce n’est pas d’indignation dont nous avons besoin, mais d’une révolte, d’un cri de colère.

Monsieur le Premier Ministre, si cette agression avait été l’oeuvre de membres du Front National, vous pouvez être certains que les Jeunes Socialistes, les syndicats étudiants et lycéens, SOS-Racisme, le MRAP, la LDH , la LICRA, le NPA, les Communistes et les Verts auraient mobilisé des centaines de milliers de français dans les rues ! Que nos lycées et collèges auraient été paralysés, que la classe politique et les medias en auraient fait leurs choux gras pendant des semaines.

Ainsi, après le 21 avril 2002, suite à l’appel de ces organisations, des centaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue pour protester contre la présence de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle, sous le fallacieux prétexte de lutter contre le racisme et l’antisémitisme.

Je dis fallacieux, car l’année 2002 avait vu une explosion sans précédent de l’antisémitisme en France, avec une recrudescence non seulement des injures et propos antisémites mais également des attaques physiques graves contre des personnes et des synagogues.

Cette jeunesse était-elle alors descendue dans la rue pour protester, non ! Avait-elle appelé ses fidèles à se rassembler contre la bête immonde renaissante ? Encore, non !

La raison de cette mobilisation n’avait donc aucun lien avec le noble motif affiché mais n’était que bassement politique !

Puis, nous avons eu les terribles drames d’Ilan Halimi et l’assassinat de jeunes écoliers à Toulouse, l’occasion était encore offerte au peuple de France de se mobiliser contre ces crimes immondes. L’a-t-il fait ? Non !

Puis vint l’affaire Leonarda, qui certes était pénible et affligeante, mais en aucune manière ne remettait en cause les atteintes à la personne et les principes républicains et pourtant là encore, ces organisations dites « de gauche » et « humanitaires », les mêmes qui se sont mobilisées, sans compter, pour la reconnaissance unilatérale de la Palestine au gouvernement duquel appartiennent des antisémites notoires( le Hamas), ces organisations se sont crues obligées de se mobiliser sous de fallacieux prétextes !

Quand, pour la première fois depuis la guerre, nous avons entendu des dizaines de milliers de personnes qui scandaient à l’unisson « Juif, la France n’est pas à toi », quand les cris haineux à l’encontre des autorités républicaines, des franc-maçons et des juifs rappelaient tristement les «ligues» d’avant-guerre, quand cette mobilisation avait un arrière-goût de «Nuit de Cristal» soft, quand lors d’une manifestation à Toulouse en mémoire des victimes de Mohamed Mérah les représentants du C.R.I.F sont conspués par des militants d’extrême-gauche, quand nous appelions les forces républicaines à venir manifester massivement leur dégoût face aux débordements de ce «jour de colère» du 25 janvier 2014 afin d’affirmer notre attachement aux Droits de l’Homme bafoués, où étaient-ils ces «bien-pensants» ?

Non seulement ils ne sont pas descendus dans la rue, mais leur expression médiatique, d’habitude si prolixe, était devenue muette !

On aurait pu croire qu’après l’odieux massacre de Bruxelles ou l’odieuse attaque antisémite de Créteil, des hordes de français seraient descendues dans la rue, mobilisées par les «bien-pensants humanitaires», mais, Non ! A peine quelques centaines de Français, pour moitié des officiels en fonction, et pour moitié des membres d’une communauté révoltée qui venaient pleurer leurs meurtrissures dans l’indifférence citoyenne.

Car, jamais, je dis bien jamais, nous avons trouvé à nos côtés ce peuple de France ! Au côté des humanistes attachés à la lutte contre l’antisémitisme, jamais le peuple de France, sa jeunesse, ne se sont mobilisés pour soutenir la communauté juive meurtrie et violentée par la violence antisémite, jamais nous ne les avons vus descendre dans les rues de nos villes et de nos villages, battre le pavé, pour défendre les victimes de l’antisémitisme, ni même pour défendre les Droits de l’Homme au lendemain de ce triste 25 Janvier, «Jour de colère» pour les uns, et «Jour de honte» pour les autres.

Oui, c’est cela la France d’aujourd’hui, c’est cela la désespérance nationale, c’est cela l’indifférence citoyenne ! Une indifférence ciblée ! Une indifférence envers une communauté meurtrie et qui a tant apporté à la communauté nationale depuis plus de deux mille ans!

Monsieur le Président de la Réublique, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de l’Intérieur, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Mesdames et Messieurs les responsables politiques, le temps n’est plus aux paroles mais aux actes ! Le temps n’est plus à la compassion mais à la protection ! Le temps n’est plus à la tactique politique mais à l’engagement réel afin de mieux combattre ce fléau.

Des mesures concrètes peuvent être prises, mais pour cela il faut une véritable volonté politique !

Nous ne voulons plus de slogans mais des actions !

La Justice doit frapper fort avant qu’il ne soit trop tard. Déjà des milliers de nos concitoyens juifs quittent ce beau pays qu’est la France !

Ils quittent leur pays par désespérance et face à ce qui fait mal, ce qui fait très mal, l’indifférence citoyenne de nos compatriotes !