Après le massacre de six millions de Juifs par l’Allemagne nazie (chambres à gaz et Shoah par balles), tout le monde, en Occident, croyait fermement que, plus jamais, cette haine effroyable des Juifs ne ressurgirait.

Elle est pourtant revenue. Et elle se propage de nouveau, tel un cancer.
Autrefois, elle tirait son origine des cultures occidentales. Pendant des siècles, les Juifs ont subi persécutions, pogroms, expulsions dans tous les pays d’Europe. Et, admettons-le, cette hostilité à l’égard des Juifs était présente au sein même du christianisme. C’était «le peuple déicide».

Cette absurdité a été mise au rancart par Vatican II. Jean-Paul II traitait les Juifs en «frères aînés bien-aimés».

Mais cette haine des Juifs imprégnait aussi les deux totalitarismes athées du XXe siècle, le nazisme et le communisme soviétique. Dans le cas du nazisme, elle a atteint une sorte d’apogée dans l’horreur.

Antisémitisme islamiste

Or, Pierre-André Taguieff, dans son livre La Judéophobie des Modernes, nous invite «à ne pas négliger une dimension fondamentale des totalitarismes du XXe siècle qu’on retrouve dans l’islamisme radical: la définition et la mise en œuvre d’un programme de purification du genre humain. Les terribles purificateurs bolcheviques, nazis ou islamistes, conçoivent leur combat comme un travail d’épuration et de nettoyage.»

L’islamisme conjugue ainsi la haine de l’Occident à la haine des Juifs. P.-A. Taguieff dira même que «la Haine de l’Occident semble n’être qu’une extension de la Haine des Juifs».

Il est donc évident que le nouvel antisémitisme, en ce début du XXIe siècle, est islamiste. Le recensement des attentats des djihadistes le prouve: à Paris, Toulouse, Bruxelles, Londres, Marseille, Copenhague et Jérusalem, ce sont les Juifs qui sont ciblés et assassinés.

Cette Haine des Juifs, dans une branche du monde musulman, n’est pas récente. De tout temps, au sein de l’Islam, juifs et chrétiens subissaient la discrimination et, souventes fois, la persécution. Ils avaient un statut inférieur à celui des musulmans. Bat Ye’Or a bien étudié ce statut: la dhimmitude.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, le Grand Mufti de Jérusalem était un ami d’Hitler et soutenait son entreprise génocidaire.

En fait, la Haine d’Israël (antisionisme) et la Haine des Juifs (antisémitisme) sont étroitement emmêlées. En Occident, on préfère ignorer cette fusion des deux haines. Pourtant, pour l’islam radical, Israël ne doit pas seulement être anéanti, les Juifs aussi.

Matrice marxiste

Et ce statut d’État illégitime conféré à Israël est malheureusement soutenu par une large partie de la gauche occidentale et par bien des médias. Pourquoi? Parce que la gauche a plaqué sur le conflit israélo-palestinien la vieille matrice marxiste.

De sorte que, comme l’écrit P.-A. Taguieff, «le Palestinien-martyr remplace le Prolétaire en lutte dans la mythologie révolutionnaire».
Ne fermons pas les yeux: la Haine des Juifs est aujourd’hui couplée à la Haine d’Israël. Et n’allez pas croire que ce nazislamisme» n’est présent qu’en Europe. Il existe aussi chez nous. Mais il prend surtout la défroque de l’antisionisme.

Il y a, chez nous, comme en Europe, au sein de la gauche, et dans les médias, une diabolisation malsaine d’Israël qui flirte avec l’antisémitisme.