Le 12 juin 1929, Anne Frank nait à Francfort.

En 1933, les nazis gagnent les élections, et Adolf Hitler devient légalement chancelier.

Otto Frank n’est pas dupe. Cet ancien officier, décoré pour faits d’armes pendant la guerre de 1914-18, part en explorateur à Amsterdam pour tenter d’y monter une affaire.L’année suivante, sa famille le rejoint : sa femme Edith et ses deux petites filles Margot, huit ans, et Anne, cinq ans.

En mai 1940, les troupes allemandes envahissent les Pays-Bas et mettent aussitôt en œuvre leur impitoyable programme antisémite.

Pour son 13e anniversaire, le 12 juin 1942, Anne reçoit un carnet qu’elle commence à noircir en s’adressant à une amie imaginaire : Kitty.

La menace nazie se fait plus pressante. Le 6 juillet, la famille Frank se réfugie dans l’annexe des bureaux de la société d’Otto. Elle s’y cache pendant plus de deux ans. Anne continue à tenir son journal de bord.

Mais les Frank sont dénoncés. Le 4 août 1944, les Allemands les arrêtent. Ils sont d’abord envoyés au camp de Westerbork, puis déportés à Auschwitz le 3 septembre.

Edith Frank y meurt en janvier 1945. Elle ne saura jamais que ses filles ont été transférées à Bergen-Belsen. Margot succombe au typhus en février, suivie de quelques semaines par Anne.

Otto Frank survit à l’enfer d’Auschwitz. Après avoir cherché en vain sa famille, il retourne à Amsterdam. Une de ses employées, Miep Gies qui avait aidé la famille à se cacher, lui remet le journal qu’Anne avait tenu jusqu’au 1er août 1944, trois jours avant son arrestation.

Seuls 5 000 juifs sur les 110 000 qui vivaient aux Pays-Bas avant la guerre ont survécu.

Le Journal d’Anne Frank est publié en néerlandais en 1947. Le témoignage de cette petite fille juive de 15 ans a été traduit, édité et réédité depuis aux quatre coins du monde.

Anne Frank avait verbalisé cette terrible interrogation : « Je me demande sans cesse s’il n’aurait pas mieux valu pour nous que nous ne nous cachions pas, que nous soyons morts aujourd’hui pour ne pas avoir à supporter toute cette misère et surtout pour épargner les autres. Mais cette idée nous fait trembler, nous aimons encore la vie, nous n’avons pas encore oublié la voix de la nature, nous gardons encore espoir, espoir pour tout. »

La petite fille de 15 ans avait ajouté : « Je ne veux pas, comme la plupart des gens, avoir vécu pour rien. Je veux être utile ou agréable aux gens qui vivent autour de moi et qui ne me connaissent pourtant pas, je veux continuer à vivre, même après ma mort ! »