En l’an 1077, l’empereur Henri IV d’Allemagne eut la curieuse idée de proclamer la déchéance du pape Grégoire VII. Une action aussi absurde et stupide que celle des initiateurs de notre actuel BDS anti-israélien. La réaction du pape fut immédiate. Il excommunia illico presto cet impudent souverain.

Lequel, désavoué par ses proches et son peuple dut se rendre à Canossa où résidait le Saint-Père pour le supplier de le pardonner.

Le pape le laissa attendre trois jours dans le froid de janvier en tenue de pénitent et pieds nus avant de lui accorder son pardon.

De cette histoire édifiante est sortie l’expression : Aller à Canossa, c’est-à-dire s’humilier pour se faire pardonner une faute.

C’est ce qui est arrivé ces jours derniers à certains de nos concitoyens parmi les plus éminents.

Il faut rendre hommage aux Israéliens qui ont été bien moins sévères que le successeur de Saint-Pierre à l’égard de ceux qui les ont grandement offensés en se pliant aux dictats de leurs ennemis, l’un en promettant haut et fort dans une assemblée ad-hoc de mettre un terme au contrat qui le liait à l’une de leurs plus importantes entreprises, les autres qui ont refusé à un groupe d’étudiants israéliens menés par leur professeur, la possibilité de se rendre à Paris, au musée du Louvre ainsi qu’à la Sainte chapelle.

L’un s’est rendu sur place, les autres ont rectifié le tir par correspondance.

Mais la question est posée.

Jusqu’à quand des chefs d’entreprises et des fonctionnaires de haut-rang se laisseront-ils manipuler en se pliant à la campagne menée par des organisations vouées à la diabolisation et à la délégitimation de l’état des Juifs, quittes à venir ensuite s’en excuser ?

Combien de pharmaciens obéiront ils à la circulaire que leur ont adressé les initiateurs de ce fameux BDS, leur intimant l’ordre de ne pas vendre les produits de la marque TEVA, basée en Israël et qui est la plus importante du monde pour la fabrication de médicaments génériques ?

Quand nos gouvernants prendront des mesures pour mettre un terme à ce cirque odieux et nauséabond qui déshonore notre république ?

Ne voit-on pas que la vraie raison de ce boycott injustifiable d’Israël est tout d’abord un retour en force de l’antisémitisme et que par cette fixation pathologique sur l’état juif, on veut détourner contre lui l’attention des peuples, alors que des massacres sauvages sont accomplis tous les jours par le djihadisme international qui veut conquérir le Moyen-Orient et le monde au nom d’une idéologie mortifère ?

Notre ministre des affaires étrangères Laurent Fabius pleinement conscient de ce danger a affirmé hier à l’occasion de sa visite-éclair avec les autorités algériennes, la nécessité de l’union de tous pour lutter contre ce fléau qui menace l’ensemble de l’humanité.