Derrière les déclarations de soutien à Israël de la chancelière allemande, Angela Merkel, se cache une réalité beaucoup plus sombre. 70 ans après avoir tenté d’effacer le Peuple Juif de la surface de la terre, l’Allemagne voit resurgir la Bête immonde. Celle qui l’a conduit vers l’abîme au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Une étude révèle que l’antisémitisme gagne du terrain sous couvert de délégitimation de l’État d’Israël.

La visite éclair de la chancelière allemande, Angela Merkel, en Israël, intervient au moment où la Deutsche Bank allemande a choisi d’inclure la Banque Hapoalim israélienne dans « sa liste noire ».

La société externe chargée de trier les bons et les mauvais partenaires de la grande banque allemande a, ainsi, pris la décision de classer son homologue de l’État Hébreu dans la catégorie des méchants.

Raison évoquée : la Banque Hapoalim investit une partie de ses capitaux dans les localités juives de Judée-Samarie. Résultat, l’établissement financier israélien fait partie d’une liste de 16 entreprises exclues de « l’ETF ethique », nouveau produit financier mis en place par la Deustche Bank.

Cette affaire s’inscrit plus largement dans un climat de défiance des élites allemandes envers les Juifs et l’Etat d’Israël. Près de 70 ans après la Shoah et la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’Allemagne flirterait-t-il avec ses vieux démons ?

Il est encore trop tôt pour répondre à cette question par l’affirmative, mais selon une étude menée par la professeur Monica Schwarz Prizel, on assiste à une montée du sentiment antisémite en Allemagne.

Cette linguiste de l’université de Berlin a épluché les mails et autres courriers envoyés à l’ambassade d’Israël de la capitale allemande sur la période 2002-2012.

Au terme de ces minutieuses recherches, Monica Schwarz Pilzer a recensé près de 14 000 mails et lettres à caractère antisémite envoyé à l’Ambassade et 2000 autres destinés aux représentations israéliennes, toujours basées en Europe.

Pour mener à terme ses travaux, la chercheuse s’est joint les services de l’historien américain, Yéhouda Reinhertz, ancien président de l’université du Massachusetts. Leur collaboration a permis de dresser un morphotype de l’antisémite allemand du XXIe siècle.

Ainsi, sur les 14 000 mails reçus par les services de l’ambassade, 60% proviennent de professeurs ou de personnes à haut niveau de qualification. 80 % des contenus des messages sont clairement anti-israélien.

Autre chiffre plus surprenant, 3% des lettres envoyées ont été écrites par des sympathisants de l’extrême-droite allemande. « Nous avons été surpris de constater que les messages ont été transmis par des personnes, entre guillemets, du mainstream, des professeurs, des avocats, des prêtres ou des étudiants » affirme la professeur.

Tous ces intellectuels reprennent les poncifs connus de la rhétorique anti-sioniste. Ils dénoncent, ainsi, dans leurs messages, la politique de « colonisation » israélienne en terre palestinienne et accusent, entre autres, « l’Etat d’Israël de voler la Terre des Palestiniens ».

Dans une des lettres, certains allemands n’hésitent pas à comparer les israéliens à « des nazis ». La chercheuse fait, justement, remarquer qu’au cours de l’Histoire, « l’antisémitisme ne prend pas racine dans la rue mais parmi les élites ».

Ainsi, selon cette étude, le profil de l’antisémite allemand correspondrait à un universitaire qui n’éprouverait aucune honte à exprimer publiquement ses idées révisionnistes et négationnistes.

Et Monica Schwarz Prizel de conclure, « l’antisémitisme est ancré dans la culture occidentale depuis 2 000 ans. Les chrétiens vivent toujours avec cette idée inconsciente que les juifs ont tué Jésus.

On note ces dernières années une résurgence du sentiment anti-juif au travers de la délégitimation de l’État d’Israël, si bien que le problème juif est aussi devenu le problème israélien ».

Source (Haaretz)