La section de cette semaine traite entre autres du service à l’extérieur du Tabernacle et plus précisément des animaux qui ont été consacrés comme offrandes.

Nous verrons, en étudiant ces versets, que la Thora nous demande de respecter les animaux et de les considérer presque comme des êtres humains.

Chap. 17, V. 3 et 4 : « Tout homme de la Maison d’Israël qui abattra un taureau, un mouton ou une chèvre dans le camp, ou qui’ l’abattra en dehors du camp, mais ne l’a pas apporté à l’entrée de la tente d’Assignation pour offrir en offrande à Hachem devant le Tabernacle de Hachem, ce sera considéré comme une effusion de sang pour cet homme ; il a versé du sang et cet homme sera retranché du sein de son peuple. »

Nous savons qu’avant Noé, l’homme n’avait pas le droit de tuer des animaux pour les consommer ; c’est seulement après le déluge que Dieu en a donné l’autorisation à Noé en concluant une alliance avec lui comme il est écrit dans la Genèse, chap. 9, V. 3 : « Tout ce qui meurt et qui vit sera nourriture pour vous : comme l’herbage vert, Je vous ai donné. »

Le verset suivant nous donne déjà une indication sur la perception de l’animal par la Bible : Gen. Chap. 9, V. 4 : « mais une chair avec son âme, son sang vous ne mangerez pas. »

Nous comprenons donc que l’animal a une âme.

Le Rav Haïm Ben Attar est un des premiers penseurs qui parle de l’âme des animaux.

Revenons au verset de notre section où il est écrit « ce sera considéré comme une effusion de sang pour cet homme. » Nous pouvons aussi traduire cette partie du verset par « cet homme sera considéré comme un meurtrier. »

Rachi explique à propos de ce verset : « Comme celui qui verse du sang humain et qui s’est rendu coupable dans son âme. » Il précise que les hommes « n’ont été autorisés de disposer de la chair des animaux que pour des buts précis : l’expiation (par le sacrifice animal), la nourriture, le remède ou toute autre fin utile à l’homme. Mais l’abattage sans aucune utilité est considéré comme un meurtre, non pas, certes, comme le meurtre d’un être humain (auquel l’abattage d’un animal ne saurait être comparé) mais comme un versement de sang illicite. »

Le Rav Haïm Ben Attar (Rabbin marocain, 1696-1743) est un des premiers penseurs qui parle de l’âme des animaux. Ainsi il met l’accent sur la différence entre la nature de l’âme des animaux domestiques et celle des bêtes sauvages et volatiles. « Alors que le principe vital des espèces sauvages est contenu dans le sang, l’âme des animaux domestiques est d’une nature plus évoluée et elle se rattache à certains facteurs autres que le sang. »

Le Rav Munk nous enseigne que : « c’est pourquoi la Thora rappelle ici que l’âme de toute chair est son sang. Le sang des animaux, tels que les bêtes sauvages et les volatiles, qui « contient l’âme » sera couvert de terre par respect pour l’âme, de même qu’il a été ordonné d’ensevelir le corps humain par respect pour lui. »

Nous comprenons par ce texte et les commentaires qui s’y attachent que l’animal doit être respecté car il a une âme.

Victor Hugo avait en quelque sorte illustré cette section en écrivant : «Regarde ton chien dans les yeux et tu ne pourras pas affirmer qu’il n’a pas d’âme.»

Chabbat Chalom

Eric Gozlan