Je pleure un ami, un homme d’exception, à la voix inoubliable, à la présence si précieuse.

Fondateur du 1er comité de la communauté juive de Sarcelles, il a été médecin et tous ses fils ont choisi la médecine sauf sa fille Maya, écrivaine, romancière.

André Nahum fut tour à tour médecin à l’hôpital Charles Nicolle de Tunis, puis à Sarcelles, tout en exerçant un nombre d’activités qui épuiseraient plus d’un.

Auteur de plusieurs ouvrages, il avait écrit un magnifique petit livre qu’il faut relire : Juifs de France : la Tentation assimilation (éd. de Passy, 2007) et qu’il avait simplement dédié : à ma descendance.

Il était aussi l’infatigable chroniqueur publiant chaque semaine un billet d’humeur sur les questions de géopolitiques les plus graves, et produisait depuis des décennies sur Judaïque FM l’émission littéraire «l’étoile et le jasmin», où il reçut sans nul doute plusieurs centaines d’auteurs.

Il était aussi un ardent défenseur d’Israël mais lucide, évoquant si souvent ses craintes devant tous les dangers qui lui faisaient face dans de très nombreux billets.

Sa conscience professionnelle dans tous les domaines était telle, qu’il lisait les livres de la première à la dernière page et que les émissions étaient toujours trop courtes pour venir à bout de ses questions merveilleuses et si profondes.

Mais ce n’est pas tout, il fut aussi ancien maire adjoint de sa ville. Cette ville avec laquelle il avait scellé un pacte d’amour à en croire ses innombrables responsabilités locales comme celui de président des comités de l’AUJF Sarcelles auprès de la loge B’Nai Brith René Cassin, de président fondateur de l’ACIV. Mais ce n’est pas tout, il avait aussi fondé l’amicale des médecins juifs de France AMIF.

En 2012, à la sortie du film sur Young Perez signé Jacques Ouaniche, où le boxeur Brahim Asloum jouait le rôle titre, André Nahum a voulu défendre la mémoire du « vrai » Young Perez, ce boxeur tunisien déporté à Auschwitz dont il avait révélé l’histoire dans un livre, qu’il réédita alors sous le titre Young Perez Champion, de Tunis à Auschwitz (éd. Télémaque).

Ce n’est qu’hier que j’ai appris son âge : 94 ans, alors que je lui en donnais facilement dix de moins.

Avec ses enfants et ses amis de longue date, je pleure un grand Monsieur, un homme pour les autres, qui avait consacré sa vie à l’humanité de par sa profession, au peuple juif, à sa famille très aimée et à l’Etat d’Israël. Mais au fond de lui, brûlait un autre amour, celui pour sa Tunisie natale. André Nahum, que l’étoile et le jasmin portent votre belle et grande âme vers Olam aba et que votre nom soit consolation à ceux qui vous aiment.