Le raisonnement selon lequel il vaut mieux un mauvais accord que pas d’accord avait déjà été suivi il y a 77 ans à Munich par Daladier et Chamberlain et nous connaissons le résultat. Il va de soi que l’histoire ne se répète pas mais elle peut bégayer avec d’autres belligérants.

En laissant intactes les infrastructures nucléaires et en levant les sanctions économiques, cet accord est une victoire pour Téhéran. De quoi envenimer les relations entre l’Iran et les pays arabes sunnites et attiser les tensions avec Israel.

Barack Obama a une idée en tête : re-dessiner le Moyen-Orient au gré d’un changement d’alliance et avoir un accord historique pour partir la tête haute après les déconvenues de la diplomatie américaines.

Quel changement de stratégie !

En juin 2010, les Etats Unis obtenaient le vote d’une résolution par le Conseil de sécurité de l’Onu exigeant que « l’Iran cesse toutes ces activités d’enrichissement ». 

Aujourd’hui, l’administration Obama et la communauté internationale reconnaissent le « droit » de l’Iran à l’enrichissement de l’uranium. Allez comprendre….

Résultats :

L’Iran conserve la quasi-totalité de son infrastructure nucléaire, dont personne ne peut croire qu’elle est seulement à vocation civile, obtient la levée presque immédiate des sanctions économiques et voit disparaître tout risque de confrontation militaire avec les Occidentaux.

Cet accord ne freine pas mais accélère la prolifération nucléaire. Il est limité dans le temps (dix ans) et entérine de fait l’existence des multiples infrastructures nucléaires iraniennes.

Concrètement, les rivalités entre Sunnites et Chiites iront en s’exacerbant car si l’Iran peut avoir la bombe en quelques mois, les autres pays de la région voudront aussi une telle arme et le Moyen Orient se retrouvera dans un équilibre de la terreur.

Et pourtant, cela fait 20 ans que l’Iran nie l’existence de son programme et ne donne aucune réponse à l’AIEA (Agence internationale pour l’énergie atomique) sur son volet militaire. L’Iran refuse toujours aujourd’hui l’accès à certaines installations clés. Et l’accord entérine cela.

De plus, l’existence des deux plus importants sites d’enrichissement d’uranium, Natanz et Fordo, a été tenue secrète pendant des années et a été révélée par des opposants au régime.

L’accord autorise aujourd’hui Téhéran a continué à faire tourner des milliers de centrifugeuses enterrées profondément sous la montagne de Fordo sans pouvoir les contrôler.

Dans dix ans, quand l’accord aura expiré, l’Iran pourra développer sans limites la production de matériaux nucléaires.

Benjamin Netanyahu, devant le Congrès américain, affirmait, « c’est un problème de sécurité pour vous et de survie pour nous », il a raison. Le même Benjamin Netanyahu, depuis des années, averti que l’Iran investit des dizaines de milliards de dollars pour se donner les moyens de fabriquer des armes atomiques et est proche d’avoir une bombe.

Et pourtant, malgré ces mises en garde, les diplomates occidentaux, en faisant venir la diplomatie iranienne à la table des négociations, sont persuader de renforcer le camp des modérés au sein du régime iranien. Ces mêmes experts expliquent que ce pouvoir a changé au fil des années et qu’il va s’ouvrir maintenant plus encore.

Quelle naïveté quand on entend les dirigeants iraniens évoquer la nécessité d’un «grand Iran»… et promettre de «rayer Israël de la carte»!!! La levée des sanctions économiques ne fera que renforcer un régime contesté par une majorité de la population et souvent réprimé dans la terreur.

Personne n’est contre un accord, mais tout le monde souhaite un bon accord. Si l’Iran n’a pas l’intention, comme il le proclame, de se doter d’un arsenal nucléaire, il n’a pas besoin de conserver des milliers de centrifugeuses et des centaines de tonnes d’uranium enrichi. Il n’a pas de raison, non plus, d’interdire les inspections de ses sites.

Pourquoi aussi, puisque l’Iran devient si fréquentable, ne pas lui demander de reconnaitre l’Etat d’Israel ce qui permettrait, peut être, d’enclencher une dynamique de paix à long terme dans la région ?

Les diplomaties occidentales ne doivent pas oublier qu’Israël est leur meilleur allié dans cette région agitée.

C’est une région vitale pour la sécurité énergétique mondiale en raison de la dépendance excessive des pays européens en matière de pétrole en provenance du Moyen Orient.

Les pays occidentaux peuvent scander « plus jamais ça » lors des commémorations de la Shoah mais dans les faits depuis la création de l’Etat d’Israel le « plus jamais ça » s’est fait, non pas grâce au devoir de mémoire, mais plus prosaïquement avec des F16.

L’Occident ne doit pas oublier ses racines car si Israël est perdu, alors ce sera l’ensemble du monde occidental qui sera perdu aussi.

Comme le disait Churchill : « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ».