La prestigieuse conférence d’Herzliya est arrivée hier soir à sa fin. Chaque année s’y rencontrent en grande pompe les personnages clefs de la politique israélienne, internationale et d’autres acteurs.

Les classiques de l’actualité israélienne ont été abordés : la menace iranienne vue et revue par le chef d’état major Benny Gantz et le ministre de la Défense Boogie Ayalon sans oublier de trop nombreux forums de discussion, les innovations israéliennes, la menace terroriste, les liens Israël-Union européenne-États-Unis, etc.

Les journées se suivent et se ressemblent entre discours d’ouverture, conférences et forums d’échanges. Les titres des discussions et noms des intervenants souvent prometteurs cachent une heure et demi de long discours.

Avant-hier se sont retrouvés sur scène, Alan Dershowitz, professeur de droit à l’université d’Harvard, fervent avocat d’Israël, Dr. Nabil Shaath, ancien ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Mr. Zvi Hauser, ancient secrétaire de cabinet du premier ministre, Mr. Ari Shavit, journaliste au quotidien Haaretz et Yossi Kuperwasser, directeur général du ministère des Affaires stratégiques.

Tirer les leçons nécessaires du fiasco des dernières négociations n’est pas une mince affaire mais telle est leur mission. Inutile de préciser les divergences d’opinion entre intervenants, et pourtant, la lumière au bout du tunnel semble perceptible.

Sur quoi négocient-ils ? Quatre mots : frontière, réfugiés, sécurité, Jérusalem. Palestiniens et Israéliens s’accordent à dire que les extrémistes trop présents de chaque côté nuisent à une entente future.

La langue de bois a été brisée par Alan Dershowitz et Ari Shavit, le premier expliquant clairement la nuisance perpétuelle du mouvement BDS dans de possibles pourparlers – les Palestiniens recevant un soutien international grandissant, ne sentent plus la nécessité du moindre effort- le faux prétexte des colonies, précisant que les agrandissements sont faits dans des zones qui de commun accord resteront pour Israël et ajoutant que la question des réfugiés palestiniens est certainement plus délicate.

Le passé prouve que vider des zones d’habitations est une corvée moins ardue que d’expliquer à 5 millions de personnes que ‘non, ils ne retourneront pas sur la terre de leurs grands-parents’ (dans le meilleur des cas).

Le statut de réfugié étant accordé de génération en génération l’histoire sans fin nous pend au nez.

Ari Shavit exprime à voix haute ce que les biens pensant chuchotent, ni Mahmoud Abbas ni Binyamine Netanyahou ne veulent d’un accord. La composition actuelle du gouvernement israélien le prouvant.

Les dernières négociations ont échoué non pas suite à des désaccords fondamentaux – les échanges de territoires, frontières à tracer en cas d’accord sont connues de tous, comme l’a plusieurs fois expliqué l’ancien ambassadeur d’Israël en France Eli Barnavi, mais à cause de la mauvaise volonté des deux partis poussés à bout par un intermédiaire américain ignorant que sans préparation les négociations sont vouées à l’échec, Oslo 2000 faisant office de preuve.

Quelles leçons à retenir ?

Nous n’arriverons à aucun accord dans la configuration actuelle, il faudra attendre de véritables hommes d’État et non hommes politiques de chaque côté prêts à mettre en jeu leur place pour l’avenir du Moyen Orient, faire de petits pas avant de vouloir conclure un accord qui sera “le der des der” et que les extrémistes pensant que des mètres carrés de terres valent plus que la paix se taisent.