Un Jardin d’Éden dans le Golfe Persique ou dans le Nord de l’Iran ?
Quels indices géographiques pouvons-nous retirer du texte de la Genèse ?

Selon le récit de la Genèse (2-8 à 2-14), un fleuve traverse le Jardin d’Éden pour ensuite se ramifier en quatre bras. Les quatre fleuves issus de celui qui passe dans le Jardin d’Éden sont : a) le Tigre b) l’Euphrate c) le Pîshône – que certains commentateurs anciens ont identifié au Nil – et qui contourne la terre de hawîlâh (le désert arabique ?) d) le Gîhône qui contourne la terre de koûsh (l’Afrique). Le Jardin d’Éden se trouverait également associé à un endroit élevé où poussent des figuiers, les feuilles de figuier ayant servi à couvrir la nudité de l’homme et de la femme.

Or, les sources d’eau à proximité de celles du Tigre et de l’Euphrate en Asie Mineure sont très modiques. C’est ce qui a poussé des historiens à avancer que le jardin d’Éden se trouverait non pas à la source de ces quatre rivières, mais à leur embouchure !

Un Jardin d’Éden dans le Golfe Persique

Quelqu’endroit élevé dans le Golfe Persique recueillant le Tigre et l’Euphrate et peut être une île au large du Golfe ont poussé des chercheurs à identifier l’île de Bahreïn au Jardin d’Éden (l’hypothèse de Dilmoun). Cette thèse a été critiquée par l’ensemble des historiens vu le peu de solidité de ses bases.

Une autre hypothèse à peine plus convaincante prend en considération des vestiges d’exploitation rurale datant d’il y a de cela sept à huit mille ans dans les vallées aujourd’hui asséchées de Wadi Batin en Arabie Saoudite et Karun en Iran a été proposée par Zarins.

Wadi Batin et Karun seraient identifiables aux fleuves Pîshône et Gîhône mentionnés dans la Genèse. Le Jardin d’Éden se situerait donc dans la région de convergence du Tigre, de l’Euphrate, et des vallées desséchées de Wadi Batin et de Karun, région du Golfe Persique submergée.

Les légendes qui émanent d’un fait réel n’en retiennent souvent que les aspects les plus frappants. Dans le cas du Jardin d’Éden, sa richesse en eau due à la confluence d’importants cours d’eau et sa végétation luxuriante laissent supposer qu’il pourrait se trouver au sein d’une région particulièrement aride. Cette dernière hypothèse pourrait être renforcée par le fait que le Jardin d’Éden aurait constitué une oasis inimaginable en pays désertique.

Rappelons que dans la version assyrienne de l’épopée de Gilgamesh, Uta-napishtim (le personnage de Noé) finit ses jours au loin, à l’embouchure des fleuves alors que dans la version sumérienne, il est placé à Dilmoun. Cette hypothèse conjugue donc les deux versions de l’épopée de Gilgamesh.

Toutefois, elle n’explique pas la mention du pays de koûsh (l’Afrique) en rapport avec le fleuve de Gîhône bien qu’il ait été suggéré que koûsh fait référence non pas à l’Afrique ou à l’Éthiopie, mais au pays de Kashou dans les montagnes de Zagros, d’où le peuple des Kassites – qui a envahi la Mésopotamie pour l’occuper il y a de cela plus de trois mille cinq cents ans – est originaire.

Un jardin d’Éden au Nord de l’Iran

David Rohl situe le Jardin d’Éden au Nord de l’Iran, dans la vallée drainée par la rivière Adji Chay nom signifiant eaux amères, également appelée Meidan Chay. Le terme persan Meidan signifie également parc clos ou jardin emmuré. Précisons que le terme grec paradisios signifie jardin, que le terme hébraïque paredéss signifie également jardin ou verger cultivé et que le terme persan paridaeza signifie parc clos.

Selon David Rohl, la vallée d’Adji Chay pourrait constituer la source des quatre fleuves de l’Éden pour les raisons suivantes :
Le Tigre et l’Euphrate prennent leur source non loin du lac Van en Asie Mineure.
Le Gîhône ne serait nul autre que le fleuve Arax qui se déverse dans la Mer Caspienne. Selon la Bible, ce fleuve traverserait le pays de Koush.

Or, la montagne qui se trouve au Nord de la ville de Tabriz au nord de l’Iran porte le nom de Kusheh Dagh ou montagne de Koush. Koush pourrait être également identifié à la Terre des Kassites, peuple de montagnards qui envahit la Mésopotamie et y régna du XVIIe au XIIe siècle avant l’ère courante.

Enfin, le Pîshône serait identifié à la rivière Uizhun connue sous le nom de Kezel Uzun signifiant “or long”. Le terme iranien uzun signifie or brun ou or et il se pourrait que cette couleur fasse référence à l’or. Selon la Genèse, ce fleuve encercle le pays de Havila ou se trouve l’or.

Selon la théorie de David Rohl, Pishône ne serait que la déformation d’Ishun ou d’Uizhun.
Rohl a cherché à identifier le royaume d’Aratta mentionné dans les épiques sumériennes d’Enmerkar, roi-héros de la ville d’Uruk en Basse Mésopotamie. Rohl décida d’emprunter le chemin relaté dans les poèmes sumériens d’Enmerkar, chemin qui aurait permis de conduire le héros de l’Élam dans le Sud iranien jusqu’au royaume d’Aratta au Nord.

Les sept chaînes de montagnes dans le récit d’Enmerkar séparant Uruk du royaume d’Aratta sont identifiées par Rohl qui finit par aboutir à la région d’Urartu au Nord de l’Iran, région qu’il assimile au royaume d’Aratta. Le fleuve d’Aratta qu’aurait traversé Emmerkar pourrait être identifié à la rivière Adji Chay.

Source : http://www.ldolphin.org/eden/

Il y a cependant un bémol à la théorie de David Rohl. La région où la rivière Adji Chay se jette dans le lac salé d’Ourmia est un paysage de désolation au même titre que celui de la Mer Morte en Israël… Cela contraste fortement avec l’idée d’un Jardin d’Éden abondant en toutes sortes de fruits.

Source : http://www.ramsdale.org/dna6.htm

Le pays d’Aden au Sud de l’Arabie, l’antique Adana au Sud de l’Asie Mineure, Iddoun près de Haleb en Syrie ou encore la plaine de Babylone Eddin pourraient également faire l’objet de spéculations quant à l’un des emplacements possibles du Jardin d’Éden, mais les fondements à cet égard sont fragiles.

Les légendes et les mythes abondent. La fascination avec le lieu mythique du jardin d’Éden peut mener à des conclusions singulières…

Toutefois, aucune des hypothèses précitées n’est satisfaisante.