Pas de bras, pas de chocolat, vous connaissez ?

Pour les Start up, c’est pareil ! Non pas qu’il faille du chocolat pour créer sa créer sa Start up mais UNE IDÉE comme nous l’avons vu la semaine dernière.

Il ne s’agit pas ici de n’importe quelle idée mais une de celles qui tiennent la route et qui sont une réponse à un besoin non satisfait.

Je vous le dis tout de suite, le moule à fallafels qui donne cette forme si régulière à ces petites boulettes existe déjà. Du coup j’espère que vous pensiez à autre chose sans quoi il va falloir réfléchir à nouveau…

Retenez bien néanmoins une chose : il n’y a pas de bonne ou de mauvaise idée tant qu’il y a une opportunité à saisir ou un besoin à satisfaire.

Avant de vous lancer, essayez de répondre à ces deux questions essentielles, si la réponse est rassurante, vous pourrez continuer à réfléchir… mais si elle ne l’est pas, vous devrez tout reprendre depuis le début !

  1. Dans quelle mesure mes potentiels clients vont-ils accepter mon idée de produit ou service ?
  2. Quelle est sa réelle utilité par rapport à ce que le marché propose déjà ?

Vous êtes convaincus par le génie de votre idée?

Mazal Tov ! Maintenant il ne vous reste plus qu’à suivre pas à pas les étapes clés qui transformeront votre idée en projet…

1- L’étude de marché

Cette étape est absolument, invariablement, éternellement OBLIGATOIRE (on a compris, nan ?). Malheureusement beaucoup considèrent encore aujourd’hui que leur produit/service est tellement révolutionnaire que faire une étude préalable n’a aucun intérêt (qui a dit zarma ?!).

En agissant de la sorte, on fait un bond de 100 ans ….en arrière, à l’âge d’or du Fordisme (oui, les voitures…). A cette époque, la demande était supérieure à l’offre dans tous les secteurs de consommation, et le pouvoir d’achat n’avait de cesse d’augmenter.

Tout ce qui arrivait sur le marché était littéralement pris d’assaut, évitant ainsi le cassement de tête de la nécessaire différenciation par rapport à la concurrence.

Aujourd’hui, le marché et ses attentes sont totalement différents. Du coup, l’étude de marché est indispensable dans la mesure où elle seule permet de tester véritablement le concept.

L’étude de marché permet d’identifier le marché du produit/service en question et de comprendre son fonctionnement : clients potentiels, besoins spécifiques, positionnement du nouveau produit/service par rapport aux concurrents, possibilités d’accès au marché, etc…

Confronter votre produit ou service aux futurs clients vous permettra de cerner leurs attentes, d’adapter et/ou faire évoluer votre offre en conséquence.

Une veille informative concernant l’état du marché par rapport au produit devra se poursuivre tout au long du développement du projet.

2- Les prévisions financières

Leur objectif est simple : vérifier la viabilité de votre projet en projetant sur 1 an minimum toutes les informations financières recueillies.

Dans cette étape, tout se comptabilise.

Vous rêvez d’ouvrir une usine qui fabrique des fallafels carrés (miam) ? Vous allez devoir traduire votre projet en besoins en ressources humaines, en matériel et essayer de les évaluer de manière précise.

Acheter, stocker, fabriquer, prospecter, vendre, toutes ces fonctions représentent un coût que vous devrez chiffrer et présenter dans un tableau récapitulatif.

Et puisqu’il ne vous viendrait pas à l’esprit d’aller faire vos courses sans avoir d’argent sur vous, sachez que pour votre projet de création d’entreprise c’est pareil (et ici pas de coupon de réduction).

Chaque dépense devra avoir sa contrepartie financière. Autrement dit : il va falloir réfléchir à la façon de financer votre projet(autre que votre Mamie, dans ce cas là l’étude de marché est légèrement modifiée).

Vos prévisions financières doivent vous permettre de répondre aux 2 questions fondamentales suivantes :

  1. De quel montant de capital ai-je besoin pour financer mon projet ?
  2. Quel est, la première année et à 3 ans, le chiffre d’affaires minimum issu de la vente des fallafels carrés à réaliser pour faire face à toutes les charges de l’exercice?

Quel que soit votre projet, veillez à ne pas être trop optimiste dans votre estimation  des recettes ou des coûts. Une technique prudente consiste à minimiser les recettes et maximiser les coûts pour éviter les mauvaises surprises.

3- la recherche de financement

Lorsque vous arriverez à cette étape, plusieurs solutions se présenteront à vous selon le type d’activité ou la taille de votre future entreprise.

Vous pourrez évidemment utiliser votre apport personnel en mobilisant votre épargne (ne dilapidez pas tout de suite l’argent de la bar mitsva du petit dernier, ça peut servir…).

Mais vous pourrez également faire appel au financement participatif (levée de fonds), obtenir une subvention (même si elles sont rares), ouvrir votre capital à des investisseurs ou encore recourir à un prêt bancaire.

La solution la plus souvent retenue résulte généralement d’une savante combinaison de toutes celles précédemment énoncées.

Il est à noter que les fonds mobilisés au début du projet serviront à financer les fonds propres de votre structure, assurant ainsi sa solidité financière.

Dans la mesure où la qualité du financement de votre entité est une des conditions de sa pérennité, vous avez tout intérêt à prendre le temps d’identifier les différentes ressources financières dont vous pourrez disposer.

4- l’évaluation juridique

Cette étape regroupe deux points essentiels: la protection de votre invention (s’il y en a ! ) ainsi que le choix d’un statut juridique pour votre entité.

Si vous avez le sentiment que votre idée est à ce point novatrice que les droits qui entourent son utilisation doivent être protégés par un cadre légal, alors n’hésitez pas, courez déposer un brevet.

En Israël, pour breveter une invention, il faut qu’elle ait un critère de nouveauté, mais aussi qu’elle fasse preuve d’un « progrès industriel ». Un brevet déposé auprès de l’Office des Brevets d’Israël ( רשות הפטנטים) peut être protégé pendant 20 ans; passé cette période il tombe dans le domaine public(ça vous laisse le temps de voir venir).

Le choix du statut juridique le plus adapté à votre activité est crucial pour permettre le lancement et l’évolution de votre Start up. En effet, les exigences légales sont différentes selon  l’activité de l’entreprise.

S’y prendre assez tôt est une nécessité car ces éléments conditionnent en général l’attribution de la plupart des aides et autres allègements fiscaux.

En Israël, vous aurez le choix entre trois statuts: la société en nom propre, la société type SARL (Ba’’Am) ou l’association en nom propre.

La société en nom propre (ossek patour ou ossek mourshé) est une entreprise individuelle qui entraîne une responsabilité personnelle illimitée sur toute l’activité de la société. Le bénéfice est entièrement reversé à l’entrepreneur.

La société à responsabilité limitée, appelé Ba’’Am (בע »מ) peut comporter de 1 à 50 associés et peut être ouverte sans apporter de capital.

L’association en nom propre possède un statut identique à celui d’une société en nom propre. Elle permet l’association de plusieurs entrepreneurs sous un régime d’entreprise en nom propre.

Chaque associé sera imposé en fonction des parts qu’il détient dans l’association.

5- l’installation de votre start-up

Une fois toutes ces étapes passées et les formalités administratives accomplies, vous pourrez commencer à effectuer un certain nombre de démarches pour  démarrer votre activité:

  • trouver et aménager le local adapté à votre activité,
  • contacter des assureurs pour limiter les risques,
  • préparer vos documents commerciaux qui seront porteurs de l’image de votre Start up.
  • mettre en place votre comptabilité,…

Vous connaissez maintenant toutes les étapes pour monter votre Start up.

Même si la télé ne parle que de recettes, nous n’avons pas celle du miracle pour limiter vos insomnies, vos boulimies, vos crises de panique ni votre stress.

N’oubliez pas cependant qu’à tout moment vous pouvez vous faire aider, conseiller, guider par des professionnels qui sauront apporter un regard objectif sur votre projet et vous accompagner dans votre démarche.

בהצלחה (ca veut dire « réussite » mais je traduirais cela plus par « il est complètement fou » si je repense aux contextes où je l’ai entendu…)